‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 113 sur 191 · LIV. V. CHAP. I. NOTRE-DAME DE POITIERS · texte numérisé non relu

LIV. V. CHAP. I. NOTRE-DAME DE POITIERS

position ordinaire qui faciliterait l'écoulement des eaux.... Les costumes des innombrables figures sculptées sur ce magnifique portail paraissent plus modernes que ceux de Saint-Gilles. (Nous en parlons plus loin.)

«L'intérieur de Notre-Dame semble plus ancien que son portail. La forme est celle -d'une basilique, et le transsept n'est indiqué que par une voûte plus large que longue, entre la nef et le chœur, resserrée en outre par des arcs doubleaux très-saillants. (Il faut noter la forme rare de cette voûte, dont l'arc est moindre qu'un demi-cercle.) La nef est longue pour sa largeur, et ses bas côtés sont remarquablement étroits. Les piliers carrés portent une colonne engagée sur chaque face, terminée par un chapiteau en cône tronqué, renversé, sans autre ornement qu'une petite volute sous les angles du tailloir. (Cette forme est très-commune en Poitou.) Dans le chœur, les chapiteaux ont, en général, leurs corbeilles chargées de rinceaux, de feuillages, quelquefois de monstres. Un seul offre une composition de basrelief.

«L'aspect de l'église a été sensiblement altéré par la construction de chapelles du quinzième siècle autour du chœur, et d'autres attenantes au collatéral du nord. Leur architecture, qui aie défaut de s'accorder fort mal avec la sévérité du roman primitif, est en elle-même fort médiocre. ••

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Notre-Dame de Poitiers est, par sa somptueuse et élégante façade, l'un des types de ce roman fleuri que nous avons rencontré à Saintes, à Angoulème, et dont M. iMérimée trouve le modèle à Saint-Gilles. On oppose d'ordinaire le roman fleuri au roman primitif. Celui-ci est la déformation selon le goût occidental de l'architecture classique ; celui-là ajoute au style primitif une ornementation riche, variée, qui tient la place des mosaïques byzantines, et en reproduit souvent la barbarie dans une foule de statues engagées, de bas-reliefs et de frises courantes. Le roman fleuri est donc précisément cette fusion que nous avons plus haut signalée entre le goût de l'occident et le style byzantin. Ainsi plus lard nous verrons sortir la Renaissance d'un mélange analogue entre les traditions gothiques et le goût italien.

Le roman fleuri règne généralement au midi et au sud-ouest de la France durant le douzième siècle et les premières années du treizième.

Ce style a été employé dans toutes sortes d'édifices ; et l'un des plus beaux spécimens qui en reste a été découvert dans la cour de la préfecture d'Angers. Ce sont de grandes baies à plein cintre richement sculptées dans leurs voussures et qui semblent avoir appartenu aux galeries d'ini monastère.

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