‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 111 sur 191 · LIV. V. CHAP. I. ST-HILAIRE DE POITIERS · texte numérisé non relu

LIV. V. CHAP. I. ST-HILAIRE DE POITIERS

riterait mieux. On la nomme l'Abbaye ou Saint- Palais.

Son vaisseau, qui peut mesurer cent mètres de longueur, est coupé en deux par une cloison. Les trois nefs sont réduites à une seule par l'addition d'une large et haute voûte (du quinzième siècle) qui s'appuie sur quatre colonnes géantes. L'abside seule est parfaitement conservée. Les nefs latérales, fort étroites, communiquaient au transsept, où elles s'arrêtaient, par des baies ouvertes dans l'épaisseur des piliers.

La façade est intéressante par les nombreux ressauts de ses trois arcades à plein cintre. Elle est très-ornée d'animaux et de personnages assis, dont les genoux forment l'arête des arcs.

Mais ce qu'elle a conservé de plus beau , c'est sa lanterne, ou tour à deux étages, le premier carré, l'autre circulaire, percés chacun de douze arcades géminées à plein cintre, et que surmonte une toiture conique en pierres imbriquées.

L'Abbaye appartient, sans doute, à la un du douzième siècle, époque de transition entre la lourdeur romane et l'exhaussement gothique.

§ 4. Saint-Hilaire et Notie-Dume de l'oiticis (onzième et douzième siècles).

Saint-Hilaire, l'une des églises les plus considérables de Poitiers, a été dédiée en 1049. Aujourd'hui

elle est diminuée de près de moitié par la suppression de la plus grande partie de sa nef; de plus, des constructions ajoutées successivement ont altéré la disposition primitive.

Notons tout d'abord les caractères les plus saillants, au dehors et au dedans. « En dépit d'un usage presque constant, les absides ou les chapelles orientales (jui s'y joignent sont en nombre pair. Il y en a quatre, adossées comme des tourelles à la partie courbe du chœur, en sorte que l'axe de l'église passe entre deux absides. Au lieu de contre-forts, ce sont de longues et fortes colonnes qui flanquent les angles de ces chapelles. Les colonnes sont groupées trois par trois et surmontées de beaux chapiteaux variés, ayant cependant ce rapport, que leurs ornements se composent de rinceaux ou de feuillages fantastiques sans monstres ni figures de bas-relief. » (Mérimée.)

Le chœur est exhaussé sur treize marches et entouré d'arcades inégales en largeur, bizarrerie qui ne déplaît pas aux yeux. Les chapiteaux y sont trèssimples, en forme de cône renversé, avec quelques volutes peu saillantes sous les angles du tailloir. Le goût byzantin se fait sentir là.

L'exhaussement du chœur donne nécessairement aux transsepls une grande hauteur, et force leurs appuis à un élancement qui pourrait nuire à leur solidité, sans un artifice assez singulier dont M. Mérimée rend compte ainsi :

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