‹ Les merveilles célestes: lectures du soir (volume 2)Chapitre 12 sur 32 · Neuwland, cité par Quételet dans son Attranomie · texte numérisé non relu

Neuwland, cité par Quételet dans son Attranomie

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moyen de rendre hommage aux personnages de valeur, c'est d'apprendre à les bien connaître.

Observez notre carte de la page-98 : au-dessous du Taureau et des Gémeaux, au sud du Zodiaque, vous remarquerez ce géant qui lève sa massue vers le front du Taureau. Sept étoiles brillantes se distinguent; deux d^entre elles, a et p, sont de première grandeur; les cinq autres sont de second ordre, a et y marquent les épaules, x le genou droit, P le pied gauche ; 3, e, C marquent le Baudrier ou la Ceinture ; au-dessous de cette ligne est une traînée lumineuse de trois étoiles très-rapprochées : c'est TÉpée. Entre l'épaule occidentale y et le Taureau se voit le Bouclier composé d'une file de petites étoiles en ligne courbe. La tête est marquée par une petite étoile, X, de quatrième grandeur; fx et V dessinent le bras levé.

Fig. 20. OriOD, Aldébaran, Sirius.

Pour plus de clarté, nous donnons la disposition des étoiles principales de ce magnifique astérisme.

Orion est sar le prolongement de la ligne qui joint la Polaire à la Chèvre. Les quatre étoiles «, Y, p, a occupent les angles d'un grand quadrilatère, les trois autres $, s, C sont serrées en ligne oblique au milieu de ce quadrilatère, a, de Tangle nord-est, se nomme Betelgeuse (ne pas lire Beteigeuse, comme la plupart des traités rimpriment); p de l'angle sud-ouest se nomme Rigel.

La ligne du Baudrier prolongée des deux côtés, passe au nord-ouest par l'étoile Aldébaran ou l'œil du Taureau, que nous connaissons déjà, et au sudest par Sirim, la plus belle étoile du ciel, dont nous nous occuperons bientôt.

C'est pendant les belles nuits d'hiver que cette constellation brille le soir sur nos têtes. Nulle autre saison n'est aussi magnifiquement constellée que les mois d*hiver. Tandis que la nature nous prive de certaines jouissances d'un côté, elle nous en offre en échange de non moins précieuses. Les merveilles des cieux s'offrent aux amateurs depuis le Taureau et Orion à l'est, jusqu'à la Vierge et au Bouvier à l'ouest : sur dix-huit étoiles de première grandeur que l'on compte dans toute l'étendue du firmament, une douzaine sont visibles de neuf heures à minuit, sans préjudice des belles étoiles de second ordre^ des nébuleuses remarquables et d'objets célestes très-dignes de l'attention des mortels. Ces douze étoiles sont : Sirius, Procyon, la Chèvre, Aldébaran, l'Épi, le Cœur de l'Hydre, Rigel, Betelgeuse, Castor et PoUux, Régulus et p

du Lion. — C'est ainsi que la nature établit partout une compensation harmonieuse, et que tandis qu'elle assombrit nos jours d'hiver rapides et glacéSj elle nous donne de longues nuits enrichies des plus opulentes créations du ciel.

La constellation d'Orion est non-seulement la plus riche en étoiles brillantes, mais elle recèle encore pour les initiés des trésors que nulle autre ne saurait ofifrir. On pourrait presque l'appeler la Californie du ciel. Donnons-nous le plaisir d'énumérer ses richesses, et nous trouverons un plus grand bonheur à la contempler dans les cieux.

