‹ Les mères rivales, ou, La calomnieChapitre 28 sur 46 · LETTRE XXXIX · texte numérisé non relu

LETTRE XXXIX

De la comtesse d^Olbreuse à la marquise^

De St.-Haadë , le 33 norembre..

Ou^ , ma chère amie^ LéocadJe a un ^o^ régime ,• elie ne déjeuncî prjint tous les jours a^ecducaféà la crém^j elte ne prep<l paiat du thé tous les soirs: elle vit exaclemeat comme si elle éloit sous vos j^ux ; et quand je voudrois la pers^ertir à cet égard , je n'y réussirois pas. Rien ne 1 empêchera jamais de suivre vos conseils ; vous obéir esl non*seulement pour elle un devoir ^œak c'esl encore un boube.ur.

RIVALES. t4r

Elie se pronièoe lous les nialins une heure el demie ddiis le bots de Vinceuues. UufS porlt* de mon jardin donne dans ce bois* Nous allons à la inesse lous les dimanches e\ loutes les (vies au château de Vîncennes , à pied quand il fail beau , ou sinon en voilure. I^'ous faisons deux ou Irois fois la semaine des courses à Pans pour y \oir des moDumens; nous avons déjà vu plusieurs églises , le Louvre , l^s Invalides y les palais des princes, le cabinet e( la bibliothèque du roi, Tobservaloire, et quelques cabinets par* \lcuUers, et trois manufactures.

I^oradie fait un journal détaillé qui vous est dédié ; elle oe pense qu^à vous, ne parlas que de vous , et je vous assuce que vous la guidez ei que v^us Yinspirez tout comme si eUebabitoit lechàteaud'KmevilIe. Ellç dessine, elle lit, elle fait de la musique, et cultive avec la plus grande application lous ses cbarmans talens.

Je l'ai menée avant-hier chez M'^^la duchesse*** qui Ta revue avec un plaisir iuex^ primable. La princesse éloit seiile et nous areçues dans sa chambre , nous n*y sommes restées qu'une heure ; ce temps nous a paru bien court , parce qu'on n'a parlé que de vous ei d'ËrneviUe. M""*' la duchesse ***

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veut aKsolumenl donner un pelîl bal à Léo* cadie; il n'y aura que vingt-qualredanseuses et autant de danseurs ; cela commeacera à cinq heures et finira à dia: précises.

Mais Léocadie ne veut absolument pas s^engdgerayant de savoir si' vous approuvez qu'elle accepte. Elle vous écrit ià-dessos seulement pour vous demander vos ordres, et moi je sollicite vivement une permissioo, et je me flatte que vous n aurez pas iacruauté de la refuser.

Je ne mènerai Léocadie , comme nous en sommes convenues, que siac fois aux spectacles , une seule à Vopéra et cinq à h comédie française. Elle verra jouer, Cï/ma, j^ndromaque , Athalie , le Misanthrope et la Métromanie. Enfin , tout ce que vous avez prescrit , est et sera suivi avec la ponctualité la plus scrupuleuse.

Je ne vous dis pas que tout ce qui voit ou aperçoit Léocadie, est charmé d'elle, n'en étes-vous pas bien sûre ? Votre cœur vous prédit lou^ ses succès , mais il ne sautoit vous tes exagérer : c'est une ravissante jcréalure !

Nous sommes enfin débarrassés du jeune Celtas. Après avoir dérangé sa forluneponr dix ans au jeu et avec des courtisanes , il a

fait des Ictlres de change, il n'a poînt payé k Vëcbéance , et il a été arrêté et mis au FortrÉvêque. Mon beau-frère l'en a retiré , et s'est hâté de le faire repartir pour sa pro*- NÎuce 9 où ce malheureux jeune homme retaorne avec des dettes énormes , des mœurs loat*à-fait corrompues , une santé délabrée et une réputation perdue. Tel est le frliit qu'il a retiré de ses lectures !. . .

Parlez-moi de vous^ ma charmante amie,' et de tout ce qui se passe à Erneville. Quelques détails , je vous 'prie, sut les jeunes amours de Maurice et de Zéphirine. Ces amansingénus m'offroient un tableau tout nouveau pour moi. Leur gatté , leur franchise et leur légèreté représentent l'amour tel qu'il est^c'est-à-dire, un sentiment superficiel qui amuse'plus qu'il n'odcupe. Ce n'est pas ici ce que nous voulons croire ; un tel aeuiimentneseroitrexcused'auc.unegrande folie^ et nous avons besoin ^^ejfcu^e^; ainsi nousavons faitde Tamour une passion, non« seulement sérieuse , mais terrible et absolu^ meniinvincibles et comme elle est rarement . légitime parmi nous y elle est toujours ac-« compagnée du mystère y et tout ce qui la décèle , alors même que par hasard elle est innocente^ paroit à nos y eux une indécence^ 5. • i3

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oudu moiDS une chose de mauvais gùât.Ç? est pourquoi je rioi&t;fcDt lorsquç Zépbiiîae^ ea entraot dans le -si^loo 9 disoil toujours : Où est donc Maurice? cpiaj^idelle ne le voyoit pas, ou Tappeloitd^s qu elJLe FapercevoU. Ici c^est tout le coatr.^^e.Ç'p^ une réserva excessivequi trahit l^s.aiQEUQ&. Aussitôt qu'Us 60|fit d'accord ,; ils ne se regardent plus; ils 06 rencontrent sans se rapprocher , et dans une assemblée, rhomme amoureux >est toujours celui que la femme dont il est aimé, .iroit le premier et salue le dernier.

Adieu , ma chèvre amie ; dans un mois

j'irai vous rendre le <reJor que vo^is m'avez

confié, et je pense s^vec délices que j'auraî

le bonheur de passer encore celte anuée

quelques jours avec vous.

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