‹ Les mères rivalesChapitre 2 sur 45 · LETTRE CCIV · texte numérisé non relu

LETTRE CCIV

Réponse du comte Jules à la comtesse de Rosmond.

De Moulins, le 1 2 août.

Elle n'est pas ma sœur ! . . . . Grand Dieu! Le'ocadie n'est pas ma sœur!....

Et vous, mon adorable amie, ma chère bienfaitrice, vous voulez unir ma destinée à celle de cet aiif^e!. . . . Oui^ je vous jure par tout ce qu'il y a de plus sacré de suivre scrupuleusement toutes les lois que vous m'imposoz: il ne m'en coûtera rien de ^^arder le secret, puisque j'en puis parler avec vous- je n'aurois pas non plus été tenté de lui écrire quand vous ne me l'aurie?. pas défendu^ mais, je l'avoue, j'aurois voulu la revoir; depuis que je sais qu'elle n'est pas ma

sœur, je donnerois la moitié de ma vie pour pouvoir Ja contempler dix minutes.

Cependant, soyez sûre que je vous obe'irai aussi parfaitement sur ce point que sur tous les autres.

O ma divine confidente! vous qui la première m'avez fait connoître toute ma sensibilité, il n'appartenoit qu'à vous de disposer d'un cœur que vous avez animé ! . . , . Votre lettre me tourne la tête; je suis transporté, je suis amoureux, je suis jaloux Vous qui savez

tout, dites-moi, étes-vous bien sûre que je n'aie pas un rival préféré?. . . . Par pitié, daignez me rassurer promptement à cet égard. . . .

J'ai là sous mes yeux votre portrait que vous me donnâtes il y a dix ans!

juste ciel! comme il ressemble à tout ce que j'aime. ... Il n'y a nulle confusion dans ma tête et dans mon cœur; aimer l'une , c'est aimer Vautre...^ Elle n'a pas votre éclat , elle n'a pas tant -de vivacité, tant de feu dans le regard; mais voilà la coupe de ses yeux, son

front ; voilà ce nez si délicat , si parfait; voilà sa charmante bouche, voilà cette expression sublime de sensibilité... C'est elle , et je l'adore parce que c'est vous.

Au lieu de mettre cette lettre à la poste, je vous l'envoie par Vatel que je fais partir dans l'instant , uniquement pour vous porter ma réponse. Adieu , mon ange tutélaire; ah! que je voudrois être à vos pieds ! . . . .

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