Parlons d'abord de sa nébuleuse, située au-dessous de la seconde étoile du Baudrier. La première fois que l'astronome Huygens, son découvreur, admira cette beauté cosmique, en 1656, il fut assez émerveillé pour dire qu'elle paraissait une ouverture dans le ciel, qui donnait le jour sur une région plus brillante. « Les astronomes, dit-il, ont compté dans l'épée d'Orion trois étoiles très-voisines Tune de l'autre. Lorsque, en 1656, j'observai par hasard celle de ces étoiles qui occupe le centre du groupe, au lieu d'une j'en découvris douze, résultat que d'ailleurs il n'est pas rare d'obtenir avec les télescopes. De ces étoiles il y en avait trois qui, comme la première, se touchaient presque, et quatre autres semblaient briller à travers un nuage, de telle façon que l'espace qui les environnait paraissait beaucoup plus lumineux que le reste. »

Depuis cette époque on s'est occupé de cette né-

buleuse avec une sorte de prédilection ; on Ta minutieusement examinée, et les diverses régions de cet amas ont été étudiées et décrites dans tous leurs détails. A mesure que les instruments sont devenus plus puissants, les étoiles qui la constellent sont apparues plus nombreuses, comme il est arrivé pour toutes les observations télescopîques de nébuleuses , et tandis qu'autrefois on se demandait avec une grande indécision sMl n'y avait pas là seulement un nuage phosphorescent, un amas de vapeurs, on est arrivé aujourd'hui à la conviction qu'elle est formée d'un nombre prodigieux de soleils entassés. Au centre on voit une partie plus brillante dont la forme est singulière; sir John Herschel la compare à la tête d'un animal monstrueux, dont la gueule reste béante et dont le nez se prolonge comme* la trompe d'un éléphant.

Elle occupe dans le ciel un large espace, dont la dimension apparente est égale à celle du disque lunaire. Lorsqu'on réfléchit à l'éloignement qui nous séparé de cette agglomération, on est eflTrayé de rétendue réelle qu'elle embrasse au fond du vide sans bornes.

Mais le phénomène le plus étrange qui se rattache à cett3 nébuleuse, ce sont les changements que Ton a observés en elle. Les dessins qu'on en prend aujourd'hui difl^èrent de ceux qui en ont été pris il y a moins d'un demi-siècle. Cette année encore, on vient do remarquer en Angleterre une disposition d'éclat à travers un endroit sombre, qui n'existait pas il y a dix ans. Les astronomes s'accor lent à

reconnaître qu'il n'y a pas d'illusion possible dans certaines de ces observations, et que cette lointaine agglomération de soleils est le siège de formidables perturbations.

« L'impression générale que j'ai reçue de ces observations, disait naguère le directeur de TObservatoire de Russie, est que la partie centrale de la nébuleuse se trouve dans un état d'agitation continuelle, comme la surface d'une mer. »

Orion possède bien d'autres richesses. L'étoile du pied gauche, Rigel, est l'une des plus belles étoiles doubles. (Nous entrerons bientôt dans ce chapitre de l'astronomie sidérale.) Cette étoile double se compose d'un soleil blanc et d'un soleil bleu ; par les nuits calmes et limpides dont nous sommes quelquefois arrivés en hiver, il m'a semblé parfois que le reflet de l'étoile bleue nuance assez l'éclat de la blanche pour que celle-ci paraisse légèrementteintée de bleu, surtout lorsqu'on la compare aux points d'or qui parsèment le ciel alentour.

Deux autres systèmes binaires se rencontrent encore dans les deux étoiles des extrémités du Baudrier. La première, celle de droite, se compose d'un soleil blanc et d'un soleil pourpre ; la seconde, d'un soleil jaune et d\in soleil bleu. Ainsi voilà trois systèmes de mondes des plus dissemblables réunis dans la même constellation. Dans chacun de ces systèmes deux soleils au lieu d'un; nonseulement deux soleils comme le nôtre, mais deux soleils diversement colorés ; sur les planètes qui

