Japhet Cassîni
Saturne n'a pas été favorisé des anciens poètes, qui ne se doutaient en aucune façon de sa grandeur .et de sa richesse. Situé à la dernière limite du système planétaire, et en marquant la frontière jusqu'à l'époque de la découverte dTranus, il passait pour le plus froid et pour le plus lent de tous les astres. C'était le dieu du temps , détrôné et relégué dans une sorte d'exil. Malheur à ceux qui naissaient sous son influence i Si au moment de la naissance il se trouvait dans le signe zodiacal du mois, les nouveau-nés n'avaient plus qu'à demander à rentrer dans le néant. Pendant mille ans un nombre considérable d'hommes sérieux ajouta foi pleine et entière aux tireurs d'horoscopes, abusés eux-mêmes dans l'ignorance et souvent de bonne foi. Ces idées, heureusement évanouies à la lumière des sciences, sont trop curieuses pour que je ne vous en donne pas un petit spécimen.
Écoutez, par exemple, un astrologue *, qui écrivait en 1574 les facéties suivantes : «Saturne est au septième ciel. Il fait les gens rustiques ; signifie les païsans, manœuvriers et mercenaires j fait les