‹ Les merveilles célestes, lectures du soirChapitre 6 sur 47 · L'ESPACE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

L'ESPACE UNIVERSEL

temps nous marchons en d'autres domaines, inconnus, inexplore's. Nulle pensée n'est capable de suivre le chemin parcouru ; les milliards joints aux milliards ne signifient plus rien; à l'aspect de cette étendue prodigieuse l'imagination s'arrête, anéantie.... Eh bien, et c'est ici le point merveilleux du problème, nous n avons pas avancé cl un seul pas dans Vespace.

Nous ne sommes pas plus rapprochés d'une limite que si nous étions restés à la même place ; nous pourrions recommencer la même course à partir du même point oii nous sommes, et ajouter à notre voyage un vovage de même étendue; nous pourrions joindre les siècles aux siècles dans le même itinéraire, dans la même vitesse, — continuer le voyage sans fin ni trêve ; — nous pourrions nous diriger vers quelque endroit de l'espace, que ce soit à gauche, à droite, en avant, en arrière, en haut, en bas, dans tous les sens ; et lorsque, après des siècles employés à cette course vertigineuse, nous nous arrêterions fascinés ou désespérés devant l'immensité éternellement ouverte, éternellement renouvelée, nous reconnaîtrions, stupéfaits, que notre vol séculaire ne nous a pas fait mesurer la plus petite partie de l'espace, et que nous ne sommes pas plus avancés qu'à notre point de départ. En réalité, c'est l'inlini qui nous enveloppe : nous pourrions voguer pendant l éternité sans jamais trouver autre chose devant nous qu'un infini éternellement ouvert.

Il suit de là que toutes nos idées sur l'espace n'ont qu'une valeur purement relative. Lorsque nous disons, par exemple, monter au ciel, descendre sous la terre, ces expressions sont fausses en elles-mêmes, car, étant situés au sein de l'infini, nous ne pouvons ni monter ni descendre : il n'y a ni haut, ni bas ; ces mots n'ont qu'une acception relative à la surface terrestre que nous habitons.

Nous devons donc nous représenter l'univers comme une étendue sans bornes, sans rivages, illimitée, infinie, dans le sein de laquelle planent des soleils comme celui qui nous

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éclaire et des terres comme celle qui se balance sous nos pas. Ni dôme, ni voûte, ni limites d'aucune espèce : le vide dans tous les sens, et dans ce vide infini une quantité prodigieuse de mondes, que bientôt nous allons décrire. C'est cet espace universel que l'auteur du Génie de V homme, ChênedoUé, a voulu célébrer, lorsqu'il exprimait les remarquables pensées qui suivent :

Oui, quand je m'armerais des ailes de l'Aurore, Pour compter les soleils dont le ciel se décore, Quand, de l'immensité sondant les profondeurs, Ma pensée unirait les nombres aux grandeurs: Sous ces gouITres sacrés égarant mon audace. Quand j'userais le temps à mesurer l'espace, Je verrais s'écouler les siècles réunis, Et pressé, sans espoir, entre deux infinis. Je me serais toujours écarté de moi-même, Sans jamais m'approcher de ce vaste problème.

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ORGANISATION GÉNÉRALE DE L'UNIVERS

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