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LES COMÈTES. SUITE

Ces astres, après avoir été si Ii>ngleinps]la terreur du monde, sont tombés tout !\ coup dans un tel discrédit, qu'on ne les croit plus capables de causer que des rhumes.

Maupertcis,

Ainsi s’exprime le géomètre à qui l’on doit une partie des premières mesures relatives à la figure de la Terre. Et voici, en effet, quelques-unes des idées émises dans ses Lettres sur la comète de 1742.

On n’est pas d’humeur aujourd’hui à croire que des corps aussi éloignés que les comètes puissent avoir des influences sur les choses d’ici-bas, dit-il, ni qu’ils soient des signes de ce qui doit arriver. Quel rapport ces astres auraient-ils avec ce qui se passe dans les conseils et dans les armées des rois? Four savoir à quoi s’en tenir, il faudrait que leur influence fût connue ou par la révélation, ou par la raison, ou par l’expérience; et l’on peut dire que nous ne la trouvons dans aucune de ces sources de nos connaissances. 11 est bien vrai qu’il y a une connexion universelle entre tout ce qui est dans la nature, tant dans

Je physique que dans le moral : chaque événement, lié à , ce qui le précède et à celui qu’il suit, n’est qu’un des anneaux de la chaîne qui forme l’ordre et la succession des choses ; s’il n’était pas placé comme il est, la chaîne serait différente et appartiendrait à un autre univers.

En raisonnant ainsi, l'astronome doute de la non-influence des comètes aussi bien qu’il doute de leur influence; pour asseoir ses idées, il rapporte celle des autres, et bientôt il en vient à croire que les comètes causent de bien autres événements que de simples rhumes.

Kepler, à qui d’ailleurs l’astronomie a de si grandes obligations, trouvait raisonnable que, comme la mer a ses baleines et ses monstres, 1 air eût aussi les siens. Ces monstres étaient les comètes, et il explique comment elles sont engendrées de l’excrément de l’air par une facilité animale.

Quelques-uns ont cru que les comètes étaient créées expi és toutes les fois qu’il était nécessaire, pour annoncer aux hommes les desseins de Dieu, et que les anges en avaient la conduite. Ils ajoutent que cette explication résout toutes les difficultés qu’on peu traire sur cette matière.

Enfin, pour que toutes les absurdités fussent dites à leur égard, il y en a qui ont nié que les comètes existassent, et qui ne les ont prises que pour de fausses apparences causées par la réflexion ou réfraction de la lumière. Eux seuls comprennent comment se fait cette réflexion ou réfraction, sans qu’il y ait de corps qui les causent.

Sous Aristote, les comètes étaient des météores formés des exhalaisons de la terre et de la mer, et ce fut là, comme on peut le croire, le sentiment de la foule des philosophes qui n’ont cru ni pensé que d’après lui. Plus anciennement, on avait eu des idées plus justes des comètes. Les Chaldéens. savaient qu elles étaient des astres durables et des espèces de planètes dont on a dit qu’ils étaient parvenus

LES COMÈTES

# à calculer le cours. Sénèque avait embrassé celte opinion; il nous parle des comètes d'une manière si conforme à tout ce qu’on en sait aujourd’hui, qu’on peut dire qu’il

avait deviné ce que l’expérience et les observations des modernes ont découvert.

C’est après avoir parlé des opinions des anciens que

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