LIV. V. CHAP. m. COUCY
sisté au temps et aux dévastations. Seules les constructions d'Enguerrand III, à peine ébranlées par la mine qu'y fit jouer Mazarin en 1652, « sont encore debout D et demeurent « une des plus imposantes merveilles de l'époque féodale; » Les matériaux, d'une excellente qualité, n'ont subi aucune altération ; les bâtisses étaient conçues de manière à durer éternellement, et les peintures intérieures, dans les endroits abrités , sont aussi fraîches que si elles venaient d'être faites.
« Aujourd'hui le château de Coucy, avec le petit bois qui Tentoure, fait partie du domaine de l'État. Depuis 1856 des travaux de consolidation et de déblaiement ont été entrepris. Des crédits assez importants ont été accordés pour reprendre les lézardes a qui compromettaient les murailles du grand donjon. » Les habitants de Coucy ne peuvent plus venir arracher les pierres du château, surveillé par un gardien demeurant dans son enceinte.
«La vue dont onjouit au sommet du donjon est des plus magnifiques ; on découvre la campagne depuis les plateaux boisés qui dominent la ville de Laon jusquesà la forêt de Compiègne, jusqu'à Noyon et Ghauny. » (\'iollet-le-duc, Description du château de Coucy.)
§ 5. Hôtels de ville de Belgique.
Les monuments civils élevés durant les derniers siècles du moyen âge ne manquent ni à la France ni à l'Italie. Mais ils abondent surtout en Belgique où la vie municipale et industrielle l'emporta toujours sur le zèle religieux; non que Bruxelles, Anvers, Bruges, ne possèdent d'admirables églises; mais les vrais types de l'art s^cré sont en France. Ce qui frappe tout d'abord dans les merveilleux hôtels de ville de Louvain et de Bruxelles , c'est leur ressemblance avec les églises ; le culte des intérêts communs est revêtu d'une pompe égale à celle qui accompagne le culte de la divinité.
Construit au milieu du quinzième siècle , l'hôlel de ville de Louvain semble une châsse gothique élevée en pierre sur des proportions gigantesques. Les sculptures, fines et délicates, conviendraient à une pièce en miniature, et les statuettes y sont si nombreuses que plusieurs heures ne suffiraient pas à compter celles qui décorent un seul côté.
La façade présente trois étages surmontés d'une galerie et d'une couverture où sont percés trois étages de lucarnes. Elle est composée de trois ordres au-dessus d'un soubassement en stylobate ; un perron à deux rampes donne accès à l'hôtel par deux portes. Dix fenêtres gothiques surmontées de contre-courbes