LIV. V. CHAP. II. STRASBOURG
écarts du goût douteux qui nous a donné le gothique fleuri et le flamboyant.
§ 5. Cathédrale de Strasbourg.
La cathédrale de Strasbourg est surtout célèbre par sa façade et sa flèche. Pour éviter un désenchantement, nous décrirons d'abord l'intérieur, qui ne peut se comparer aux vaisseaux d'Amiens, de Chartres, de Reims, de Paris, de Bourges; nous en serons plus libres pour admirer son portail et son clocher sublime.
« Nous n'avons point ici ces vastes nefs accompagnées de latéraux, interrompues par le transsept et se prolongeant autour du rond-point dans une perspective admirable. Nous ne sommes point frappés par la hardiesse des voûtes, par la succession des arceaux gothiques, parla majesté du chœur et des chapelles absidales. » (L'abbé Bourassé.) Le chœur surtout est nu et petit; le pan de mur qui termine le chevet n'a rien de pareil aux grandes absides polygones ou circulaires. Toutefois il faut rendre hommage aux magnifiques vitraux, qui datent du treizième siècle, à la coupe ingénieuse des piliers, aux chapiteaux délicatement sculptés, et ornés aux angles de belles volutes végétales. On admire, dans l'aile méridionale, le pilier des anges où trois étages de sta-
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tues de grandeur naturelle alternent avec des colonnes engagées.
« Deux chefs-d'œuvre isolés réclament notre attention, la chaire et le baptistère. Celui-ci fut exécuté en pierre sur les dessins de Jodo-iue Dotzinger, en 1453. L'art du quinzième siècle, si fécond, si varié, y a répandu d'une main prodigue toute la richesse de ses ingénieuses combinaisons. » C'est un ouvrage d'orfèvrerie en pierre. « La chaire est encore une belle conception du quinzième siècle (i486). » On y retrouve les formes contournées, capricieuses, du gothique flamboyant, décadence dans les ensembles, progrès dans les détails.
La crypte, située sous le choeur, est très-ancienne ; ses colonnes trapues et ses chapiteaux cubiques, en reportent la date au dixième ou onzième siècle. Il existait alors, au-dessus de la crypte, une basilique romane dont les parties basses du chœur sont l'unique débris. Les étages supérieurs appartiennent soit au style de transition, soit au gothique du treizième siècle.
a La première i)iurre du portail fut posée en 1277, et cette construction fut entreprise et dirigée par le célèbre architecte Erwin, né à Sleinbach, petite ville du duché de Bade; » son lils Jean, sa fille Sabine, qui sculpta plusieurs statues au portail méridional, ne doivent pas être oubliés. L'ours noms, ainsi que celui de Jean liiilLz, « qui termina la flèche, en 1439,
Cathédrale de Strasbourg