‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 140 sur 191 · LIV. V. CHAP. III. GARCASSONNE · texte numérisé non relu

LIV. V. CHAP. III. GARCASSONNE

du point le plus attaquable, à faire dévier le bélier ou à présenter une plus forte résistance à la sape. »

De la porte Narbonnaise, on peut traverser la cité par une rue étroite et tortueuse qui conduit à la citadelle, ou bien cheminer à l'ombre entre les deux enceintes. C'est du côté du nord que se voient les constructions les plus anciennes, longtemps attribuées aux Romains et qui remontent sans doute au temps des Visigoths, entre le cinquième et le sixième siècles. « Cependant, il y a tout lieu de croire que l'enceinte des Visigoths fut bâtie sur les murs romains; presque toutes les bases des tours des Visigoths sont carrées, et paraissent être, autant par leur forme que par leur espacement et la nature des constructions qui les composent, les souches des tours romaines. Du côté du midi, on retrouve des soubassements de tours, faites en blocs de pierres énormes, posés à vifs, et qui semblent avoir été arrondis très-grossièrement par les Visigoths lorsqu'ils les couronnèrent par des maçonneries en petits moellons, en briques et en blocages. » {Monum. historiques.)

« Toute la construction visigothe est élevée par assises de petits moellons cubiques de 0"",10 à 0'",12 de côté environ, avec des rangs de briques alternés. De larges baies en plein cintre sont ouvertes dans la partie cylindrique de ces tours, du côté de la campagne, à la hauteur du terre-plein de la ville, et étaient

garnies de volets de bois horizontaux à pivots; elles tenaient lieu de raeurtrières. ('.es tours ainsi que les ■ courtines sont pleines dans leur partie inférieure et jusqu'à la hauteur de 6 à 7 mètres. Les salles les plus basses sont au niveau du terrassement de la ville. Des escaliers pratiqués de chaque côté des tours montaient du terrassement sur les chemins de ronde, et de ceux-ci, on entrait dans les salles inférieures des tours par deux portes en plein cintre, fi^rmées de barres et défendues par une petite fosse et un pont volant. Un escalier de bois mettait, à l'intérieur des tours, les étages inférieurs en communication avec le crénelage supérieur, qui était ouvert du côté de la ville. » {Ibid.)

« La solidité de ces vieilles murailles est extraordinaire. Une des tours a été ruinée, probablement par l'effet d une mine, telle qu'on les faisaitavant l'invention de la poudre, c'est-à-dire en pratiquant sous les murailles une excavation qu'on soutenait par des arcs-boutants de bois, auxquels on mettait le feu. En se réduisant en cendres, ils entraînaient la ruine des constructions au-dessus. Cette tour est fendue en deux morceaux seulement, dont l'un est tombé tout d'une pièce. » (Mérimée.)

Carcassonne fut le dernier refuge des Visigoths ; leur occupition finit au commencement du huitième siècle. On ne sait guère ce qu'il advint de (larcnssonne jusqu'en 1100; mais à dater de là.

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