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aS4 LES AlERISSi
el de 4âifafiea9e \^i. Vwf^iûuée a xpieje laplaîbs yqite îkl*aiknire et qite )l9i>flinie /.-. • Otti'^ elle TÎ^u^de ma^aîclier à^lfo pour .
la vîel ' i •••..• :! » • *. î..
J*étois ce matin chez elle atept beares; aussitôt que j'ieôtrai.^ Aguès , «en afroic') $e léya y soctit'6t:Doa$ laissa seules* Je remarquai que la ciPiiKiteaseî cloit extrêmement émue; cè:iTO|ible*me'totKba , et Tattendrissement m'-otalaùte espèce dembàr^ ras. Je pris sa ^main que je serrai dansia mienne ;\ elle me regardait, et sans doute Texpressioa de mon visagefJaipeigait ce qase j^eprott/vois.'.'.i Elle jeik;8es-de«]fi bns autour de hion cou^ et/poditeu Jarmes i en m'embéassaot. Pius toucfaM encore que surprise de ce mouvement , mes pleurs coulèrent aussitôt , ël je la pressai forte* ment contre mon sein. AKJ jVIadjimey s'é' cria- 1- elle i est-ce à vous de me plaindre!... et ses sanglots redQublèf*ent. J*étois
pénétrée jusqu'au fond dé ràthe Soa
beau, visage semble fait Surtout pour exprimer tout ce que la douleur a d'éoergi- JS9^ 9 de pàthétrqite. et dé.<suUia2e^ c'est comtes'lc^^ pleurafit, qu'elle* est belle et ^^^MhftCiiàf^P^''^ ^ Lé((îcadie<«*i'Que n'aa« ^'^^.AW^^^^^foi^ pourra con&oler U.\ Oicom-
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ipe je Tai mois dans cet instant ! Enfin elle essaya ses larmes-, el tenant toujours ma roain dans les siennes : Avant de vous* quitter ; me dit - elle , je dois vous montrer mes regrets et mon repentir , et vous confier mes projets !... Je puis , aux yeux (lu monde > expier ma foiblesse ; mais' comntent réparer lès peines affreuses que je vous ai causées ! Je vous ai justifiée , il eit vrai j cependant un remords affreux ' me déchire encore; en vous rendant la réputation , vous ai- je rendu le bonheur que je vous avoîs ravi ? l'avez-vous recouvré?,.. A ces mots je l'embrassai encore avec r^ffection la plus sincère , et je répondis avec tout le détail et toute la confiance qui ponvoient dissiper ses touchantes inquiétudes. A mesure que je parlois, je voyoîs sur son visage rimpression de la douleur s'affoiblir et s'effacer ; îl n'y restoit plus que celle de la plus profonde sen* sibililé y ses larmes couloient toujours ^ mais doucement et sans amertume !. •• Grâce au ciel , me dit-elle , vous venez de me rendre et de m'assurer le repos et la tranquillîié !... Maintenant jV n'ai plus qu'a vous confier un secret que je ne déclarerai à ma fille et à mou neveu que dans quel-
ques rooîs*... Vous saveis^ potirsuivll-elle, que }e reste à DijoûT, mais v.ous ignorez que c'est pour la yiei.... Je m y enferme dans le couvent dès Ursulines , ei* après-* demain je prends le voile de religieuse !...
Jugez, ma mère^ de ma surprise et de mon extrême attendrissement. Je voulus essayer de combattre une si cruelle résolution; mais la comtesse .me répondit avec une telle fermeté , que je perdis aussitôt tout espoir de la faire changer de dessein... Quel sacrifice , grand Dieu ! si belle y si jeune encore! quelle longueexpiation pour l'errenr d'un moment I....
Elle m'assura que je l'appi^oiuverai quand
j'aurai lu son histoire. Elle m'a donné cel intéressant manuscrit, copié par Agnès ^ et dont elle a gardé l'original écrit de sa uiain y et qu'elle enverra cet automne à Léocadie !... La comtesse, pou voit choisir un couvent dans les environs delà M^^, à Dieppe , à St. Valeri ou à Rouen ; maïs elle a préféré Dijon uniquement à cause de nioi, afin que Léocadie eut un intérêt de plus qui l'attirât en Bourgogne , et qu elle ne put chercher sa mjète sans se rapprocher de moi !..• J'ai taché du moins 'le la décider à se fixer dans voirç couvent >
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M.aîs une raison de délicatesse et de bienséance l'en empêche.
Albert va trop souyent dans ce monaslere.... et quoique vous soyez logée dans l'extérieur , et qu'aucune religieuse ne puisse rencontrer ou même aperce«oir le$ , personnes qui vont chez vous , la comtesse pense qu elle a du choisir un autre couvent que celui dans lequel Albert passe sa vie lorsqu'il est a Dijon.... Elle sera donc aux Ursulines ; la régie en est trèsdouce , les religieuses s'y consacrent à l'éducation de la jeunesse ; les, talens et Tinslruction de M™« deRosmond seront encore utiles dans ce cloître. Elle y jouera de lorgne , sa voix louchante ne cliantera plus que les louanges de TEternel; elle ne peindra plus que des tableaux de piété , tous ses lalens , ainsi que sa. personne , seront consacrés à la vertu. Tout autre usage les profane sans doute ;.les sanctifier ^ c est l,es anoblir, Ses charmes seuls seront sacrifiés, un voile éternel va les cacher, mais quelques années de plus doivent les flétrir. Comme un astre éclatant^ elle ne, se sera montrée que pour briller , et elle s'éclipsera tout a coup sans avoir paru s'obscurcir.
