‹ Les merveilles célestesChapitre 33 sur 39 · ASPECT PHILOSOPHIQUE · texte numérisé non relu

ASPECT PHILOSOPHIQUE

DK LA CRÉATION

Mais à ce cercle étroit de la terre où nous sommes Garde-toi de borner tant de bienfaits divers,

Et de ne voir en toi que le Seigneur des hommes, Quand tu créas mille univers.

Pope, Vnirersal Prttyer.

Les vérités astronomiques qui viennent de faire l’objet de nos conversations manifestent sans doute la haute valeur de l’esprit humain, qui s’est élevé jusqu’à elles, et qui, scrutant les lois organisatrices de l’univers, est parvenu à déterminer les causes qui président à l’harmonie du monde et à sa perpétuité. Sans doute, il est beau pour l’homme, cet atome spirituel habitant d’un atome matériel, d’avoir pénétré les mystères de la création et de s’ètre élevé à la connaissance de ces sublimes grandeurs dont la seule contemplation nous atterre et nous anéantit. Mais si l’univers ne restait pour l’hommequ’un grand mécanisme matériel mû par les forces physiques, si la nature n’était à ses yeux qu’un gigantesque laboratoire où les éléments s’associent aveuglément sous les formes fortuites les plus variées; en un mot, si cette admirable et magnifique

science du ciel bornait éternellement les efforts de l’esprit humain à la géométrie des corps célestes, la science n’atteindrait pas son but véritable, et elle s’arrêterait au moment de recueillir le fruit de ses immenses travaux, Llle resterait souverainement incomplète si l’univers n’étail jamais pour elle qu’un assemblage de corps inertes flottant dans l’espace sous l’action des forces matérielles.

Le philosophe doit allerplus loin. 11 11 e doit pas se borner à voir sous une forme plus ou moins distincte le grand corps de la nature ; mais, étendant la main, il doit sentir sous l’enveloppe matérielle la vie qui circule à grands flots. L’empire de Dieu n’est pas l’empire de la mort : c’est l’empire de la vie.

Nous habitons sur un monde qui ne fait point exception parmi les astres et qui 11 ’a pas reçu le moindre privilège. Il est le troisième des corps célestes qui circulent autour du Soleil et l'un des plus petits d’entre eux ; sans sortir de notre système, d’autres planètes sont beaucoup plus impor tantes que lui : Jupiter, par exemple, est 1,414 fois plus volumineux, et Saturne 754 fois plus. Tandis qu’il nous parait le plus important de l’univers, il est en réalité perdu dans l’immensité des mondes qui peuplent le ciel, et h création tout entière ne se doute pas même de son existence. Iles planètes de notre propre système, il n’y, en a que quatre qui puissent savoir qu’il existe ; ce sont : Mercure, Vénus, Mars et Jupiter ; encore, pour cette dernière, est-il la plupart du temps invisible dans l’auréole solaire. Or, tandis qu’il est ainsi perdu parmi des mondes plus importants que lui, les autres mondes sont dans les mêmes conditions d’habitabilité que celles que nous observons sur la Terre. Sur ces planètes comme sur la nôtre, les rayons générateurs du même Soleil versent la chaleur et la lumière, à des degrés divers ; sur elles comme ici les aimées, les mois et les jours se succèdent, entraînant à leur suite la marche des saisons qui, de période en période, entretien-

