ÉTOILES VAUIADLES, TEMPORAIRES, ETC. 1Ô
naître si innocemment parmi les liommes, ces étoiles singulières qui s'allument subitement clans les cieux pour s'éteindre bientôt après, ces llammes variables qui passent par tous les degrés de la lumière et semblent, comme Castor et Polliix, avoir reçu pour destinée un éternel mouvement de transition de la vie à la mort et de la mort à la vie. Quelle puissance inconnue préside à ces variations? La vie qui existe sur les mondes qui circulent autour de ces astres doit être d'une bien étrange nature! Quelle pensée régit ces mouvements et quelle main construisit les êtres nés pour vivre en harmonie avec de tels systèmes? Quelle distance sépare la nature terrestre, où les années se suivent par une loi permanente et ramènent successivement les mêmes phénomènes, de ces mondes où régnent des variations si prodigieuses? L'esprit s'étonne dans
cette contemplation et demeure dans l'inconnu En songeant
à ces merveilles des cieux, le poète anglais Kirke-AVhile exprimait son étonnement en ces termes :
(( 0 vous, étoiles scintillantes qui occupez encore vos places brillantes sur la voûte sombre du domaine de la nuit ! planètes et sphères centrales d'autres systèmes, vastes comme le foyer brûlant qui rayonne sur ce bas monde, quoique à nos yeux vous paraissiez aussi faibles que l'étincelle du ver luisant : — vers vous j'élève mon humble prière, tandis qu'émerveillé mon regard voyage à travers votre armée céleste. Spectacle trop immense, trop illimité pour notre étroite pensée, qui rapetisse toutes choses dans ses vils préjugés et ne peut vous approfondir ni vous comprendre. De là, prenant un essor plus élevé,- à travers vous j'élève mes pensées solennelles jusqu'au puissant fondateur de cette merveilleuse inniiensité.
« Mortel orgueilleux, lève les regards vers la voûte étoilée, contemple les brillants innombrables qui parsèment richement le char impérial de la nuit. Les télescopes te montreront les myriades plus serrées que les sables des mers. Chacun de ces petits flambeaux est la grande source de lumière, le
soleil central autour duquel une famille de planètes voyage fraternellement; chaque monde est peuplé d"ètres vivants semblables à toi. Maintenant mortel orgueilleux, où est ta grandeur passée? qui es-tu sur l'amphithéâtre de l'univers? Moins que rien, en vérité! Pourtant, le Dieu qui éleva ce merveilleux édifice des mondes a soin de toi, aussi bien que du mendiant qui demande les restes de ta table. »