LIV. V. CHAP. III. CARCASSONNE
des constructions importantes furent entreprises, entre autres la citadelle, dont les fenêtres géminées appartiennent visiblement à la première moitié du douzième siècle. Emportée d'assaut en 1209 et en 1240, l'enceinte fut doublée et étendue en pointe vers le sud-ouest par saint Louis et Philippe le Hardi. Il ne restait plus debout au treizième siècle, des murailles visigothiques, que les cinq tours que nous avons signalées au nord, et dans l'enceinte intérieure, la seule qui existât avant cette époque. Les autres n'avaient laissé que des bases et des ruines ; Philippe le Hardi y assit de nouvelles défenses, qui sont des modèles de construction, et demeureraient intactes si le temps seul s'était chargé de les détruire. Mais la plupart des couronnements ont été dégradés par les habitants.
Après la porte Narbonnaise, le puissant massif de la tour du Trésau, et les débris des Romains et des Goths, nous avons surtout remarqué » la tour carrée dite de l'Évêque. Cette tour commande les deux enceintes, et pouvait, sur ce front, couper la communication entre la partie sud et la partie nord des lices... Elle est fort belle, admirablement construite, fièrement plantée à cheval sur les deux enceintes dont elle rompt les lignes. De môme qu'elle coupait la communication du chemin de ronde des lices, elle interrompait aussi la circulation sur la coursière supérieure des courtines, car pour aller de la courtine
nord à la courtine sud, il fallait traverser cette tour et forcer deux portes. »
Au contraire, les tours de la Peyre, de la Vade et du Grand-Brulas, ne communiquent pas avec les courtines, « et forment comme autant de forts détachés , du côté où la cité était le plus accessible.
« Depuis 1855, des travaux de restauration et principalement de consolidation ont été entrepris sous la direction du comité des monuments historiques.
<t II n'existe nulle part en Europe un ensemble aussi complet et aussi formidable de défenses des sixième et huitième siècles, un sujet d'études aussi intéressantes et une situation plus pittoresque. Tous ceux qui tiennent à nos anciens monuments, qui aiment et connaissent l'histoire de notre pays doivent désirer voir achever l'œuvre de conservation entieprise par le gouvernement ; et déjà dans le Midi, Carcassonne, à peine visitée autrefois, est devenue le point d'arrêt de tous les voyageurs. »
Çj *?. Murailles et donjon de Provins.
L'enceinte générale de Provins comprend la Villebasse et la Ville-haute ou Chûtel. Son périmètre est de 3630 toises. Nous ne nous arrêterons pas aux murailles de la Ville-basse, qui n'oflVent ni rélévalion ni la variété de la partie haute, et dont chaque jour voit disparaître les tourelles, rasées ou démolies.