ROSSET
On sait que dans sa marche apparente au-dessus dQ nos tétesy le Soleil suit une voie régulière et permanente; quO chaque année, aux mêmes époques^ il passe à la même hauteur dans le ciel, et que s'il est moins élevé au mois de décembre qu'au mois de juin, la route qu'il suit n'eu est pas moins régulière pour cela, puisqu'il s*élève et s'abaisse tour à tour dans sa largeur et qu'aux mêmes époques il revient toujours aux mêmes points du ciel- On sait aussi que les étoiles restent perpétuellement autour de la Terre, et que si elles disparaissent le matin pour se rallumer le soir, c'est uniquement parce qu'elles sont effacées par la lumière du jour. Or, on a donné le nom de Zodiaque à la zone d'é-
toiles que le Soleil traverse pendant le cours entier de Tannée. Ce mot vient de Çw^tov, animaly étymologie que Ton doit au genre de figures tracées sur cette bande d'étoiles. Ce sont, en effet, les animaux qui dominent dans ces figures. On a divisé la circonférence entière du ciel en douze parties, que Ton a nommées les douze signes du Zodiaque, et nos pères les appelaient «les maisons du Soleil > ou encore «les résidences mensuelles d'Apollon,» parce que le Soleil en visite une chaque mois et revient à chaque printemps à l'origine de la cité zodiacale. Deux mémorables vers latins nous présentent ces douze signes dans Tordre que le Soleil les parcourt :
Sunt: Arles, Taurus, Gemini, Cancer, Léo, Virgo, Libraque, Scorpius, Arcitenens, Caper, Amphora, Piscea.
Ou bien en français : le Bélier T, le Taureau V, les Gémeaux tf ^ TÉcrevisse 6g, le Lion Q., la Vierge m^, la Balance ^y le Scorpion OU;, le Sagittaire », le Capricorne T>- le Verseau = et les Poissons )(. Les signes placés à côté de ces nbms sont des indications primitives qui les rappellent : T représente les cornes du bélier ; V la tête du taureau; =: est un courant d'eau.
Si nous connaissons maintenant notre ciel boréal, si ses étoiles les plus importantes sont suffisamment marquées dans notre esprit, avec les rapports réciproques qu'elles gardent ' entre elles, nous n'avons plus de confusion à craindre, et il nous sera facile de reconnaître les constellations
zodiacales*. Avant tout, il faut savoir qu'elles appartiennent toutes à une même zone, à une même bande du ciel, qui peut nous servir de ligne de partage entre le Nord et le Sud. Un moyen facile de trouver cette zone par une belle nuit étoilée, et d'éviter des recherches inutiles, c'est de prendre rétoile polaire pour centre d'un grand cercle , et de décrire ce cercle en prenant un rayon égal à la moitié du ciel. La ligne ainsi décrite dépassera le zénith au sud, et descendra sous l'horizon au nord; elle marquera l'équateur céleste. Or Técliptique, ou la ligne médiane du zodiaque , est un peu inclinée sur l'équateur , mais ne s'en écarte jamais d'une grande quantité, de sorte que notre circonférence nous donnera, avec une exactitude suffisante, la • ligne vers laquelle nous devons chercher nos constellations.
Ces indications sommaires une fois données, les premiers signes seront très-faciles à trouver. Pour faire avec eux une connaissance complète et durable, il est nécessaire de suivre sur la carte cicontre les descriptions que je vais donner, et ensuite de s'exercer le soir à reconnaître directement dans le ciel les originaux dont ces cartes ne sont que des copies. Ces mêmes cartes nous serviront encore, dans le chapitre suivant, à étudier les constellations australes visibles en France.
Le Mier est situé entre Andromède et les Pléiades, que nous connaissons déjà. En tirant une ligne « d'Andromède à ce groupe d'étoiles , on traverse la tête du Bélier , formée par deux étoiles de troi-
sième grandeur, disposées dans la direction nordest. Le Bélier est le premier signe du zodiaque, parce qu'à l'époque où cette partie principale de la sphère céleste fut établie, le. Soleil entrait dans ce signe h l'équinoxe du printemps. Dans la fable, il représente le bélier à toison d*or de Texpédition des Argonautes, parce qu'au moment où le Soleil se lève dans ce signe, gardé par un monstre (la baleine) et par un taureau qui vomit des flammes, la constellation d'Ophiuchus, ou Jason, sort le soir du même point, et subjugue ainsi le bélier disparu. Le Bélier était encore le symbole du printemps et de Touverture de Tannée. Ces deux origines se trouvent indiquées par le traducteur de Plutarque.
