‹ Les mères rivales, ou, La calomnieChapitre 37 sur 46 · LETTRE I.IX · texte numérisé non relu

LETTRE I.IX

Dç laTfiarquise à la baronne»

Le 8 juia.

Je viens de recevoir, par un courrier, une lettre qui me cause beaucoup d'émotion.

C'estderévêqued'Autun;il veut bénir luimême le mariage de Lçocadle , ce qui me flatte et m'honore. Il sera icîîe 12 ( le jour désigné) , à huit heures du matin ; la cérémonie se fera à midi. Mais Tévêque ajoute qu'il a quelque chose de très- important pourLéocadie à nouscommuniquer;qu'une déclaration publique doit se faire , et qu'il mesupplied*invilerM.etM™«d'Orgeval,et quelques autres personnes. Que signifie cela? Je ne crains rien, mais \e suis bien agitée... Nous sommes toujours dans lajpiéme tristesse; Léocadie^ ma chère Léocadie est

RIVALES. igS

d^ûaabaUementquirpe tue!... dans quatre jours son sort sera fixé , et pour jamais !... Ah ! chère amie , tout ce qui se passe dans mon cœur est inexprimable I... Albert est sonibre , accablé, inquiet* . • Soyez-en sure, il doute encore; ô puisse-t-il se pardonner comme }e lui pardonne ! • • •

Le vicomte de St. Méran est arrivé hier.

Il est triste aussi; et il est d^une distraction, inconcevable... M. du Resnel est rêveur..* Je marie m^s ebCans , Léocadie va devenir ma belle-fille, et je ne suis pas la plus beu^ reuse des mères!... J'ai toujours et sans interruption un battement de cœnr pénible^ Je moindre bruit que j'en tends me fait tressaillir, je suis dans l'attente de quelque évé* nement extraordinaire, et je ne puis prévoir s'il sera heureux ou funeste. . . Je ne croisplus à cette mère inconnue; cependant se peut-il que M. et M"' d'Olbreuse soient complices d'une telle imposture? car je sais, à n'en pouvoir douter , que si cette mère n'existe pas, ils ont trempé dans le complot qui nousabusoit ! Le billet atroce envoyé à Albert est certainement de l'écriture des au*- Ires lettres, et le cachet avoit la devise :

Poivre pour expier ! ... Tout cela est inoui^ inexplicable.

igS LES MERES

La religion seule me soutient^ je ne puis me calmer qu'en priant Dieu. Après tant d'épreuves et de peines^ tant de chagrins se* crets et si déchirans, j'ose me flatter que la tranquillité me sera rendue!... Et dans d'au-* ires momens^ quand je considère/la consternation de tout ce qui m'entoure, il me semble que tout m'annonce une affreuse catas« trophe« Jesuis épouvantée de la haine envenimée qui me poursuit depuis seize ans. . .

mais je suis soumise ; et si je* n'ai pas le courage de surmonter la crainte , j'ai du moins, depuis long-temps , celui de me résigner au malheur.

O combien je souffre d'être privée de vous , et de vous savoir inquiète et malheu* reuse I • . • . On m'assure que le baron est moins mal.Tiphaine a dit qu'il n'étoit pas sans espérance. M. du Resnel ira demain vous voir y et me rapportera de vos nouvelles. J'irai moi-même, après demain, passer deux heures avec vous, et soye?^ sûre , mon amie, que vous aurez toujours tous les matins un courrier d'Ërneville.

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