‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 130 sur 191 · LIV. V. CHAP. II. BOURGES · texte numérisé non relu

LIV. V. CHAP. II. BOURGES

par vingt-trois fenêtres disposées en spirale. Malgré la profusion d'ornements, les clochetons, les pinacles, les larges moulures qu'on voit aux différentes divisions de cette tour, son aspect est totalement dépourvu de noblesse et d'élégance, et, lorsqu'on l'examine à distance, il est impossible, à travers la forêt de clochetons qui l'environne, de reconnaître son profil. Cette confusion dans la décoration, et surtout sa forme trop sensiblement pyramidale, lui ôtentde la hardiesse sans lui donner l'apparence de la solidité. »

Les portails latéraux trouvent M. Mérimée plus indulgent; ils appartiennent à ce style roman fleuri si séduisant qui unit la solidité antique aux tendances ornementales qui prévaudront avec la Renaissance, L'un et l'autre « sont en plein cintre, divisés en deux vantaux par un pilier sur lequel s'appuie un large bandeau d'imposte; au-dessus, un tympan couronné de bas-reliefs.. . Colonnes à fûts guillochés, chapiteaux historiés, riches archivoltes, tout cela est commun aux deux portails. Les figures longues et roides, revêtues de draperies à plis fins et serrés, les costumes d'une richesse extrême et d'une forme orientale, rappellent d'une manière frappante les statues de la porte royale de Chartres ou du portail sud de Saint-Julien, au Mans. Il est impossible d'y méconnaître le style byzantin fleuri, et toute personne familiarisée avec la sculpture du moyen âge

n'hésitera pas à fixer leur date vers la fin du douzième siècle. Les deux portes sont précédées d'un porche ouvert de trois côtés et d'un style tout à fait différent, du moins quant aux détails. Chacune de ses faces présente un grand arc en plein cintre, qu'un pilier, formé de quatre colonnettes groupées, divise en deux arcades à cintre trilobé. Une rose à six lobes occupe le haut du tympan. A côté de ces arcs à plein cintre on observe avec surprise les chapiteaux des colonnes ornées de feuillages ou de crochets bien évidemment gothiques. On en voit môme quelquesuns avec le double bouquet du quatorzième siècle, et le contraste est frappant entre ces chapiteaux si caractéristiques, et ceux des colonnes byzantines qui les touchent. »

L'aspect majestueux de ses cinq nefs, la mystérieuse beauté de sa crypte , les deux portes latérales, enfin les cinq grandes baies de sa façade, font de Saint- Etienne , malgré des imperfections et des disparates nombreuses, l'une des plus belles églises de France. Sans défauts, elle serait sans rivale.

De toutes ses parties, les deux porches exceptés, a il n'en est aucune qui ne se rattache pas au style gothique : on le trouve primitif dans la crypte et le chœur, » qu'on peut attribuer à la fin du douzième siècle; « un peu plus orné dans la nef, fleuri dans le portail; enfin sur son déclin dans les parties supé-

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