‹ Les merveilles célestes, lectures du soirChapitre 33 sur 47 · PH · texte numérisé non relu

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Fif;. G3. — Comète de 1862. Aspect de la tète.

ligures ; vuus avez l'image de cette légèreté dans la comète récemment observée en 1862; la forme et la position des aigrettes lumineuses changeaient d'un jour à l'autre, et l'on aurait pu croire qu'une partie de la substance même du noyau coulait dans l'espace comme une goutte d'huile.

Réciproquement, leur ténuité est telle, que dans la queue de certaines comètes on pourrait couper un morceau de la grosseur de Notre-Dame et le respirer en forme d'aspiration homœopathique. On a vu des comètes de plusieurs millions de lieues de taille, et dont le poids était néanmoins si léger,

qu'on aurait pu, sans fatigue, le porter sur l'épaule. Ainsi l'extrême variabilité des formes cométaires doit, au contraire, proclamer inoffensifs les astres de terreur, et l'on j)eut dire avec l'ami de la marquise du Chàtelet ces paroles qui représentent en même temps la nature du mouvement de ces astres :

Comèlos, que l'on craint à l'égal du tonuoi'i'O, Cessez (répouvanler les peuples de la Terre : Dans une ellipse imuiense achevez votre cours : Remontez, descendez près do l'astre des jours ; Lancez vos feux, volez, et. revenant sans cesse. Des mondes épuisés ranimez la vieillesse.

Et, en effet, ces corps célestes ne sont pas des phénomènes exceptionnels ; ils sont soumis comme les autres aux lois inexorables de la nature. Il y a deux mille ans, Sénèque avait écrit : « Un jour viendra où le cours de ces astres sera connu et assujetti à des règles comme celui des planètes. » La prophétie du philosophe est réalisée. On sait aujourd'hui (jue, comme les planètes, les comètes gravitent autour du Soleil et dépendent également de son attraction centrale. Seulement, au lieu de suivre des courbes circulaires ou voisines de cette forme, elles suivent des courbes ovales, des ellipses très allongées. C'est là la grande distinction à établir entre leurs mouvements réciproques. Ensuite, au lieu d'être des corps opaques, lourds et importants comme nos planètes, elles sont dune grande légèreté et d'une extrême ténuité. Un jour, une comète emportée par sa marche rapide traversa le système de Jupiter; les satellites et la planète se trouvèrent pendant quelques heures enveloppés par la comète, et lorsque l'astre chevelu les eut quittés, ils n'avaient pas subi la plus légère déviation dans leur cours. Lorsque Maupertuis, voulant expliquer l'origine de l'anneau de Saturne, crut trouver une idée ingénieuse en attribuant cet appendice à la queue d'une comète qui serait en

LES COMÈTES

roulée autour de la planète, il ne devinait pas l'extrènic ténuité de ces vapeurs innipuissantes.

Le caractère original des comètes réside surtout dans l'étendue de leur cours, dans l'immense durée de leurs vo\ages à travers les régions célestes, dans cette destinée

Fig. 6i. — La comète de 1874.

d'astres cosmopolites qui en fait une exception au milieu du système planétaire. C'est là surtout ce qui distingue ces mondes étranges, et c'est par là qu'ils sont remarquables.

Les dernières comètes visibles à l'œil nu ont été celles de 1858, 1861, 1862 et 1874 (celle-ci est toujours restée assez

faible). L'analyse spectrale qui en a été faite, comme pour les comètes télescopiques visibles chaque année pour les astronomes, y a découvert des vapeurs de carbone.

C'est ici le lieu d'ajouter, à propos des comètes, que les étoiles fdantes et les bolides, que l'on voit de temps en temps

Fig. 60. — Pluie d'étoiles filantes.

traverser le ciel, ne sont pas, comme chacun le devine aisément, de vraies étoiles qui tomberaient de l'infini, mais seulement des fragments, des corpuscules très petits, qui voyagent à travers l'immensité, en décrivant, comme les comètes, des ellipses très allongées. Ils rencontrent la terre

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par hasard, sont attirés par elle, s'enflamment dans notre atmosphère par le frottement, et tombent à la surface du globe. 11 en tombe en réalité plus de cent milliards par an sur la surface entière du globe. Quelques-uns sont assez gros pour ne pas se fondre avant d'arriver à terre, et on les ramasse : ce sont des aérolithes ou pierres tombées du ciel. On en a rassemblé plusieurs milliers de kilogrammes au .lardin des Plantes de Paris.

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