‹ Les mères rivales, ou, La calomnieChapitre 18 sur 46 · LETTRE XXV · texte numérisé non relu

LETTRE XXV

JR^ponse du comte Jules à la comtesse de

Rosmond*

De Moulins, le la août.

Elle n'est pas ma sœurî... grand Dieu!

Léocadie n'^st pas ma sœur!... et vous^ mon adorable amie ^ ma chère bienfaitrice^ vous voulez unir ma destinée à celle de cet angel... Oui, je vous jure par tout ce qu'il y a de plus sacré , de suivre scrupuleusement toutes les lois que vous m'imposez; il ne m'en coûtera rien de garder le secret, puisque j'en puis parler avec vous ; je n'aurois pas non plus été tenté de lui écrire 3. 9

quand vous ne me Taunez-pas défendu; niais 9 je l'avoue, j'aurois voulu la^revoir; depuis que je sais qu'elle n'est pas ma sœur , je donnerois la moitié de ma vie pour pou-* voirlaeontemplerdix minutes. Cependant!

fioyez sure que je vous obéirai aussi parfaitement &ur ce point que sur tous les autres.

O ma divine confidente ! vous qui la première m'avez fait copaoitre toute ma sensi- ' bilité, il n'appartenait qult vous de disposer d'un cœur que tous avez animé ! • . . .

Votre lettre me tourne la tète; je suis trans-^ porté, je suis amoureux, je suis jaloux.. • Vous qui savez tout , dites-moi, êtes- vous bien sûre que je n'aie pas un rival prëfé<l*é?. . • Par pitié, daignez me rassurer promp* tement à cet égard • • .

J'ai là sous mes yeux votre portrait que vous me donnâtes il y a dix ans I juste ciel ! comme il ressemble à tout ce que jaime...* Il n'y a nulle confusion dans ma tête et dans mon cc)eur; aimer Vune , c'est aimer Vau^f ire.... Elle n'a pas votre éclat, elle n'a pas tant de vivacité , tant de feu dans le regard ; mais voilà la coupe de ses yeux , son front; voilà ce nez si délicat, si parfait; voilà sa charmante bouche^ voilà celle expression

RIVALES. g)

sublime de sensibilité. • • Cest elle^ et je l'adore , parce que c'est vous.

Au lieu de mettre cette lettre à la pos e,' je vous l'envioîe par Vatei que je fais partir daus l'instant 9 uniquement pour vous por« ter ma réponse. Adieu, mon ange tutélaice^ ah ! que je voudrois être à vos pieds ! . • .

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