‹ Les mères rivalesChapitre 5 sur 45 · LETTRE CCXII · texte numérisé non relu

LETTRE CCXII

De la marquise a la baronne.

Le i5 oclobie.

Monsieur et madame d'Olbreuse sont arrivés ici bier au soir, et resteront quinze jours avec nous. Ils ont passé par Moulins, et y ont vu le comte Jules , dont ils

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ont fait avec enthousiasme une éloge trèsmérité. Cet inte'ressant jeune homme partoit le lendemain pour Paris. Sa conduite à Moulins a été aussi parfaite que les années précédentes. A cet âge , avec tant de grâces^ une si jolie figure^ une telle vivacité , une gaîté si charmante^ joindre des mœurs si pures , une sensibilité si vraie et un goût si passionné pour l'étude! Quel gré je lui sais de sa conduite avec nous ! et de cette amitié fraternelle si touchante et si délicate ! Léocadie en est pénétrée. Elle m'a demandé le -portrait des grottes d' Arcj et le pied du loup^ Ces deux choses seront précieusement conservées.

Quelle différence du fds au père!

Ce dernier, pour mon malheur éternel, s'introduisit ici, malgré moi, sous le prétexte d'une feinte blessure , et le fils, réellement et cruellement blessé pour nous avoir rendu le plus grand service, n'a pas voulu venir dans ce château quand je l'y invitois , uniquement parce qu'il sentoit que je ne

RIVALES. OJ

pouiTois l'y recevoir sans quelque embarras.

Cette aventure a donne' beaucoup d'humeur à Albert, et même à Maurice, qui ne se console pas qu'un étranger ait tué notre loup , comme il dit.

Cette action lui paroît une usurpation.

Il y a eu à ce sujet une espèce de querelle entre lui et Léocadie. Maurice extravaguoit , et Albert lui a donné toute raison, et avec une sécheresse extrême pour Léocadie, ce qui a mis fin à la dispute, car le bon cœur de Maurice n'a pu supporter de voir Léocadie interdite et affligée; surle-champ il s'est donné tort, et alors Albert l'a boudé ! . . . .

Il est décidé que nous dînerons tous jeudi à Gilly, et nous vous y donnons rendez-vous. Madame d'Olbreuse a bien envie de vous revoir, elle est extrêmement aimable.

Adieu, mon amie; mandez-moi si je puis me flatter du bonheur de vQus, voir jeudi.

LETTRE CCXIII.

De la mère inconnue à Léocadie.

Le 16 octobre.

Chère enfant, madame d'Olbreuse demandera à la bienfaitrice de t'emmener à Paris pour deux mois seulement. Oh!

ne te refuse pas à ce voyage, qui me procurera le plaisir inexprimable de te revoir ! mais que ceci reste entre nous pour jamais enseveli dans le plus profond secret, ainsi que notre correspondance ! . , . .

Adieu, bien-aime'e Léocadie 3 juge avec quelle agitation et quelle impatience j'attends la de'cision d'une chose si passionnément désirée ! . . . ,

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