aent les conditions de l’existence ; sur elles comme ici, une atmosphère transparente enveloppe d’un climat protecteur la surface habitée, donne naissance aux mouvements météoriques, et développe ces beautés ravissantes qui célèbrent l’aurore des jours et le crépuscule dés nuits. Sur elles comme ici, des nuées vaporeuses s’élèvent de l’océan aux vagues profondes et, se répandant sous les cieux, vont porter la rosée féconde aux campagnes altérées. Ce grand mouvement de vie qui circule sur la Terre n’est pas confiné à cette petite planète ; les mêmes causes développent là-bas les mêmes effets; et sur beaucoup d’entre ces mondes étrangers, loin de remarquer une privation des richesses dont la Terre est revêtue, on observe une abondance de biens dont notre séjour ne possède que les prémices. A côté de certains astres, la Terre est un monde inférieur sous des rapports essentiels, depuis les conditions de stabilité géologique, qui nous sont fort mal assurées par l’état d’incandescence du sphéroïde terrestre dont la surface n’est qu’une mince pellicule, jusqu’aux lois fatales qui régissent la vie sur cette terre où la mort règne en souveraine. - .{■ '

Si d’un coté les autres mondes ont des conditions d’habitabilité tout aussi puissantes — si ce n’est davantage — que les conditions terrestres, d’un autre côté, la Terre, envisagée en elle-même, nous paraît semblable à une coupe trop pleine d’où la vie déborde de toutes parts. En notre seul séjour nous avons l’infini dans la vie. Il semble que créer soit si nécessaire à l’ordre de la nature, que le plus petit espace de matière réunissant les conditions suffisantes ne reste pas sans servir de demeure à des êtres vivants. Tandis que le télescope ouvrait dans les cieux de nouveaux champs à la création, le microscope ouvrait au-dessous du visible le champ de la vie invisible, et montrait que, non content de répandre la vie partout où il va matière pour la recevoir, depuis les époques primi-

lives ou ce globe sortait à peine de son berceau brûlant jusqu’à nos jours, la nature entasse encore l’existence au détriment de l’existence elle-même. Les feuilles des plantes sont des prairies de troupeaux microscopiques dont certaines espèces, quoique invisibles à l’œil nu, sont de véritables éléphants à côté d’autres êtres dont la petitesse extrême n’a pas interdit un système admirable d’organisation pour l’entretien de leur vie éphémère. Les animaux eux-mêmes servent de séjour à des races de parasites qui, à leur tour, sont elles-mêmes la demeure de parasites plus petits encore. Sous un autre aspect, l’infinité de la vie offre un caractère corrélatif dans sa diversité. La force est si puissante, que nul élément ne semble capable de lutter avec avantage contre la vie, tendant à se répandre en tous lieux, et qu'aucune cause ne puisse interdire son action. Depuis les hautes régions de l’air, où les vents charrient des germes, jusque dans les profondeurs océaniques où l’on subit la pression de plusieurs centaines d’atmosphères, où la nuit la plus complète étend son éternelle souveraineté ; depuis les climats brûlants de la ligne équatoriale et les sources chaudes des terrains volcaniques, jusqu’aux régions glacées du pôle, jusqu’aux mers solides du cercle polaire, la Vie a étendu son empire comme un réseau immense, enveloppant notre planète entière, se jouant de tous les obstacles et passant les abîmes, afin qu’il n’y eut au monde aucun district qui pût se prétendre en dehors de son absolue souveraineté.

C’est par des études établies sur cette double considération : l’insignifiance de la Terre dans la création sidérale, et l’abondance de la vie à sa surface, que l’on a pu s’élever aux premiers principes véritables sur lesquels la démonstration de l’habitation universelle des astres devait être assise. Pendant longtemps, l’homme put se borner à l’étude des phénomènes, pendant longtemps même il (lut s’astreindre à l’observation directe et unique des appa-

ronces physiques, afin que la science acquit la précision rigoureuse qui constitue sa valeur. Mais aujourd’hui ce vestibule de la vérité peut être franchi, et la pensée, traversant la matière, peut s’élever jusqu’à la notion des choses intellectuelles. Dans le sein de ces mondes lointains, elle sent la vie universelle plonger ses racines immenses ; à leur surface, elle voit cette vie s’épanouir et l’intelligence y établir son trône.