Une chose bien touchante , c'est qu'A-
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gnès , soa amie , qui , pour ne la point quitter , a refusé le plus grand établissement, veut aujourd'hui partager son sort| elle se fait religieuse avec elle !...
En entrant au château je me suis renferntéè pour lire le précieux manuscrit qu'elle ni'a donné. O quelle impression m'a fait cette lecture!... combien de pleurs j'ai versés !... ô qu'elle mérîloit d'êlreaimée!... Je dois être moins jalouse de la passion qveWe inspira, que des senlimens qu'elle montre!... Cependant, Albert verra ce manuscrit, je veux ne lui rien' cacher. .. . il y trouvera son excuse ; qui pouvoit résister au charme d'être adoré d'une telle personne? Je conçois votre curiosité, et je vous envoie, ma chère rhâman , cette histoire singulière et touchante. Gardé«-là ; quand nous serons à Dijon , vou> la relirez tête à tête avec Albert,
Que de larmes ce grand sacrifice fera répandre à Léocadie ! je m'afflige d'avance de sa douleur....
Adieu, ma Tendre mère; cette lecture me laisse autant de tristesse que d'atten-> drissement et d'admiration ; quelle incrpression fera-t-elle donc sur Albert et sur "^aéocadie!...
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ISTOÎRE
De la comtesse dé Rosmond^ écrite par elle- * même-, H' envoyée par la marquise d'ErneinUe à la comtesse sa m,ère.
Les meilleurs instituteurs ne peuvent donner que des talensel de Férudition à ceux qui , par leur peu de sensibilité et par la légèreté de leur caractère^ sont faits pour rester à jamais dans la cfasse nombreuse des personnes médiocres. La plus parfaite éducation ne sauroit donner au-* cune des qualités éminentes de Tâme , Té* lévation, la force, la constance, la sensibilité; elle n'enrichît véritablement que ceux qui sont nés riches^ parce que ne pouvant créer les vertus , elle peut néanmoins les affermir par les principes , les diriger par les lumières et les exalter par la culture. Elle peut encore corriger les défauts , et surtout pÎTéserver de ces grandes fautes qui ne sont communément que les suites inévitables 4e l'ignorance.
On peut orner , étendre y augmenter Tesprît , mais 1 ame tic se petfeclioniie point; et si depuis la première jeunesse, ou a montré, à diverses époques, ape âme plus ou moins grande et sensible , ce n'est point qu'elle ait changé y c'est seulement que dans ces difTérens temps on a suivi ou négligé y ou n^éme ignoré les principes qui doivent servir de base à toute notre conduite. La profonde sensibilité peut faire cooimettre un crime , comme elle petit inspirer une action héroïque. Les plus grandes qualités de Tàme peuvent , mal dirigées , conduire aux excès les plus dé^ plorables. Ainsi donc , une ;bonne éducation est infiniment moins utile, moins nécessaire aux personnes communes qu'à celles qui ont reçu de la nature une àme supérieure, et par conséquent une grande énergie et une extrême sensibilité. Tous les hommes ont assurément ^besoin de principes, mais les êtres indolens et frcnds sont ceux qui peuvent en manquer avec le moins d'inconvénient. D'ailleurs , si les gens foibles les reçoivent avec facilité, ils Us perdent de même. U faut de la force pour les suivre , les gens d'un grand carac- ^l '^ les conservent toujours ; enfin c'est
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surtout le coursier le plus actif et le plus impétueuse qu'il faut dresser^ et auquel il faMt donner un frein.
Avec une belle âme, on finit, sans doute , malgré le manque d'éducation , par se corriger, se purifier et s'éclairer soi-même; iDâis on n'acquiert les lumières et la sagesse que par la triste expérience de ses fautes^ et l'on ne possède la vertu qu'après avoir perdu rinnoceuce. Eh ! quel cœur, né pour elle, peut, en s'y rattachant, se consoler de l'avoir oubliée ou méconnue !... ne fûtce , hélas ! qu'un instant ! • . •
J'eus le malheur de perdre mes parens presque au berceau, jef us confiée aux soins de la duchesse douairière de Rosmond, ma grand'mère. Née dans nos provinces méridionales, elle voulut finir sa vie dans ua pays dont l'air et le doux climat convenoient à sa santé. Son grand âge ne lui permettant plus d'aller à la cour et dans le monde, elle se fixa dans une de ses terres en Languedoc , à quelques lieues de Toulouse. C'est la que fut élevée mon enfance.
La duchesse me donna, pour institutrice^
une jeune personne excellente musicienne,
qui jouoit fort bien- de plusieurs instru-
ipens et qui dessinoit très-agréablement ^