LIV. V. CHAP. I. CRYPTE DE SAINT-EUTROPE
oblong qui la précède, on distingue les traces des piliers. C'est l'espace compris entre les transsepts, dont l'un porte la flèche, qui forme la façade. Enfin, il ne reste plus de l'édifice roman que la croisée du transsept et quatre travées du chœur, accompagnées d'un étroit collatéral. L'abside allongée, à lancettes, est du quinzième siècle.
Malgré ces disparates et ces mutilations, Saint- Eutrope est le type d'une des variétés de l'art roman. La voûte du chœur est en berceau; des arcs doubleaux, simples, carrés, la soutiennent et portent sur de hauts piliers. Les arcades ont pour points d'appui de courtes colonnes, posées sur les chapiteaux d'autres colonnes plus longues et latérales aux piliers.
A l'extérieur , il reste une haute paroi romane dont on admire les élégantes arcatures et les colonnes engagées. Les étages y sont marqués par de minces frises enrichies de fleurons circulaires. On voit encore à la suite du mur une belle rotonde à baies également ornées : c'était la chapelle latérale de l'abside primitive , sans doute formée de trois rotondes pareilles.
La crypte de Saint-Eutrope, où l'on descendait par le transsept, au milieu de l'église, se prolonge sous le chœur et l'abside et prend jour par des cintres qui garnissent à l'extérieur le pied de l'édifice. On y entre aujourd'hui sur le côté gauche de l'église, et
l'on remarque tout d'abord d'informes piliers noyés dans la maçonnerie au quinzième siècle, comme le prouve une inscription qui tient lieu de chapiteau.
Quand les yeux se sont habitués au demi-jour, l'ensemble lourd, massif, sévère, se dégage de l'ombre et commande tout d'abord le respect On est en face d'une construction qui ne peut être postérieure au onzième siècle.
La grande nef assied sur douze magnifiques piliers garnis de quatre colonnes des voûtes épaisses aux arêtes déjetées par le temps et le poids de la masse supérieure. Les chapiteaux présentent de robustes entrelacs, des feuillages et des animaux difformes. Sur toute la muraille intérieure, autour des collatéraux, des piliers engagés répondent à ceux de la nef, mais leurs chapiteaux semblent avoir été refaits au quatorzième siècle.
Le chœur est terminé par des arcades surhaussées. Les nervures de la voiUe y descendent en lourdes lancettes absolument nues, aux arêtes carrées, robustes et puissantes.
La crypte de Saint-Eulrope est, sinon la plus grande, du moins la plus belle que nous ayons vue.
Pour ne plus revenir à Saintes, nous indiquerons ici une vaste église romane, d'une époque un peu postérieure, construite dans le goût qu'on a appelé roman pcurl. Elle sert aujourd'hui de caserne et mé-
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