Fondées sur la base astronomique, seule fondation possible, les recherches faites dans le domaine des sciences physiques, depuis la mécanique céleste jusqu'à la biologie, et dans celui des sciences philosophique^, depuis l’ontologie jusqu’à la morale, ont permis d’élever au rang d’une doctrine l’idée antique de la pluralité des mondes. L’évidence de cette vérité s’est révélée aux yeux de tous ceux qui se sont impartialement et librement adonnés à l’étude de la nature. Il n’entre pas dans le cadre de ces dernières pages des Merveilles célestes, de nous étendre longuement sur cet aspect philosophique de la création; mais si je considère cet aspect comme la conclusion logique des études astronomiques, je dois au moins à mes auditeurs de leur offrir comme une modeste péroraison des causeries qu’ils ont bien voulu suivre jusqu’ici, les principaux résultats auxquels nous sommes arrivés, sur cette grande et belle question de l’existence de la vie à la surface des astres.

Voici d’abord une première considération établie sur le caractère astronomique des Mondes et sur son histoire ;

« Que le lecteur suive la marche philosophique de l’astronomie moderne, il reconnaîtra que du moment où le mouvement de la Terre et le volume du Soleil furent connus, les astronomes et les philosophes trouvèrent étrange qu’un astre aussi magnifique fût uniquement employé à éclairer et à échauffer un petit monde impercep-

fible rangé en compagnie d’un grand nombre d’autres sous sa domination suprême. L’absurdité d’une telle opinion fut plus éclatante encore, lorsqu’on trouva que Vénus est une planète de mômes dimensions que la Terre, avec des montagnes et des plaines, des saisons et des années, des jours et des nuits analogues aux nôtres ; on . étendit cette analogie à la conclusion suivante, que, semblables par leur conformation, ces deux mondes l’étaient aussi par leur rôle dans l’univers : si Vénus était sans population, la Terre devait l’être également, et réciproquement, si la Terre était peuplée, Vénus devait l'être aussi. Mais lorsque ensuite on observa les mondes gigantesques de Jupiter et de Saturne, entourés de leurs splendides cortèges, on fut invinciblement conduit à refuser des êtres vivants aux pet tes planètes précédentes, si l’on n’en dotait celles-ci, et par contre, à donner à Jupiter et à Saturne des hommes bien supérieurs à ceux de Vénus et de la Terre. Et, en effet, n’est-il pas évident que l’absurdité de l’immobilité de la Terre s’est perpétuée, mille fois plus extravagante, dans cette causalité finale mal entendue dont la prétention est de placer notre globe au premier rang des corps célestes’? N’est-il pas évident que ce monde est jeté sans aucune distinction dans l’amas planétaire, et qu’il n’est pas mieux établi que les autres pour être le siège exclusif de la vie et de l’intelligence?... Combien peu fondé «... est le sentiment qui nous anime lorsque nous pensons que l’univers aurait été créé pour nous, pauvres êtres perdus sur un Monde, et que si nous disparaissions de la scène, ce vaste univers serait décoloré, comme un assemblage de corps inertes et privés de lumière ! Si demain nul de nous ne se réveillait, et si la nuit qui, dans une période diurne, fait le tour du monde, scellait pour l’éternité les paupières closes des êtres vivants, croit-on que* désormais le Soleil ne renverrait plus ses rayons et sa chaleur, et que les forces de la nature cesseraient leur mouvement éternel? Non: ces

