‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 143 sur 191 · J.IV. V. CHAP. III. PROVINS · texte numérisé non relu

J.IV. V. CHAP. III. PROVINS

basse, par une suite de murailles et de forts bâtis sur des escarpements. Ce n'est pas tout. Les comtes avaient séparé du reste de la citadelle leur palais avec l'église et le cloître de Saint- Quiriace, qui occupaient la pointe du promontoire. Une tour puissante, rattachée aux murailles, qui servait de prison et de défense, s'élevait à quelque cent mètres du palais.

Une motte d'un diamètre considérable, plus haute que les rues environnantes, sert de support au donjon. La tour est élevée sur un soubassement carré, bâti en moellons bruts et d'un appareil irrégulier, toujours destiné, sans doute, à être enfoui, et qui est noyé dans un fort retroussis en forme de terrasse, nommé Pâté aux Anglais. Cette maçonnerie extérieure, de forme à peu près circulaire, fut exécutée en 1432, après la prise de Provins par les Anglais.

La tour passe bientôt du carré à l'octogone ; et sur les quatre pans coupés s'appliquent des tourelles rondes, légèrement engagées jusqu'à une hauteur d'environ sept mètres, où elles se détachent du corps du donjon pour ne pas interrompre un chemin de ronde extérieur. Trois mètres plus haut, elles se rattachent à la masse par des appuis en forme d'arcsboulants, et se terminent par une plate-forme aujourd'hui couverte d'un toit conique. Le dernier étage de la tour est percé de six fenêtres carrées que M. de Caumont attribue au seizième siècle, sur les- ({uelles repose une couverture à huit pans. M. Bour-

3i50 MERVEILLES DE L'AHGHITEGTURE.

quelot pense que deux étages en retraite s'élevaient autrefois de la plate-forme supérieure. Tel qu'il est le donjon de Provins mesure aujourd'hui environ dix-huit mètres à la hase et s'élève à vingt-cinq.

La disposition intérieure de la tour est curieuse. M. ae Caumont signale , tout en se trompant sur leur véritable forme, les deux voûtes qui en couronnent les salles. Elles n'ont pas l'importance présumée ni l'énorme diamètre des voûtes de Coucy; mais comme elles existent encore, il est bon d'en indiquer les dispositions principales. Toutes deux ont une dizaine de mètres d'ouverture.

Celle du premier étage est une coupole basse dont la flèche n'est que de deux mètres et demi ; ellesappuie sur la muraille octogone et rachète inscnsil)lementles angles. Au second étage, comme les murs, percés de divers passages pour le service des tourelles, des guérites ou des escaliers, présentaient un appui moins solide, on eut recours, afin de diminuer la portée de la voûte, à quatre pendentifs voûtés qui retombent deux à deux sur des corbeaux placés dans le milieu des grands pans de l'octogone. On arriva ainsi à former un carré inscrit dans l'octogone et dont la coupole rachète insensiblement les angles, comme à l'étage inférieur.

Le donjon de Provins el surloul la double ligne austère de ses longues murailles entre les portes de Jouy et de Saint-Jean, constituent l'un des modèles

Page 1