appartiennent au premier, un astre blanc et un astre bleii se disputent l'empire du jour, donnant naissance, par les combinaisons sans nombre de leur chaleur, de leur lumière, de leur puissance électrique, à une variété d'actions incomparable et inimaginable pour nous, qui sommes voués à un unique soleil. Sur les planètes qui appartiennent au second, c'est un soleil pourpre qui vient diversifier la blanche lumière de son congénère. Sur celle du troisième le nombre des couleurs, essentiellement diflférentes des nôtres, puisqu'il n'y a point là de lumière blanche génératrice de toutes les teinfes> présente une série inconnue des nuances issues des mariages de l'or et du saphir. Ces planètes sont sans doute des planètes vertes, et la couleur des objets à leur surface ne doit probablement qu'osciller autour de cette moyenne, soit du côté du jaune, soit du côté du bleu.

Mais cette richesse de systèmes stellaires ne constitue pas encore tout le patrimoine de cette belle constellation d'Orion.Ellé renferme, en outre, le plus complexe des systèmes multiples qu'on ait jamais rencontrés dans le ciel. Dans la nébuleuse dont je te parlais toutîi Theure, on rencontre une étoile extraordinaire, l'étoile marquée 6 sur le catalogue, un peu au-dessous de TÉpée. Cette étoile, décomposée par le télescope, permet d'admirer en elle le groupe merveilleux de six soleils rassemblés au même point du ciel. Quatre étoiles principales de 4% 6« et ?• grandeurs, sont disposées aux quatre angles d'un trapèze : les deux étoiles de

la base ont chacune un très-faible coihpagnon. Que ces six étoilQS forment en réalité un système pby* sique et qu'elles soient reliées entre elles comme les (systèmes binaires par la loi d'attraction ; c'est ee que je ne veux pas affirmer. Il peut se faire qu'il n'y ait là qu'un effet d'optique, que ces six étoiles soient en réalité complètement indépendantes l'une de l'autre, situées à des profondeurs et à des distances immenses, mais que se trouvant sur des rayons visuels très-rapprochés, elles nous paraissent rassemblées sur un même plan. Cependant il y a des probabilités en faveur de l'opinion qui considère cette étoile sextuple comme un véritable système, surtout quand on voit que le mouvement propre de l'étoile principale est partagé par les cinq autres.

Une autre étoile d'Orion, le 23% est également remarquable, en ce qu'elle est double, et qu'au lieu d'avoir sa principale blanche et sa petite bleue, comme dans la généralité des cas, c'est le contraire qui se présente.

Yoilà beaucoup sur une seule constellation ; mais j'ai pour cette belle et antique figure que Job chantait il y a trois mille ans, une sympathie dont je ne puis ni ne veux me défendre. Entre les Pléiades et le beau Sirius, elle me présente une magnifique plage céleste, enrichie de mondes variés qui font fêver à la vie lointaine. Entre nous, j'ai lu au moyen âge un traité d'astrologie qui avait pour titre : Flamma Orionis. Depuis ce temps-là ce nom m'est cher, je l'aime I

Or, VOUS savez tous combien les amoureux éprouvent de bonheur à parler sans cesse de l'objet qui fiiit battre leur cœur.

Suivant dans son cours, comme le Soleil et comme les planètes, les constellations zodiatales^Ia Lune passe quelquefois auprès d'Orion. Elle occulte alors lés étoiles devant lesquelles sa marche Fa conduite. En parlant d'Orion, le poète américain Longfellow a dépeint cette occultation sous de vives couleurs :

a Sirius se levait à TOrient, et lentement, montant Tune après l'autre, brillaient les constellations étincelantes. Au milieu d'un cortège d'étoiles flamboyantes, se tenait debout le géant Algebar, Orion le chasseur. Sa luisante épée était suspendue à son côté, et sur son épaule, la peau du Lion laissait voltiger sur le ciel de minuit le rayonnement doré de sa chevelure. La lune était pâlissante, sans que sa clarté fût affaiblie, aussi belle qu'une sainte virginale, s'avançant dans la pureté de sa voie pendant les heures d'épreuves et de terreur. Gomme si elle eût entendu la voix de Dieu, elle marchait pieds nus, sans blessures, sur les astres brûlants, semblables à des dharbons embrassés ; faisant ainsi éclater sa puissance, comme sa pureté et sa sainteté.

