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LIV. IV. CHAP. II. MOSQUÉE D'ACHMET

«Les versets du Koran circulent aussi autour des coupoles et des dômes, le long des corniches; motif d'ornementation imité de l'Alhambra, et auquel se prête admirablement l'écriture arabe avec ses caractères qui ressemblent à des dessins de châles de Cachemire. Des claveaux alternativement blancs et noirs bordent les voussures des arcades ; le rnirhab, qui désigne l'orientation de la Mecque, et où repose le livre saint, est incrusté de lapis-lazuli, d'agate, de jaspe; il s'y trouve môme, dit-on, enchâssé, un fragment de la pierre noire de la Kaaba, relique aussi précieuse pour les musulmans qu'un morceau de la vraie croix pour les chrétiens. C'est dans cette mosquée que l'on conserve l'étendard du prophète, qui ne se déploie, comme l'oriflamme sous la vieille monarchie française, qu'aux occasions solennelles et suprêmes.

« Un nimbar coiffé de son abat-voix conique ; des mustachés ou plates -formes soutenues de colonnettes d'où les muezzins appellent les croyants h la prière, des lustres garnis de boules de cristal et d'œufs .d'autruche, complètent la décoration, qui est la même pour toutes les mosquées. »

§ 5. Monuments arabes et mongoliques dans Tlude.

L'islamisme fitinvasion dans l'Inde avec les Afghans et les Mongols, proches parents des Turcs et origi-

naires des mômes pays. Les palais, le5 tombeaux et les mosquées arabes ne tardèrent pas k s'épanouir sur cette terre de l'éternel printemps, comme des fleurs inaltérables. L'art indien sortit de ses grottes saintes et, animé d'une vie nouvelle, se greffa sur les colonnes grêles et les baies trilobées.

Des notes qu'un voyageur a publiées dans le Magasin pittoresque nous font entrevoir les magnificences ruinées de Dehli.

a Des ruines immenses nous annoncent que nous approcbons de Delhi. Le paysage est nu, sévère; il rappelle la campagne de Rome. Nous traversons les débris innombrables et gigantesques du vieux Delhi, bAti par les Patans, c'est-à-dire par les conquérants afghans, alors que le Delhi hindou, plus ancien encore, commençait à dépérir. Le troisième Delhi, la cité moderne, est l'œuvre des Mogols, en d'autres termes des Tartares turcomans, dont l'origine est la même que celle des Turcs. Parmi les temples, les palais, les forteresses, les tombes dont les restes abandonnés couvrent le sol à perte de vue, on nous signale le célèbre pilier ou minaret Koutab, nom dérivé de Koutaboudin (étoile polaire de la religion), nom du premier souverain des Patans ou Afghans. La base de ce curieux monument a près de 44 mètres de circonférence ; sa hauteur était, dit-on, de 97 mètres environ avant que la foudre ne l'eût mutilé ; elle est encore aujourd'hui deprès de 65 mètres.

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