Le Taureau vient ensuite. — Nous marchons de l'ouest à l'est. — ^Vous le reconnaîtrez facilement par le groupe des Pléiades qui scintillent sur son épaule, par celui des Hyades qui tremblent sur son front, et par l'étoile magnifique qui marque son œil droit, l'étoile Aldébaran, a, de première grandeur. Il est du reste situé tout au-dessus de la splendide constellation d'Orion, que nous rencontrerons et que nous saluerons bientôt; Aldébaran resplendit sur le prolongement de la ligne du Baudrier, au nord-ouest. (Suivre sur notre carte.)
Les Pléiades, qui paraissent trembler au nordouest d'Aldébaran, sont un groupe de 80 étoiles environ, résolues par le télescope.
Les anciens comptaient dans les Pléiades sept étoiles plus brillantes que le fond parsemé de poudre d'or. On n'en compte plus que six aujourd'hui,
visibles à l'œil nu, que Ton nomme Alcyone, ou vj du cou du Taureau, de 3* grandeur; Electre et Atlas, de 4« ; Mérope, Maïa et Taygète, de 5«. Si Ton
Fig. 19. Les Pléiades.
en croit Ovide, la septième se serait cachée de douleur à la prise de Troie. Mais Tauteur des Métamorphoses ne se doutait guère de la distance des étoiles et de la durée du trajet de leurs rayons pour venir à nous. Quand même l'une des Pléiades se serait cachée à la prise de Troie, Ovide l'aurait encore vue de son temps à l'endroit qu'elle occupait jadis, et peut-être qu'aujourd'hui même nous l'y verrions encore. Les Hyades forment un V avec Aldébaran, qui en occupe l'extrémité sud. Comme les Pléiades, elles annonçaient la pluie; leur nom signifie pleuvoir, et celui de leurs compagnes si-
gniBe navigateur. C'est ce quia inspiré à J. B. Rousseau ces vers qui sentent la pluie de fort loin : .
Déjà le départ des Pléiades A fait retirer les nochers, Et déjà les tristes Hyades Forcent les frileuses Dryades De Chercher l'abri des rochers.
Les Gémeaux sont faciles à reconnaître à Test des précédents , parce que leurs têtes sont formées des deux belles étoiles Castor et PoUux. Nous les atteindrions également par une diagonale traversant la Grande Ourse dans le sens du timon. D'un autre côté, Castor, de première grandeur, forme un triangle avec la Chèvre et Aldébaran. Ainsi rienn'est plus facile à trouver. Descendant vers le Taureau , huit ou dix étoiles terminent la constellation., et plus bas on rencontre Procyon, étoile de 2* grandeur. Cette région marquée par Orion, Sirius, les Gémeaux , la Chèvre , Aldébaran , les Pléiades , est la plus magnifique région de la sphère céleste. C'est vers la fin de Tautopme qu'elle resplendit le soir sur notre hémisphère. Les Gémeaux sont, dans la fable, Castor et PoUux, fils de Jupiter, célèbres parleur amitié indissoluble, dont ils furent récompensés par le partage de l'immortalité. Les tergiversations de la fortuné ont été comparées par le poète à la destinée de ces deuï frères :
Jupiter fit rhomiïie semblable A ces deux Jumeaux que la fable
lÛO LES MERVEILLES CÉLESTES.
Plaça jadis au rang des dieux ; Couple de déités bizarre, Tantôt habitants du Ténare, Et tantôt citoyens des cieux.
Les Grecs donDaient aussi le nom de Castor et PoUux à ces feux qui paraissent autour des vaisseaux après les tempêtes, phénpmènes d'électricité désignés aujourd'hui sous le nom de feux Saint- Blme.
VÉcrevisse ou le Cancer se distingue au bas de la ligne de Castor et Pollux, dans cinq étoiles de quatrième ou cinquième grandeur. C'est le personnage le moins important du Zodiaque.
