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LA TERRE

LE GLOBE TERRESTRE

La terre, nuit et jour, à sa marche fidèle, Emporte Galilée et son juge avec elle.

Racine fils.

En passant la revue des mondes appartenant à la domination solaire, nous avons franchi d'un bond la distance qui sépare Vénus de Mars, sans nous préoccuper d'un astre qui réside entre ces deux planètes. Cet astre pourtant doit nous intéresser un peu, car il nous touche de plus près que tous les autres.

La Terre, en effet, isolée dans l'espace comme toutes les autres planètes que nous avons vues, est située à 37 millions de lieues du Soleil, et suit autour de lui une orbite qu'elle parcourt en o65 jours 1 /4. Comme quelques-unes de ses compagnes, elle est assistée d'un compagnon fidèle, d'un satellite circulant autour d'elle. C'est son petit système, et la Lune l'accompagne humblement dans tous ses voyages À travers l'espace.

Comme les autres planètes aussi, elle tourne sur elle-

même, avec une grande rapidité, car à sa surface les corps parcourent jusqu'à 6 lieues par minute. Ce mouvement de lotation, comme son mouvement de translation autour du Soleil, s'effectue d'occident en orient (fig. 66). Il en est de même de ces deux mouvements dans toutes les planètes du système solaire. Elle est sphérique et un peu aplatie à ses pôles, ce qui te'moigne de son état de fluidité primitive. De cet état, un témoignage plus facile à reconnaître reste encore dans ses volcans, bouches toujours ouvertes, d'où jaillissent les substances intérieures de la Terre à l'état de fusion et de haute température où elles se trouvent encore

¥i<£. 66. — nolalinii et translation de' la leirc.

aujourd'hui. Il est même probable que le globe tout entier est encore un globe de substances liquides, fondues par la chaleur intense qui brûle sous nos pieds, et que la couche solide de ce globe, la croûte qui l'enveloppe et sur laquelle nous habitons, n'a pas plus de dix lieues d'épaisseur. La Terre ressemble à un mince globe de verre d'un mètre de diamètre rempli de métaux en fusion. S'il n'y avait pas «juelques ouvertures, c'est-à-dire quelques volcans pour laisser échapper les vapeurs, il serait possible que ce globe éclatât.

En nous éloignant dans l'espace, nous pourrions mieux juger de la valeur de la Terre comme astre. Dès la distance

LE GLOBE TERRESTRE

(lo la Lune, moins de 100 000 lieues, la Terre nous apjjaraUrait comme celle-ci nous apparaît, non moins lumi-

ta-

neuse, et beaucoup plus grande. Â dix fois cette distance, ou 1 million de lieues, la Terre aurait encore à l'œil nu un disque appréciable, sa lumière serait intermédiaire entre

celle de la Lune et celle des étoiles. Dix fois plus loin encore, c'est-à-dire à la distance de l'orbite de Vénus, on verrait la Terre sous la forme d'une belle étoile de première grandeur, sans disque appréciable, comme un point brillant, à peu près dans Téclat dont brille à nos yeux Jupiter. Mais si l'on s'éloignait davantage, la Terre, élevée du rang de globe obscur à celui d'étoile de première grandeur, descendrait ensuite de grandeur en grandeur jusqu'au dernier ordre de la visibilité, et se perdrait enfin pour toujours dans les profondeurs de l'invisible. — Il n'est pas nécessaire d'ajouter que l'éclat dont elle aurait brillé et dont elle resplendit dans l'espace n'est autre que la lumière que nous recevons du Soleil, et qu'on la verrait sous toutes les phases possibles, selon qu'on regarderait en plein sa face éclairée, ou par côté, ou obliquement en tournant jusqu'à son hémisphère opposé au Soleil.

Quelle est la grosseur réelle de ce globe? Représentezvous un gigantesque dé à jouer, dont chaque arête mesurerait un kilomètre de lomx' vous aurez là un volume de 1000 mètres cubes. Pour former un volume égal à celui de la Terre, il faudrait entasser 1000 milliards de ces kilomètres cubes.