« Errant ainsi dans son pas i^lencieuz, le triomphe empreint sur son visage si pur, elle atteignit la station d'Orion. Étonné, il s'arrêta dans une étrange frayeur, et subitement, de son bras étendu laissa tomber la peau rouge du lion à ses pieds dans la rivière. Sa massue ne resta pas plus long-

temps levée sur le front du Taureau; mais lui, chancela conime autrefois près de la mer lorsque aveuglé par OBnopion il chercha le forgeron dans sa forge, et grimpant sur la montagne escarpée, fixa ses yeux ternes sur le soleil. »

Dans la fable, Orion , le plus bel homme de son temps, était d'une taille si haute, que quand il marchait dans les mers, il dépassait les flots de toute sa tête : ce qui veut dire que cette constellation' est moitié sous Téquateur et moitié au-dessus

J'oubliais d'ajouter que les trois étoiles obliques qui forment son baudrier^ ou sa ceinture^ ont été nommées les Trois Rois Mages^ le Bâton de Jacob^ et que dans nos campagnes on les distingue simplement sous le nom de Râteau.

Au sud-est d'Orion, sur la ligne des trois Rois, resplendit la plus magnifique de toutes les étoiles, SiHuSj ou a de la constellation du Grand Chien, Cet astre de première grandeur marque l'angle supérieur oriental d*un grand quadrilatère dont la base voisine de l'horizon à Paris, est adjacente à un triangle. Les étoiles du quadrilatère et du triangle sont toutes de seconde grandeur. Cette constellation se lève, le soir, à la fin de novembre, passe au méridien à la fin de janvier, et se couche à la fin dé mars.

Sirius étant la plus éclatante étoile du ciel, lorsque les astronomes osèrent essayer les opérations relatives à la recherche des distances des étoiles, elle eut le don d'attirer particulièrement leur attention. Après des études longues et minutieuses on ar-

riva à déterminer sa distance : elle est de 52 trilliôns t74 milliards de lieues. Pour traverser cette distance de la terre à cet astre, la lumière emploie près de 22 ans. Il suit de là. que lorsque nous l'observons, ce n'est point le Sirius d'aujourd'tiui qui est au-dessus de nos yeux, mais bien le Sirius d'il y a vingt-deux ans : le rayon de lumière qui atteint notre œil maintenant est sorti de Sirius pendant Tannée 1843.

Le nom que nous donnons anjourd'hui à a du Grand Chien appartenait jadis à la constellation tout entière, et Ton ne trouve pas un seul monument égyptien où cette figure soit indiquée sans qu'elle représente Sirius , nom dérivé , dit-on , d'Osiris, le soleil. A l'origine des constellations le solstice d'été arrivait lorsque le soleil parcourt le Capricorne : le lever de Sirius annonçait à l'Egypte l'époque de la crue du Nil, et comme un chien fidèle avertissait les hommes de se tenir sur leurs gardes. Là ne se bornait pas le rôle de Sirius. L'année civile des Égyptiens étant de 365 jours exactement, et les rois jurant de ne jamais permettre Tintercalation de jours supplémentaires, cette année vague empiétait d'un jour tous les quatre ans sur Tannée solaire, et revenait coïncider avec celle-ci au bout de 365 fois quatre ans, en 1460 ans; mais pendant ce temps-là les périodes civiles, les travaux d'agriculture, les fêtes et les divers points du calendrier, ne pouvaient être fixés par des dates immuables. On choisit dans le ciel un signe propre à annoncer Tépoque du solstice : le lever du matin de Sirius,

qu'on nommait alors Sothis, annonça Tépoque demandée. Le lever héliaque (solaire) de cet astre n'était ramené au même jour de Tannée qu'après 1461 ans.

