LETTRE XI
Du vicomte de Si* Méran à M» du ReaneL
De la M**, le ao août.
Jb vcrus l'ai déjà dit il y a longtemps , mon ami y je ne désapprouve point Tiatènlion où vous êtes d'assurer tout votre bien à la jeune et charmante Léocadie. Je vous assure que , si j'avois votre fortune, je dé'* sireroisen pouvoir faire le même usage ! ...
5ï: LES MERE$
Vous me mandiez, il y a six oq sept ans, que vous vouliez différer aalaatqû'iUeroit possible de rendre ce dessein public, par.ce que, dafi rédat de Ija jeuûesse de FfiM^liae^, on pourrait douler de la pureté de vos mo^ i4fs.... Songea) mou àrni y que Pauliae„ quoiqu'elle ail trenle-deux ou ire^ te- trois ans, n'a i?lea perdu de ses diarraesj et q^ua Léocadie n'a que quatorze ans el dem^i.
Rien ne vous presse ; tout , au contraire , doit TOUS engager à drflërer. & Léocadie avoit rassurance d'une teUe fortune , les partisse présentëroteut en foule, et vraisemblablementelleseroitmarfeée soo&deux ans. N'est-il pas plus désirable ip^'^U^ pute* se rester jnsqu*àdix-neuf ou vingt ans sous l'autorité de Pauline? Laissez achever et perfectionner <rette éducation si bien commencée. Du moins attendez encore deux ou trois ans : voilàmon avis. Je voua avoue que^ par intérêt pour la chose, je serois véritablement fâché de ne pas vous persuader à cet égard. Mauto-oit)! v^^re^é* cision lànde^sus.
Vous avee r»ii90n , mon stml ; quoique j'aie assurément renoncé à toute esipéran^^ ce , il m'est toujours imposti^l^dem'arra^ cher deslîettx kabitésipar &f "^^ de Rosm^Hid;
àïVALES. 35
je resterai ici jnS'qu'au mois de novemî^re, maïs î'îraî sûrement en Botxrgogne ec printemps. Tarit de seritimens m'y rnfipellent!
AcFîeti; présente^ me^ hôt^iniages au clïàleati' d'Ernevîne , et à Fiîrtwiblc eê pnr^ fmteamiâ.
tEtTRE XH.
Ifé'ké mafquiêe à fka tnère%
Pli eUîtfau d^ËrneTîne , le la novembre.
TSovs voilà reveiTiss d* Aotun , ciière maiMïiy oif y gràee^ ao lf»èrtdef|x ëvèque chesi \eqcit\ noQ^ togîdri^ y f iii passé qutnse {ôaca très^àgfëâ^éé. AK ! qu'y) est doiix d'fld-> tnifé^ de pf èè une ;tetitï si ptire eit si par^ faite ^ Siitiout lorsqu'on a ^oti&orvé sou ia» fl(JGeiîcê,'et qn^ tiul i^etcKir- airauïr sot ^î^ ihétnô ne t^c^ronypt la âooceur d-un spec^ tacle si ravîssânl ! Je inb ikê 5 en C0n(«m«4 plant ntHrë évêqùe^ de ^tt&)û m^ s«rk dit si souvent prèb de voud ^ qu<e }e sms bîeti Ibiri encore d'une lelte perfetlidti , mais qtie f y pturs attei^pûlr e y ei cettief idée me fait jouit deéi' vertu* rtîéme que je to'aî pas* H stiii ^ns tatrhie irarx yeèrji^ de l^éti > V^^lÀ lé
motif d'une josieespëraqce; nous oetppavons rien sans son secours; la perfeclioa morale esi un de ses bienfaits > el le plus précieux sans doute; s*il daigne (}uelque-« fois l'accorder an repentir, pourroit-irie.
refuser à l'innocence qui l'impLofe avec humilité ?
Je fais faire par Sauvai une suite de pe> tits tableaux peints à la gouache, représentant toutes les actions vertueuses faites de nos jours dont j'ai été lémoia^ou dont j'ai les preuves positives. Vous, ma mère, Albert , M"""* de Vordac , M. du Resnel , révéqued'Autun'ét UiOlre bon ci^r^, nï'avez fourni jusquUc^ tous les sujets qui. se«ront . toujours pour rijioi le$ plus iatéres-' sans et les plus utiles. Quelle dou<:eur de trouver les exemples qu^on révère ei des modèles sublimes dans les objets de son attachement !... J'intitule cett^ ravissante collection. Les ^om^enirs consolans; je la place dans mon petit salon, et. derrière chaque taUedu est écrit de ma main l!bis*toire du trait représenté par le peii\tre.
Av€^c quel plaisir je m'enferme dans ce cabinet où je suis entourée d'imagées slchai^ mantes! f^ Tadmiration se confond déli' deusement diias mon. cœur avec le senti-^
ment i Ali ! )'oabKe là saii6 efiforl les méchaos et la calornaie ! . . . Comment mon ca« ractère pour roi Uil s'aigrir par Tinjuslice et le malheur, quand je puis arrêter 010a imagination sur des peosëes si douces l
J'ai rencontré plusieurs lois , a Autun , le chevalier de Celtas ; j'ai été très-polie pour lui : malgré toute soa intrépidité , il a paru foirt embarrassé en me voyant si calme , si simple- Il est extrêmement oc-cupé dans ce mo|xienC de son jeune cousin, le roaTqttis de Cisltas'^ frère de la personne quia épousé le marquis d'Elvas, beaufrère de M"" d*01breuse. Ce jeune homme a de la fortune et une jolie ^figure; on dit qu'il a de TespritV niais ses manières an- '. nôncent une qoùfiaac^ et une fatuité qui me déplaisent extiiêmernent. N>^ajant jamais vécu qu'en, province:, il croit avoir tous 1^; meilleurs, airs des giens a la mode de la cour, instruction qu'il pense, avoir puisée dans dés romans et de prétendus contes moraux , qui n' offrent du grand monde qu'une peinture aussi fausseque révoltante, parce que leurs auteurs ont voulu peindre ce qu'ils ne connoissoient pas , et qu'il n'a résulté de cette prétention que des portraits àé petits maîtres ou de coquettes