Quel est son poids? Nous l'avons déjà entrevu en parlant du poids du Soleil. Pour l'exprimer en kilogrammes, il faut une rangée de vingt-cinq chiffres ;

5875 000 000 000 000 000 000 000 kilogrammes.

Autour de ce globe repose une enveloppe aérienne, comme

ce duvet léger dont les pêches non flétries par la main des

hommes sont délicatement enveloppées. Celte enveloppe

pèse

6263 000 000 000 000 000 kilogrammes :

ce n'est que la millionième partie du poids de la Terre entière. Chacun de nous porte sur ses épaules une pression

LE GLOBE TERRESTRE

de 16000 kilogrammes. — Disons en passant que si cette pression, toute respectable qu'elle est, n'est pas sensible pour nous, c'est qu'elle est contre-balancée par une pression égale exercée dans tous les sens par le fluide aérien dont notre corps est comme imbibé.

La surface de la Terre est d'environ 510 000 000, de kilomètres carrés. Il faudrait à peu près mille Frances pour couvrir la superficie entière du globe, et pourtant (soit dit sans vanité) notre pays représente un peu plus que la mil-

fig. 68.

La verticale. — La sphère. — Les aulipodes.

lième partie de l'importance du globe : intellectuellement, il en forme bien le quart à lui tout seul. De cette étendue, l'Océan domine sur 58 5'20 000 kilomètres carrés : 15 660 000 seulement restent à la terre ferme. Il n'v a donc que le quart de la Terre qui soit habitable pour nous; le reste demeure caché dans le sein des ondes.

La surface des eaux tranquilles définit en cliaque lieu ce que l'on appelle la surface géométrique de la Terre : c'est celle de l'Océan, supposée prolongée de manière à couvrir

Ja totalité du globe terrestre. On sait que cette surface est sensiblement sphérique. 11 suit de là que les diverses verticales vont aboutir au centre de la Terre. La figure 68 montre la position relative de quelques verticales CZ, CZ', CZ"; on voit évidemment qu'elles forment entre elles des angles égaux à la distance angulaire qui sépare les lieux correspondants, distance qu'il est toujours facile de calculer.

Dans un môme lieu, les verticales, à raison de la distance considérable du centre de la Terre, doivent être considérées comme véritablement parallèles. Cherchons, par exemple, l'angle formé par deux vei'ticales situées à 1 mètre de distance. On sait (jue 10 millions de mètres correspondent au quart de la circonterence terrestre, c'est-à-dire à 90 degrés; une longueur de 1 mètre représente donc une dis-

tance angulaire égale à -^^f^^^^f^^^^^ c'est-à-dire à -^^ do

seconde environ, quantité complètement inappréciable, même avec nos instruments les plus parfaits. Il convient de remarquer, d'ailleurs, que le parallélisme des verticales dans un même lieu est un l'ait physique complètement indépendant de toute connaissance préalable de la figure de la Terre; on peut s'en assurer directement par les moyens ordinaires.

La Terre tourne autour du Soleil, dans un mouvement de translation analogue à celui (jue nous avons remarqué chez toutes les planètes. C'est ce mouvement qui constitue son année. Son autre mouvement de rotation sur elle-même, que l'o.i peut comparer à celui de la tou[)ie (|ui pirouette tout en décrivant des cercles dans sa marche générale, constitue sa période diurne, son jour. C'est à ce second mou\ement que l'on doit l'illusion du mouvement apparent de tous les astres autour d'elle.

Tout ce que nous avons dit sur le mouvement diurne des étoiles autour de l'étoile polaire, sera facilement compris si l'on réfléchit que cette étoile se trouve dans le prolongement

LE GLOBE TERRESTRE

(le l'axe de la Terre. La Terre tournant, je suppose, de gauche à droite de la ligne des pôles, tous les objets situés en dehors d'elle, c'est-à-dire les astres, paraîtront tourner de droite à gauche, en sens opposé du mouvement qui nous emporte. Quand vous vous trouvez en wagon, si vous oubliez la marche du train, les objets de la campagne fuiront en arrière sous vos yeux, et si vous ne saviez pas de façon très

23 Sept.

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