La timide Écrevisse à la serre traînante Annonce le retour de la saison brûlante :
Son aspect qui pour nous borne les plus longs jours Fait du char du soleil rétrograder le cours.
Pendant qu'Hercule combattait le Lion de Némée, que voici , l'écrevisse , de Junon secondant la vengeance, pinçait à plaisir le talon du héros. Hercule l'écrasa de son pied, mais la reine du ciel ne lui donna pas moins sa récompense en plaçant ses inânes dans le ciel.
Le Lion est un grand trapèze de quatre belles étoiles, situées à Test des Gémeaux. On peut également le trouver en prolongeant en sens opposé la ligne de a, p, de la Grande Ourse, qui nous a servi à trouver la Polaire. La plus brillante de ces étoiles , a , est de première grandeur et se nomme
Régulus, c'est le cœur du Lion; les trois autres , p, Y et 5, sont de seconde grandeur. Le Soleil entrait dans le Lion au solstice d'été, et le faisait disparaître en le couvrant de ses feux ; c'est la victoire d'Hercule sur le Lion de Némée. Il fut aussi pour la même cause le symbole de la force et de la puissance. Étant la demeure du Soleil pendant le mois de Juillet, il était encore le signe des chaleurs brûlantes et des fléaux qu'elles amènent quelquefois. Aux yeux des astrologues du moyen âge , c'était là son aspect terrible.
La Vierge vient après le Lion , toujours du côté de l'est, comme on le voit sur la carte. Si nous nous servions encore de la très-complaisante constellation qui nous a si bien servi jusqu'ici , nous prolongerions vers le midi la grande diagonale a , Y du carré de la Grande Ourse, et nous ferions la rencontre d'une belle étoile de première grandeur placée justement dans la main gauche de notre figure; c'est VÉpi de la Vierge, astre connu de toute l'antiquité. Maintenant que nous connaissons Arcturus , ou du Bouvier (p. 89 ) et oc du Lion ; nous pouvons encore remarquer que ces deux étoiles et l'Épi font eilsemble un triangle équilatéral. L'étoile p située dans le bras droit de la Vierge, se nomme la Vendangeuse. Elle forme un triangle avec p du Lion et la Chevelure de Bérénice.
Emblème de la justice et des lois, la Vierge représente Thémis , dont la Balance est à ses pieds. Pourquoi porte-t-elle des ailes? peut-être parce que la Justice , autrefois sur la terre, l'a abandonnée
lOâ LES MERVEILLES CÉLESTES.
pour le ciel. Elle est encore Astrée, fille de Jupiter et de Thémis, que les crimes des hommes forcèrent de remonter au ciel à la fin de Tâge d'or. Elle eut, du reste, le privilège de représenter bon nombre de personnifications ; la liste en serait trop longue, et voici seulement les premières : Cérès, symbole des moissons; Diane d'Éphèse; Isis d*Égypte, déesse de Syrie ; Atergatis ou la Fortune ; Cybèle traînée par des Lions; Minerve, mère deBacchus; Méduse; Érigone, fille du Bouvier; enfin au temps de Virgile elle fut la Sibylle qui, un rameau à la main, descend aux enfers ou sous l'hémisphère. Au milieu d'un si grand choix, elle paraît avoir préféré le titre de fille de la Justice, exilée aux régions célestes par les crimes des hommes.
La Balance est le septième signe du zodiaque. A Test de l'Épi de la Vierge, on voit deux étoiles de seconde grandeur: ce sont « et p de la Balance, marquant le sommet des plateaux. Avec deux autres étoiles moins brillantes, elles forment un carré oblique sur récliptique.Ilya deux mille ans, le soleil passait Ic^ l'équinoxe d'automne , et c'est là l'origine de ce signe qui « égale au jour la nuit, le travail au sommeil. »
J. B.Rousseau exprime la môme i iée daas Tune de ses odes :
Le soleil dont la violence
Nous a fait languir si longtemps,
Arme de feux moins éclatants
Les rayons que son char nous lance,
Et, plus paisible dans son cours,
Laisse la céleste Balance Arbitre des nuits et des jours.
