LETTRE LXX
De la comtesse de Rosmond au marquis
d^Emeville.
De coureflUdes UrsulioM, à Dijon, le t6 jutUefe^
Eh quoi I serez*- vous dans tpus les temps rennemi démon repos et de ma gloire ?... Si je n'avois pas lu votre lettre avec l'induis geace que l'on doit aux premiers mouve*:
mens inspirés par un cœur sensible et par une tête ardente^ je ne vous répondrois pas^ car j'aurois cessé de vous estimer I.... et^ je vous le diTai sans détour ^ ce seroit un af-^ freux malheur pour moi ! J'ai besoin de vos vertus, elles ne peuvent me justifier , mais elles anobliront ma faute! • . • Que parlezvous ée remords , quand je suis paisible y quand j'ai tout expié!... je vous affranchie du repentir.... Si j'ai réparé mon. déshoor neur, vos remords ne sont plus qu'une fo* lie, qu'une injustice , ils me rabaissient^ ils
me flétrissent Si vous m'admirez , r
uie plaignez plus. • • * connoissez vos v<
tables devoirs envers moi , et sachez les remplir. Honorez par vos acUonsei par votre caractère le choix imprudent et mal* heureux de ma {eunesse^ et soyez un teo'* dre père. • • • Si j'eusse été la seule mère de Léocadie, }e n^aurois^ voulu vivre que pour elle ; mais dans la situation où je sm, je dispose de moi sans l'abandonner , je lui laisse une mère^ et je la verrai plus souvent que si je reslois cachée dansjune chaumière à cent lieues d'Ernevillel » • . .
11 est vrai que des motifs humains en-* trent pour beaucoup dans lé parti qae je prends, mais la religion contribue aussi à me déterminer; et n*en doutez pas^ elle achèvera d'épurer et de perfectionner (W vrage du repentir et de la raison. Penser* VQuç que cette imagination si vive qm & ma destinée 9 ne puisse que me perdre?
ah ! je la ferai servir désormais à mon boabeurl Loin de m'égarer en s'exaltant, elle me guidera vers la sagesse suprême! • • • • Heureux enthousiasme, qui s'accrc^t à Tap^ proche de la vieillesse et de la mort , et qui se fortifie par la perte de toutes les il* lusions ! . • • . voilà le sentiment dont inoB âme a besoin, et le seul qui puisse la rem^ ^ plir. Adieu ; perdez des inquiétudes qc
m'outragent , ne troublez point mon trlompbe par une compassion injurieuse; quand je me dévoue toute entière à la vertu , dai« gnez croire que je me rends à moi-même, que je suis ma véritable vocation , et soyes tranquille sur mon sort.
Que la plus pure et la plus parfaite de toutes les femmes , que Pauline soit heu* reuse par vous et par Léocadie y voilà le der* nier vœu de mon cœur ! . . » •