Depuis ces temps antiques, un mouvement de la terre qui modiOe lentement la marche du soleil parmi le» constellations, qu'on appelle la précession des équinoxes, a privé Sirius de sa faculté de prédire l'inondation et le solstice ; son lever héliaque n'arrive maintenant en Egypte que le 1 août au lieu du 20 juin . Mais au commencement dé notre ère, il arrivait en juillet, au milieu des grandes chaleurs et des maladies qu'elles engendrent. De là, cette constellation fut accusée de maligne influence, comme vous pouvez le voir dans Sophocle et dans cent autres auteurs moins anciens; elle donne la fièvre aux hommes et la rage aux chiens. Les jours canicyr laires viennent de là. Pour conjurer Sirius, on lui éleva des autels sur lesquels on sacrifia la caille et la chèvre. On redoutait l'étoile du midi.

Déjà le chien brûlant dont PInde est dévorée Vomissait tous ses feux sur la plaine altérée.

{Géorgiques,)

Sirius lève au ciel son front pernicieux,

Et son affreux aspect consterne tous les yeux.

[Enéide.)

Sirius ou la canicule s'appelait aussi le chien de ProcriSy épouse de Géphale, qui la perça d'un trait décoché par mégarde, comme Ovide le rapporte fort au long. Jean-Baptiste Rousseau, qui se plaisait parfois à montrer ses connaissances astronomiques.

n'a pas tout à fait réussi en parlant à notre époque du brûlant Sirius, dans une ode, charmante du reste, à l'abbé Chaulieu.

Mais aujourd'hui qu'en nofi plaines Le chien brûlant de Procris De Flore aux douces haleines Dessèche les dons chéris,

Veux-tu d'un astre perfide Risquer les âpres chaleurs, Et, dans ton jardin aride, Sécher ainsi que tes fleurs ?

Sirius a une longue et bonne réputation comme chien. Après tous les services qu'il avaitdéjà rendus aux Égyptiens, Jupiter le chargea de la garde de sa chère Europe; après l'enlèvement, il passa entre les mains de Minos, de Procris, de Céphaleet d'Aurore. Des auteurs fort accrédités pensent même que malgré tout ce qui précède, il fut Cerbère , le canis à trois têtes ; leur opinion est appuyée sur cette coïncidence que le Grand Chien garde à Féquateur Thémisphère inférieur des Égyptiens, de la même manière que Cerbère gardait la région du Tartare, On voit que ce chien revendique une noblesse fort ancienne. Aucun titre héraldique ne peut se vanter de remonter si haut.

Le Petit Chien, ou Procyon, que nous avons déjà vu sur nos cartes zodiacales, se trouve au-dessus de son atné et au-dessous des Gémeaux Castor et PoUux, à l'est d'Orion. Si ce n'est «, aucune étoile brillante ne le distingue. Au point de vue mytholo-

gique, il partage avec le Grand Chien la plupart des fables attribuées à ce dernier.

VHydre est une longue constellation qui occupe le quart de l'horizon, sous rÉcrevisse, le Lion et la Vierge. La tête, formée de quatre étoiles de 4» grandeur, est à gauche de Procyon, sur le prolongement d'une ligne menée par cette étoile et par Betelgeuse. Le côté occidental du grand trapèze du Lion, comme la ligne de Castor etPollux, se dirigent sur a, de seconde grandeur : c'est le cœur de l'hydre. Sur le dos de l'hydre, on remarque des astérismes de second ordre, le Corbeau, la Coupe, Imitant le cours d'un fleuve par ses sinuosités, l'hydre a été regardée comme habitant le Nil et le représentant. Gomme le Navire se trouve non loin de là, on a même été jusqu'à expliquer par certains aspects le déluge de Deucalion qui se sauve sur un vaisseau, et qui, quarante jours après, s'assure si les eaux sont retirées en donnant la liberté à un Corbeau.