Mondes lointains que nous venons de passer en revue continueraient le cycle de leur existence, bercés sur les forces permanentes de la gravitation, et baignés dans l’auréole lumineuse que l’astre du jour engendre autour de son brillant foyer. I.a Terre que nous habitons n’est qu’un des plus petits astres groupés autour de ce foyer, et son degré d’habitation n’a rien qui la distingue parmi ses compagnes... Éloignez-vous un instant par la pensée, lecteur, en un lieu de l’espace d’où l’on puisse embrasser l’ensemble du système solaire, et supposez que la planète où vous avez reçu le jour vous soit inconnue. Soyez bien convaincu que pour vous livrer librement à l’étude présente, vous ne devez plus considérer la Terre comme votre patrie ni la préférer aux autres séjours, et contemplez maintenant sans prévention et d’un œil ultra-terrestre les Mondes planétaires qui circulent autour du foyer de la vie ! Si vous soupçonnez les phénomènes de l’existence, si vous imaginez que certaines planètes sont habitées, si l’on vient vous apprendre que la vie a fait choix de certains Mondes pour y déposer les germes de ses productions, songerez- vous, de bonne foi, à peupler ce globe infime de la Terre avant d’avoir établi dans les mondes supérieurs les merveilles de la création vivante? Ou si vous formez le' dessein de vous fixer sur un astre d’où l’on puisse embrasser la splendeur des cieux et sur lequel on puisse jouir des bienfaits d’une nature riche et féconde, choisirez-vous pour séjour cette terre chétive qui est éclipsée par tant* de sphères resplendissantes?... Four toute réponse, et c’est la plus faible et la plus rigoureuse conclusion que nous puissions tirer des considérations précédentes, nous établissons avec 1 autorité du fait: que « la Terre n’a aucune prééminence marquée dans le système solaire de manière à être le seul monde habité, et que, astronomiquement parlant, les autres planètes sont disposées aussi bien qu’elle au séjour de la vie. »

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Une second© considération, fondée sur la diversité des êtres qui respirent à la surface du globe terrestre, sur la puissance infinie de la nature, qu’aucun obstacle n’a jamais arrêtée, et sur le spectacle éloquent de l’infinité de la vie elle-même dans le 'rrionde terrestre, conduit l’argumentation dans un nouvel ordre d’idées :

« La nature connaît le secret de toutes choses, met en action les forces les plus infimes comme les plus puissantes, rend toutes ses créations solidaires, et constitue les êtres suivant les mondes et suivant les âges , sans que les uns ni les autres puissent mettre obstacle à la manifestation de sa puissance. 11 suit de là que l’habitabilité et l’habitation des planètes sont un complément nécessaire de leur existence, et que, de toutes les conditions énumérées, aucune ne saurait arrêter la manifestation de la vie sur chacun de ces mondes... Mais ajoutons une observation particulière qui complétera les précédentes : parlons un instant de notre ignorance forcée, dans cette petite île du grand archipel où la destinée nous a relégués, et de la difficulté où nous sommes d’approfondir les secrets et la puissance de la nature. Constatons que d’un côté nous ne connaissons pas toutes les causes qui ont pu 'influer et qui influent encore aujourd’hui sur les manifestations de la vie, sur son entretien et sa propagation à la surface de cette terre ; et que, d’un autre côté, nous sommes bien plus loin encore de connaître tous les principes d’existence qui propagent sur les autres mondes des créations très-dissemblables. C’est à peine si nous avons pénétré celles qui président aux fonctions journalières de la vie; c’est à peine si nous avons pu étudier les propriétés physiques des milieux, l’action de la lumière et de l’électricité, les effets de la chaleur et du magnétisme... Il en existe d'autres qui agissent constamment sous nos yeux et que l’on n’a pas encore pu étudier ni même seulement découvrir. Combien donc serait-il vain

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de vouloir opposer aux existences planétaires les principes superficiels et bornés de ce que nous appelons notre science? Quelle cause pourrait lutter avec avantage contre le pouvoir effectif de la nature, et mettre obstacle à l'existence des êtres sur tous ces globes magnifiques qui circulent autour du radieux foyer! Quelle extravagance de regarder le petit monde où nous avons reçu le jour connue le temple unique ou comme le modèle de la nature!... »