Le Scorpion f dont le cœur est marqua par la brillante Antarès, astre de première grandeur, est facile à reconnaître. Ce n'est pas qu'on puisse en distinguer la, forme ; car cette forme n'est pas mieux dessinée par les étoiles qui le composent, que les figures précédentes, la Balance, la Vierge, etc., ne l'ont été. Mais il est bien entendu que lorsqu'on parle de reconnaître une constellation, il s'agit simplement des groupes d'étoiles qui portent son nom, et non de sa figure mythologique. Antarès, a du Scorpion, se trouve sur le prolongement de la ligne qui joindrait Régulus (a du Lion) à l'Épi; ce sont trois étoiles de première grandeur placées en ligne droite, dans la direction ouest-est. Antarès forme encore avec la Lyre et Arcturus un grand triangle isocèle dont cette dernière étoile est le sommet. La seconde étoile du Scorpion, p, de seconde grandeur, marque la tète. Une file d'étoiles de troisième grandeur dessine la queue recourbée.
La Balance et le Scorpion ne formaient qu'un même signe chez les Latins, avant Auguste; la Balance était alors les serres du Scorpion. Comme Auguste était né le 23 septembre, la flatterie se ligua avec l'astrologie pour célébrer le bonheur promis à la Terre par la naissance de cet empereur: on replaça au ciel la Balance, syoïboledela Justice, que les Égyptiens avaient jadis institué dans la sphère primitive. D'après cela on interprète facilement les vers de l'Enéide.
Signe de malheur et d'eflïoi, le Scorpion fut maudit entre toutes les constellations. On disait surtout qu!il avait une haine invincible contre Orion, parce que cette figure se couche quand la première se lève et réciproquement. Il était nonseulement la terreur des Étoiles , mais encore la terreur du soleil lui-môme, comme Ovide nous le dépeint.
Le Sagittaire j formant un trapèze oblique se tient un peu à l'orient d'Antarès en suivant toujours la direction de Técliptique. Il ne possède que des astres de troisième grandeur et au-dessous; a 5 y forment la flèche; la dernière, y, est appelée Nushaba par les Arabes. L'étoile tt, marque la tête. Cette constellation ne s*élëve jamais beaucoup au-dessus de l'horizon de Paris. Dans la fable, il estlecen-* taure Chiron, instituteur d'Achille, de Jason, d'Esculape, et l'inventeur de réquitalion. C'était le dernier seignenr de cette race antique. Sans doute, le voisinage du Scorpion avait influencé l'opinion des poètes à son égard, car on ne le représentait pas non plus sous des couleurs bien favorables.
Déjà du haut des cîeux le cruel Sagittaire Avait tendu son arc et ravagé la terre ; Les coteaux, et les champs, et les prés défleuris, N'offraient de toutes parts que de vastes débris ; Novembre avait compté sa première journée.
Le Capricorne n'estpas plus riche en étoiles brillantes. Celles qui scintillent à son front, a et p, sont les seules qui se laissent distinguera l'œil nu. Elles se trouvent sur le prolongement de la ligne qui va
de la Lyre àrAigle.Larégiondu zodiaqueque nous visitons présentement est la plus pauvre du ciel ; elle présente un contraste frappant avec la région opposée, où nous avons admiré Aldébaran, Castor et Pollux, la Chèvre, etc.
Au-dessus du Capricorne brille Altaïr, ou a de l'Aigle ; les étoiles d'Antinous forment un trapèze sur le chemin qui va du Capricorne à TAigle.
Dans certains auteurs, ce signe représente la CWvre Amalthéôy qui nourrit Jupiter sur le Mont Ida et reçut pour récompense une place dans le ciel. Pour d'autres, il représente le retour du Soleil au solstice d'hiver, par la porte du tropique. Selon d'autres encore, c'est un bouc qui fut élevé avec le roi des dieux, découvrit et emboucha la conque marine, et porta l'effroi parmi les Titans dans leur guerre contre l'Olympe. Les dieux épouvantés se cachèrent sous diverses formes d'animaux ; Apollon se changea en grue. Mercure en ibis, Diane en chat.... Jamais on ne vit pareille métamorphose.... Enfin Pan en Capricorne, ayant un corps de bouc et une queue de poisson. Il parait qu'il voulait aussi se dérober aux Géants qui escaladaient le ciel.
