‹ Les mères rivales, ou, La calomnieChapitre 35 sur 46 · LETTRE LIV · texte numérisé non relu

LETTRE LIV

Répons de Léocadiem

Le a4 ™ftî 9 à 6 heures da matin.

Non , maman , non , disposez de moi, je suis à vous, je jure de vous obéir , j'accepte vos bienfaits. Pardonnez... revenez ,

jie suis soumise Je viens de le déclarer

publiquement. O ! pardonnez ! et reve«nez..*, ma mère , revenez , ou jemeursl...

De M. dit

Le a4 ™<^î > ^ 4 heures après-midi .

Ellk est revenue I tout est racoaimo-' dé , ioui est d]accord. Mais écoulez le ré-* cîld'un nouvel incident plus étrange, que tout le reste. • , •

Pauline , en partant , avoit écrit a Léo-

* cadie , et cette dernière ^ enfin vaincue, n'a

' plus balancé»*. . Elle avu qi»11 s'agissoit de

Texistence et de la vie de sa bienfaitrice y et

elle s'est soumise sans restriction r Elle en*

voie un courier , chargé d'une lettre, sur

la route de Dijon ; on rejoint la marquise ,

qui revient aussitôt. . * . Liéocadie , après

avoir écrit au marquis et à Maurice,. pour

impJorer son pardon y ef pour protester

qu'elle ne reconnolt., dans cette occasion y

que Fautorité de Pauline , Léocadie vient

me chercher , et nous allons ensemble, sui^

le grand chemin , ati-devant delà nrarquise.

INous ne marchions pas , nouis avions des

ailes l • • • Au boiU d'une heure nous aper^

i86 LES MEBES

cevoDS la voiture qui venoit à toute bride! Ahî sùrehienl elle n'ai loît pas si vile en s'éloignant d'Ernevil^ç ^ le courrier i'a * rejointe si toi!.".. Léocadîé, en voyant la voiture^ fait un cri ^ précipite ses pas , et devient si tremblante que j'étois obligé de la soutenir ^ et presque de la porler. .. . Enfin la voiture n'est plus qu'à deux cents pas de nous ^ je cfie : arrêté! Léocadie se jette à genoux. La marquise oQvre elle<»lnéme la portière , s'ëlanoe iîors de la voiture , et Léocadie est dans ses brasl«.% Toutes deux fondoient eu'pleïirts : Tu m^es donc rendue! répetoii I^atilinei Oui , marnai) ysé^ crioit i .éocadie ^ fe suis votr-e OllVl^age^ jç suis xôtrebien , je n^appardiens qo'ii voiisl.. Nous montons en* voiture y nous arrivons au château; ifdus demaudousr Albert , et Ton dît à Pauline qu'il l'attend dans sool cabinet'. Elle y Va seule. Uu' quart d'heure après on n»e fait appeler ; je m'y rendsv Je trouve le marquis morne et rêveur^ mais horriblement changé ; on voit qu'il a pro« digieusémentsouffeiief beaucoup pleuré. •• Pour Pauline elle paroissôit .agitée , mais satisfaite. Ëh bien, me dit «* elle ^ je sais maintenant de Tavis d'Albert ; cette prétendue mère. inconnue n'est qu'un mous**

tre 5 qu'an ennemi mortel qui se €29^^ pour me calomnier et pour me perdre. Je suisxonvaincue que toutes les scènes dont Léocadie et moi ayons été les dupes , ne sont que des impostures. Albert a reçu ce matin un billet de celte même écriture et avec le même cacbet que nous connoissous si bien. Lises«*leL . • Je prends ce billet ; jugeât de mon horreur et de ma surprise en lisant ce qui suit :

K Gardes - vous de former cette cxé- « crable alliance! Léocadie est la sœur « de Maurfce d'Erneville !•.

Assurément , dis-f e au marquis y on n'imaginera pas que Pauline soit complice de ce nouveau stratagème. Ceci prouve en effet une infâme imposture , et en même temps, que Pauliue en étoit la victime, sans en avoir jamais été la confidente.

Enfin , reprit Albert en regardant fixe* ment Pauline , vous persistez a désirer lè mariage de Maurice et de Léocadie! Oui , répondit Pauline avec force ; oui , et je vous demande même d'en avancer le jour.. • A ces mots, Albert s'émut et s'attendrit} il s est levé, il a fait en silence quelques tours dans le cabinet. Il est bien malheureux ; quand il croit Pauliue coupable ^ il

est rnaintenani dominé par la foreur; quand il la croit innocenley il se trouve inexcusable , il tombe dans un affreux découragement qui resserre et fléirît soa cœur. On a décidé que la noce se fera le 12 juin. D'ici là on ne parlera point à Léocadie de Tabominable billet qu'Albert a reçu. Pauline pense y avec raison , que les préventions de Léocadie sont trop fortes pour qu'il fût. possible de les détruire dans ce moment. Ainsi on ne com- .mencera à l'éclairer à ceV égard que lors-* qu'elle sera mariée.

Je me hâte de faire partir cette lettre ^ /qui vous remettra du baume dans le sang*.

Espérons que le temps dévoilera toute cette trame ténébreuse de perfidies et de noir« ceors, et que le ciel y après avoir justifié l'ionocence , découvrira les vrais cou* pables*

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