Animées par la valeur du dessein providentiel de la création, ces considérations deviennent plus impérieuses encore. « Que notre planète ait été faite pour être habitée, cela est d’une évidence incontestée, non-seulement parce que les êlres qui la peuplent sont là sous nos yeux, mais encore parce que la connexion qui existe entre ces êtres et les régions où ils vivent amène pour conclusion inévitable que l'idée d'habitation se lie immédiatement à l’idée d’habitabilité. Or ce fait est un argument rigoureux en notre faveur ; sous peine de considérer la puissance créatrice comme illogique avec elle -même, comme inconséquente avec sa propre manière d’agir, il faut reconnaître que l’habitabilité des planètes réclame impérieusement leur habitation. Dans quel but auraient elles donc reçu des années, des saisons^, des mois, des jours, et pourquoi la vie n’éclôrait-elle pas à la surface de ces mondes qui jouissent comme le nôtre des bienfaits de la nature et qui reçoivent comme lui les rayons fécondants du même soleil? Pourquoi ces neiges de Mars qui fondent à chaque printemps et descendent arroser ses campagnes ? Pourquoi ces nuages de Jupiter qui répandent l’ombre et la fraîcheur dans ses plaines immenses? Pourquoi cette asmosphère de Vénus qui baigne ses vallées et ses montagnes? O Mondes splendides qui voguez loin de nous dans les deux ! serait-il possible que la froide stérilité fût à jamais l’immuable souveraine de

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vos campagnes désolées? serait-il possible que cette magnificence, qui semble être votre apanage, fût donnée à des régions solitaires et nues, où les seuls rochers se regarderaient éternellement dans un morne silence? Spectacle affreux dans son immense immutabilité, et plus incompréhensible que si la Mort en furie venant à passer sur la Terre fauchait d’un seul coup la population vivante qui rayonne à sa surface , enveloppant ainsi dans une même ruine tous les enfants de la vie, et laissant la Terre rouler dans, l’espace comme un cadavre dans une tombe éternelle ! »

C’est ainsi que, sous quelque aspect qu’on ait envisagé la création, la doctrine de la Pluralité des Mondes s’est formée et s’est, présentée comme la seule explication du but final, comme la justification de l’existence des formes matérielles, comme le couronnement des vérités astronomiques. Les conclusions sommaires que nous venons de citer se sont trouvées établies, logiquement et sans effort, par le spectacle même des faits observés, et lorsque, ayant contemplé l’univers sous ses différents aspects, l’esprit s’étonne de n’avoir pas conçu plus tôt cette vérité vivante, il sent en lui-même que la démonstration d’une telle évidence n’est plus nécessaire, et qu’il devrait l’accepter lors même qu'elle n’aurait d’autres raisons en sa faveur que l’état comparatif de l’atome terrestre avec le reste de l’immense univers. Subjugué par ce spectacle, il ne peut plus que proclamer d’instinct la vérité lumineuse, dans un transport dédaigneux de toutes recherches à son appui.

« ... Ah ! si notre vue était assez perçante pour découvrir, lé où nous ne voyons que des points brillants sur le fond noir du ciel, les soleils resplendissants qui gravitent dans l’étendue, et les mondes habités qui les suivent dans leurs cours, s’il nous était donné d’embrasser sous un

coup d’œil général ces myriades de systèmes solidaires, et si, nous avançant avec la vitesse de la lumière, nous traversions pendant des siècles de siècles ce nombre illimité de soleils et de sphères, sans jamais rencontrer nul terme à cette immensité prodigieuse où Dieu fit germer les mondes et les êtres ; retournant nos regards en arrière, mais ne sachant plus dans quel point de l’infini retrouver ce grain de poussière que l’on nomme la Terre, nous nous arrêterions fascinés et confondus par un tel spectacle, et unissant notre voix au concert de la nature universelle, nous dirions du fond de notre âme : Dieu tout puissant ! que nous étions insensés de croire qu’il n’y avait rien au delà de la Terre, et que notre séjour avait seul le privilège de refléter ta grandeur et ta puissance 1 ! »

' Camille Flammarion, la Pluralité des mondes habités.

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