Le Verseau forme par ses trois étoiles tertiaires, un triangle très-aplati. La base se prolonge en une file d'étoiles du côté du Capricorne, et vers la gauche se porte sur l'Urne. De là part une ligne sinueuse de très-petites étoiles descendant sur l'horizon. C'est l'eau du Verseau. Le Verseau paraît personnifier Ganymède qui fut enlevé par l'aigle de Jupiter, pour servir d'échanson aux dieux.
après que la jeune et candide Hébé se fut laissé tomber d'une manière peu décente.
Jupiter qui d'Hébé prononce la disgrâce, Au. jeune Ganymède a destiné sa place ; Le nouvel échanson, hôte digne des cîeux, De torrents de nectar enivre tous les dieux.
Les PoissonSy dernier signe du zodiaque, se trouvent au sud d'Andromède et de Pégase. Le poisson boréal est celui qui veut dévorer Andromède; le poisson occidental s'avance dans le carré de Pégase ; ils sont liés Tun à l'autre par un ruban. Peu apparente comme les précédentes^ cette constellation est composée de deux rangs d'étoiles trèsfaibles qui partent de a de troisième grandeur, nœud du* ruban , et vont en divergeant , l'un vers a d'Andromène, l'autres vers a du Verseau. Ovide raconte que Vénus et l'Amour, voulant se dérober à la poursuite des géants, passèrent TEuphrate sur deux poissons qui, pour cela, furent placés dans le ciel. On dit encore que deux poissons ayant trouvé un œuf de belle taille, l'entraînèrent sur le rivage, qu'une colombe le couva, et que Vénus en sortit. C'est depuis ce temps que les Syriens s'abstiennent de se nourrir de poissons. Leur signe est la dernière demeure du Soleil avant le renouvellement de l'année, la demeure de février; c'était le temps de l'inondation en Egypte," c'est celui de la pêche chez nous. Ils ferment le cercle des constellations zodiacales.
Enfin aux derniers rangs paraissent les Poissons, Qui, fermant à la fois et rouvrant les saisons,
De l'hiver rigoureux tempèrent P influence, £t d'un nouveau printemps raniment Pespôrance.
(Ricard.) .
Si Ton a bien suivi nos descriptions sur notre carte, on connaît maintenant les constellations zodiacales aussi bien qu'on connatt celles du nord. Il nous reste peu à faire pour connaître le ciel tout entier. Mais il y a un complémeilt indispensable à ajouter à ce qui précède. Les étoiles circompolaires sont perpétuellement visibles surrHorizonde Paris; en quelque moment de Tannée qu'on veuille les observer, on les trouve toujours, soit au-dessus de rétoile polaire, soit au-dessoqs, soit d'un côté, soit de l'autre, gardant toujours entre elles les rapports qui nous servent à les trouver. Les étoiles du zodiaque ne leur ressemblent pas sous ce point de vue, car elles sont tantôt au-dessus de l'horizon, tantôt au-dessous. Il faut donc savoir à quelle époque elles sont visibles. Il nous suffira pour cela de rappeler ici la constellation qui se trouve au milieti du ciel, à neuf heures du soir, pour chaque premier jour de chaque mois, celle, par exemple, qui traverse à ce moment une ligne menée par l'étoile polaire et partageant le ciel en deux, du nord au sud. Cette ligne s'appelle le méridien^ et toutes nos figures la traversent, marchant de Test à l'ouest. En indiquant chacune des contellatîons qui passent à l'heure indiquée, nous donnons ainsi le centre des constellations visibles. En cherchant les boréales au nord, devant soi ; à sa gauche celles qui précèdent dans l'ordre de signes la constella-
tion indiquée; à sa droite celles qui ]^ suivent, on les trouvera toutes sans difficulté.
Le 1" janvier, le Taureau passe au méridien.
Remarquer Aldébaran, les Pléiades. — 1" février : les Gémaux n'y sont pas encore, on les voit un peu à droite.— 1" mars : Castor et PoUux sont passés, ^Procy on au sud; les petites étoiles de TÉcrevisse à droite.*— 1" avril : le Lion, Régulus. — !•' mai : p du Lion, Chevelure de Bérénice. — 1" jliin : TÉpi de la Vierge, Arcturus. — 1" juillet : la Balance, le Scorpion. — 1". août : An tarés, Ophiuchus.— 1" septembre : Sagittaire, Aigle. — 1" octobre : Capricorne, Verseau. — 1" novembre :
Poissons, Algénib ou ^ de Pégase. — !•' décembre : le Bélier.