VÉridan, la Baleine, le Poisson Austral et le Centaure sont les seules constellations importantes qu'il nous reste à décrire. On les retrouvera dans Tordre que nous venons d'indiquer, à la droite d'Orion. L'Éridan est un fleuve composé d'une suite d'étoiles de troisième et de quatrième grandeur, descendant et serpentant du pied gauche d'Orion, Rigel, et se perdant squs l'horizon. Après avoir suivi de longues sinuosités, invisibles pour nous, il se termine par une belle étoile de première grandeur, a Achernar. C'est le fleuve dans lequel tomba Phaëton qui conduisait maladroitement le char du

Soleil ; il fut placé dans I9 ciel pour consoler Apollon de la mort de son. fils.

«Cependant Phaëton, les cheveux en feu, tombe du haut du ciel et laisse après lui une longue traînée de flammes. L'Éridan, qui coule dans les lieux bien éloignés du pays qui avait vu naître ce prince infortuné; le reçut dans ses ondes et lava son visage, qui était tout couvert d'écume. »

Au-dessous du Bélier on rencontre une étoile de seconde grandeur, qui forme un triangle équilatéral avec le Bélier et les Pléiades: c'est « de la Baleine, ou la mâchoire; a, fji, Çety forment un parallélogramme : c'est la tête. Cette base a, y, se.prolonge sur une étoile de troisième grandeur , 3 , et sur ime étoile du Cou, marquée 0. Cette étoile est l'une des plus curieuses du ciel : on la nomme la merveilleuse, Mira Ceti. Elle appartient à la classe des étoiles changeantes. Tantôt elle égale en éclat les étoiles de premier cercle, tantôt elle devient complètement invisible. On a suivi ses variations depuis la fin du seizième siècle, et l'on a reconnu que la période de croissance et de décroissance est de 331 jours en moyenne, mais toutefois irrégulière, étant parfois de 25 jours en retard ou de 25 jours en avance. L'étude de ces astres irréguliers nous offrira de curieux phénomènes.

La Baleine fut envoyée par Neptune pour dévorer Andromède: je ne reviendrai pas sur l'histoire de cette pauvre princesse.

Quatre étoiles de troisième grandeur forment la queue de ce cétacé et descendent vers Fomalhaut,

OU a du Poisson Austral, qui reçoit Teau du verseau. Cet astérisme s'élève très-peu sur Thorizon de Paris. Enfin, la constellation du Centaure est située audessous de l'Épi de la Vierge. L'étoile 6, de seconde grandeur, et l'étoile i, de troisième , marquent la tête et l'épaule : c'est l.a seule partie de cette figure qui s'élève au-dessus de notre horizon. Le Centaure renferme l'étoile la plus rapprochée de la terre , a, de première grandeur, dont la distance est de 8 trillions, 603 milliards, 200 millions de lieues. C'est également dans cette 'constellation que se trouve la belle nébuleuse régulière que iious avons admirée plus haut, l'amas globulaire d'Oméga du Centaure. Les pieds de derrière touchent à la Croix dusudy formée de quatre étoiles de seconde grandeur, toujours cachée sous l'horizon. Un peu plus loin se trouve le pôle austral.

LE NOMBRE HES ÉTOILES, LEURS DISTANOES.

Il est pour la pensée une heure.... une heure sainte Alors que s'entayant de la céleste enceinte,. De l'absence du jour pour consoler les cieux, Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux.

On voit à l'horizon sa lueur incertaine, Comme les bords flottants d'une robe qui traîne, Balayer lentement le firmament obscur, Où les astres ternis revivent dans l'azur.

Alors ces elobes d'or, ces iles de lumière^ Que chercne par instinct la rêveuse paupière, Jaillissent par milliers de l'ombre qui s'enfuit, Comme une poudre d'or sous les pas de la nuit.

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