‹ Les merveilles célestes, lectures du soirChapitre 11 sur 47 · NOTRE UNIVERS · texte numérisé non relu

NOTRE UNIVERS

LE MONDE SIDERAL

Un monde est assoupi sous la voûte des deux; Mais sous la voûte même oîi s'élèvent mes you\, Que de mondes nouveaux, que de soleils sans nombre Trahis par leur splendeur étincellent dans l'ombre ! Les signes épuisés s'usent à les compter, Et l'àme infatigable est lasse d'y monter !.... Là l'antique Orion, des nuits perçant les voiles, Dont Joi) a le premier nommé les sept étoiles; Le Navire fendant l'éther silencieux, Le Bouvier dont le char se traine dans les cieux, La Lyre aux cordes d'or, le Cygne aux blanches ailes, Le Coursier qui du ciel tire des étincelles, La Balance inclinant son bassin incertain, Les blonds Cheveux livrés au souffle du matin, Le Bélier, le Taureau, l'Aigle, le Sagittaire, Tout ce que les pasteurs contemplaient sur la terre, Tout ce que les héros voulaient éterniser, Tout ce que les amants ont pu diviniser, Transporté dans le ciel par de touchants emblèmes. N'a pu donner de noms à ces brillants systèmes.

Lamâktine.

D'après ce qui précède, nous habitons au sein d'une vaste ne'buleuse, dont la couche équatoriale, se projetant sur notre ciel, y décrit cette trace blanchâtre connue sous le nom de Voie lactée. Notre soleil est l'une des étoiles composantes de

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cette agglomération gigantesque, et toutes les étoiles qui scintillent durant nos nuits silencieuses font partie, comme lui, de cette même tribu. C'est là, à proprement parler, notre univers. Les autres amas peuvent être regardés par nous comme d'autres univers, étrangers à celui-ci, et dont nous n'avons contemple i" ensemble que pour nous élever à une notion plus rapprochée de la grandeur de la création, mais que nous laisserons désormais dans l'immensité inexplorée qu'ils habitent au fond des espaces. Descendant du grand au petit, procédant de l'ensemble à la partie, nous embrasserons maintenant de moins vastes proportions : nous nous arrêterons à notre univers^ sidéral, autrement dit à la description générale des îles qui constituent notre archipel céleste.

Nous ne parlerons pas encore ici de la nature des étoiles, ni de leurs distances, ni de leurs mouvements, ni de leur histoire particulière; avant de poursuivre la réalité, il sera bon pour nous de faire une digression sur les apparences. Nous sommes pourtant bien mal disposé contre les apparences, et nous leur préférons de beaucoup la réalité; mais il en est quelques-unes dont nous ne pouvons nous dispenser de parler, attendu qu'elles forment en quelque sorte la superficie des choses que nous devons approfondir, et qu'il faut passer par cette superficie avant d'arriver à la connaissance intime. Mais lorsque nous convenons bien entre nous que tel ou tel phénomène n'est qu'une apparence, il n'y a aucun inconvénient à nous occuper de lui : le principal est de s'entendre et de ne rien confondre.

Les étoiles paraissent disséminées comme au hasard dans les cieux. Par une belle nuit étoilée, quand notre regard s'élève vers ces hauteurs, il remarque une grande diversité dans l'éclat de ces lumières, en même temps qu'un désordre apparent dans leur disposition générale. Cette irrégularité et le nombre considérable des étoiles ont empêché de donner à chacune d'elles un nom particulier; et pour les reconnaître

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et en faciliter l'étude, on a partagé la sphère céleste en sections. L'astronomie des premiers peuples s'est bornée à quelques distinctions grossières; on a d'abord remarqué et nommé les planètes et les plus belles étoiles, mais quand on a voulu étudier avec plus de soin et qu'on a eu besoin de désigner les astres d'un éclat moindre, on n'a pu suivre une méthode dont on sentait l'imperfection. On s'est conduit comme le font les naturalistes, qui, pour dénommer lés espèces des trois règnes, réunissent sous un nom commun un certain nombre d'individus, qu'ils distinguent ensuite entre eux par une qualification. Les astronomes ont réuni les étoiles en divers groupes, sur lesquels ils ont dessiné un animal ou un être fabuleux. On imposa à ces groupes ou constellations des noms tirés de la Fable, de l'histoire ou des règnes de la nature. Ces dénominations, consacrées par l'antiquité, ne sont pas absolument arbitraires, et, de même que l'imagination trouve parfois des figures dans les contours capricieux des nuages, de même nos aïeux ont cru reconnaître dans le ciel certaines ressemblances, auxquelles ils ont ajouté des allusions historiques et mytliologiques suffisantes pour animer le ciel d'une sorte de vie fantastique ^

La nécessité de se guider sur les mers obligea l'homme à choisir dans les cieux d'invariables points de repère sur lesquels il put orienter sa course; et c'est là l'origine historique des constellations.

On forma des cartes représentatives du ciel, et, dès Hipparque, astronome grec, on put classer les étoiles, en les distinguant selon leur éclat, dans les positions occupées par chacune d'elles sur les fissures dessinées.

Il était nécessaire de déterminer une méthode pour trouver facilement une étoile particulière au milieu d'un si grand

* Nous avons exposé en détail ces origines si ciu'ieuses dans notre Histoire du Ciel et dans notre ouvrage spécial sur les Étoiles, Supplément de ï Astronomie populaire.

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