Notre révision générale du ciel étoile doit maintenant être complétée par les astres du ciel austral.
Je n'ai donné qu'un rapide sommaire de rexplication mythologique des signes du zodiaque; Tincertitude qui règne sur son origine a permis à un grand nombre de systèmes de se faire jour. Je rappellerai ici que celui dont les partisans voient les douze travaux d'Hercule dans la série des douze signes célestes, ne manque pas d'être fort ingénieux. Hercule ne serait autre que le Soleil lui-même considéré dans ses attributs relatifs aux diverses époques de l'année. Francœur, dans son Uranographdej après l'astronome Lalande et le philosophe Dupuis, s'est chargé de soutenir ce système curieux.
L'entrée du Soleil dans le Lion soisticial, qu'il fait disparaître en le couvrant de ses feux, est la victoire sur le Lion de Némée.
A mesure que le Soleil s'avance, il traverse le Cancer, le Lion et la Vierge ; les diverses parties de l'Hydre s'éclipsent tour à tour; d'abord la tête, puis le corps et enfin la queue; mais alors la tête reparaît dans son lever héliaque. C'est le triomphe sur THydre renaissante du lac de Lerne, qu'Hercule brûla après avoir écrasé l'Écrevisse qui la secondait.
Le Soleil traversant la Balance au temps des vendanges couvre
le Centaure de ses feux. La fable dit quelle centaure Ghiron, ayant reçu Hercule, en avait appris Fart de faire le vin. Elle • ajoute que, dans une dispute causée par T ivresse, le peuple des centaures avait voulu tuer Thôte d'Hercule, ce qui avait forcé le héros à les combattre; ceci parait relatif au coucher du soir du Sagittaire. Enfin, dans une chasse^ il avait vaincu un monstre nommé le sanglier d'Ërymanthe, qu'on croit se rapporter au lever du soir de la Grande Ourse.
Gassiopée, qu'on figurait aussi par une biche, se plonge le matin dans les flots^ quand le Soleil est dans le Scorpion, ce qui arrivait à Téquinoxe d'automne ; c'est cette biche aux cornes d'or que , malgré son incroyable vitesse , Percule fatigua à la course et prit au bord des eaux où elle reposait.
Au lever du Soleil dans le Sagittaire, l'Aigle, la Lyre (ou le Vautour) et le Cygne, placés dans le fleuve de la Voie lactée, disparaissent tout d'abord dans les feux de cet astre; ce sont les oiseaux du lac Stymphale chassés d'Arcadie par Hercule, dont la flèche est placée entre eux.
Le Capricorne ou le Bouc céleste est baigné sur ie devant par l'eau du Verseau : ce sont les écuries d'Augias nettoyées en y faisant passer un fleuve.
Le Soleil dans le Verseau, ou solstice d'hiver, était près de Pégase; le soir on voyait se coucher le Vautour, tandis que le Taureau passait au méridien ; on a dit qu'Hercule, à son arrivée en Ëlide, pour combattre le Taureau de Crète et le vautour de Prométhée, monta le cheval Arion et institua les jeux olympiques, qu'on célébrait à la pleine lune du solstice d'été ; la luoe est précisément alors dans le Verseau, c'est-à-dire dans la région opposée au Lion.
L'enlèvement des cavales de Diomède, fils d'Aristée, se rapporte au lever héliaque de Pégase et du petit Cheval, le Soleil étant dans les Poissons ; ces deux chevaux sont placés au-dessus du Verseau, qui est Aristée.
Hercule part ensuite pour la conquête de la Toison d'Or, le Verseau et le Serpentaire achèvent de se lever le soir, tandis qu'en môme temps le Bélier, Cassiopée, Andromède, les Pléiades et Pégase se couchent. De là la victoire d'Hercule sur Hyppolyte, reine des Amazones, dont la ceinture (Mirach) brille d'un vif éclat: plusieurs de ces guerrières avaient les noms des Pléiades.
