CHAPITRE I
SAlNT-riERRE DE ROME.
On rencontre, à Rome, de belles églises de la Renaissance et de l'âge moderne. Mais elles ne présentent ni l'intérêt des basiliques anciennes, plus ou moins restaurées, ni la grandeur de nos cathédrales romanes et gothiques , ni même la richesse et l'élégance de Saint-Eustache , Saint-Etienne-du-Mont, et d'autres édifices français des seizième et dix-septième siècles. Entr'autres Saint-Louis des Français, Le Jésus, où travaillèrent Jacques de la Porte et Vignole, sont assurément remarquables soit par leur grandeur, soit par leur façade et surtout par leurs ornements plus fastueux que beaux. Mais il est inu-
tile d'en parler quand la basilique de Saint-Pierre est là, qui les dépasse dans leurs qualités les plus éclatantes et les égale parfois dans leurs défauts.
a De tous les points de la campagne de Rome et des endroits élevés de la ville on aperçoit le dôme majestueux de Saint-Pierre; mais on n'en voit la façade que de près, lorsqu'on a traversé le Tibre sur le pont Saint-Ange. » (P. de Musset).
« A la sortie du pont Saint-Ange et lorsque l'on est au pied du chiteau , si vous vous tournez à gauche, vous apercevez la façade de l'église en perspective, de manière qu'il semble qu'on l'aille toucher de la main. Vous êtes tout étonné de voir ensuite l'intervalle qui vous en sépare et de grandes places que l'on n'avait pas aperçues d'abord. Cet intervalle et remplacement de l'église étaient autrefois occupés par le tombeau de Scipion, le cirque de Néron, et par un temple d'Apollon. » (Oe Brosses.)
L'ancienne l)asilique de Saint- Pierre menaçait ruine depuis longtemps, lorsque Jules II se décida à la reconstruire. Bramante, auquel il confm sa pensée, eut une conception grandiose, «Je placerai, dit-il, le Panthéon sur les voiHes du temple de la I^aix » (basilique de (Constantin). La première pierre fut posée en grande pompe le 18 avril 1506. En 1514, les hémicycles étaient terminés, et l'on avait voûté les quatre grands arcs qui devaient supporter le dôme; mais à la même époque, des lézardes s'étaient