‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 132 sur 191 · LIV. V. CHAP. II. REIMS · texte numérisé non relu

LIV. V. CHAP. II. REIMS

plus fières, plus solides, plus étonnantes, que nous rencontrons en assez grand nombre dans l'époque romane et dans l'âge gothique lui-même. Amiens, Chartres, Bourges, Paris même, pour ne citer que les plus dignes rivales de Reims, présentent des caractères plus particuliers et attirent plus invinciblement l'admiration. Reims est un type, il est vrai, mais il semble qu'une pensée plus individuelle ait marqué de son sceau l'ensemble et les détails des églises que nous venons de rappeler. Rien, dans l'art gothique n'égale les façades d'Amiens, de Chartres, de Paris, soit en hauteur, soit en noblesse, soit en inébranlable majesté. L'élancement des voûtes d'Amiens, la largeur des nefs de Paris et de Bourges, avec leurs forêts de piliers, ne se retrouvent pas non plus dans la cathédrale de Reims.

Le plan est celui de la croix latine. Le transsept, très-rapproché du chevet, a forcé le chœur à déborder sur trois travées de la nef. Une clôture en pierre et un jubé plein de festons, qui séparaient l'officiant de la masse des fidèles, ont été détruits; mais l'église qu'ils embellissaient en était probablement diminuée dans sa longueur, qui est le plus grand mérite de son plan ; c'est de quoi modérer nos regrets. Le chevet est entouré de sept chapelles; mais les bas côtés et la grande nef en sont complètement privés. L'architecte s'est volontairement retiré ce moyen d'élargir la perspective et d'orner, de varier

runiformité des murailles ; toujours tourné vers la longueur, il supprime tout ce qui peut arrêter le regard sur les côtés ; il veut que' le spectateur parcoure d'un seul coup d'œil les rangées de colonnes, la voûte et l'abside qui semble fuir dans la profondeur. Un grand nombre de fenêtres et quatre roses « qui pour la plupart ont conservé leurs verrières du treizième siècle, » jettent sur la longue avenue centrale toutes les nuances du prisme, heureusement fondues dans un jour pourpré comme le soleil coucbant.

Quatre colonnes assemblées autour d'un fort noyau cylindrique portent sur leurs chapiteaux ornés de volutes recourbées un faisceau de colonneltes destinées à soutenir les nervures de la voûte. Ces groupes élégants coupent verticalement l'édifice de lignes simples et nobles. Au-dessus de la maîtresse arcade de chaque travée, court une galerie d'un goût sévère, composée d'une suite de petites colonnes coiffées de feuillages qui portent des cintres brisés très-élancés.

L'extérieur de la cathédrale est simple, peut-être un peu trop pour son étendue. Sans doute « la régularité des lignes, l'unité du style, la symétrie des proportions » seyent mieux à de vastes édifices que la profusion minutieuse et le luxe des ornements. Mais ici, ces qualités, que nous reconnaissons volontiers au pourtour de la cathédrale, s'accordent-elles bien avec la richesse proverbiale de la façade, richesse

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