Au lever du Taureau, le Bouvier se couche, et la Grande Ourse (les bœufs d'Icare) se lève : c'est la défaite de Géryon et l'enlèvement de ses bœufis. Hercule tue Busiris, persécuteur des Atlantides ; fable qui fait allusion à Orion poursuivant les Hyades , et qui est alors dans les feux solaires. Le retour du printemps est en outre exprimé par la destruction des reptiles venimeux de la
Crète et par la défaite du brigand Cacus; celle du fleuve AchélaûS; chaugé en taureau^ est relative à TËridan qui est placé audessous.
Après avoir fondé Thèbes d'Egypte, Hercule va aux Enfers, délivre Thésée et enlève Cerbère. Le Soleil est arrivé dans Thémisphère boréal; le Grand jChien, dont le' coucher héliaque a eu lieu dans le signe précédent, est maintenant absorbé dans les feux; il est tiré des régions inférieures et produit à la lumière. Le fleuve du Verseau, qui se lève le soir avec le Cygne, lorsque le Soleil achève de décrire les Gémeaux, est Cycnus vaincu au bord du Pénée.
Le Dragon polaire et Céphée, ou le jardin des Hespérides, se lèvent au couchant du Soleil, sous le Cancer; de là le voyage d*HercuIe en Hespérie. L'époque du lever héliaque de la constellation d'Hercule est en automne; les pommes des Hespérides sont une allusion à cette saison.
Revenu au solstice d'été, le Soleil recommence sa révolution : c'est l'apothéose d'Hercule. La fable raconte que Déjanire, cherchant un philtre pour fixer son époux, lui envoya une chemise tjempée dans le sang du centaure Nessus. Hercule la revêtit pour sacrifier aux dieux, et leur demander l'immortalité promise- à ses exploits ; mais, dévoré par le poison imprégné dans ce vêtement, le héros se brûla sur un bûcher. Voici le sens de 'cette fable. Le Soleil est rentré dans le Lion et se lève, tandis que les constellations d'Hercule et du Verseau sont prêtes à se coucher. Le Centaure se couche peu après le Lion ; celui-ci fait donc mourir Hercule, et le Verseau, Ganymède, est enlevé pour verser le nectar aux dieux, à la place d'Hébé donnée au héros. La réconciliation d'Hercule et de Junon est relative au Verseau, qui est dédié à la déesse.
Hercule vécut 52 ans, eut 52 épouses et accorda les honneurs néméens à 360 de ses compagnons morts pour lui : ce sont des allusions aux 52 semaines de l'année et aux 360 degrés du zodiaque. Les Colonnes d'Hercule étaient les limites occidentales de la terre connue, où le Soleil semblait chaque jour se coucher dans la mer. Quelque vagues qu'on suppose plusieurs des interprétations qu'on vient d'exposer, ajoute Francœur en terminant, lien est de si remarquables, qu'on ne saurait les supposer être l'effet du hasard : ainsi Hercule u^a, pas été ce héros dont les bienfaits ont excité les hommes à lui ériger des autels , mais c'est le Soleil considéré dans ses attributs relatifs aux diverses époques deTiinnée, opinion conforme aux témoignages les plus révérés des anciens.
Oui donc sur l'Océan, dans l'ombre et le silence, Elève ayec orgueil son front majestueux ; Et bravant de Phœbé le disque lumineux, Devant son trône même insulte à sa puissance?
C'est toi, noble Orion : tes feux étinceiants Des soleils de la nuit eflacent la lumière, Comme le dieu du jour, entrant dans la carrière Efihce de Phœbé les rayons p&lissants.
Sur le trtoe des airs Cais briller la couronne ; Tiens, héros indompté, régner sur nos climats, Lève -toi ! que nos yeux attachés à tes pas Contemplent à loisir l'éclat qui t'environne.
Perçant des sombres mers les nocturnes brouillards Sous l'orgueilleux fardeau de ta pesante armure, Je te vois déplover ta superbe ceinture Et de l'homme étonné commander les regards.
Le Taureau loin de toi recule épouvanté :
Il roule avec effroi sa prunelle sanglante; Tandis que vers le nord s'enfuit l'Ourse tremblante Aux éclairs menaçants de ton glaive irrité*.
A tout seigneur tout honneur. Orion est la plus belle des constellations : il ne faut pas aller au delà sans' lui rendre hommage, et le meilleur