LIV. VI. CHAP. I. SAINT-PIERRE DE ROME
massive façade que Charles Maderne avait substituée à celle de Michel-Ange. Comment éviter qu'ils ne paraissent trop grêles et n'en fassent ressortir davantage les défauts? Quelles proportions leur attribuer pour qu'ils ne soient pas écrasés par l'immense monument, et que cependant ils ne lui disputent point l'importance et n'attirent pas l'attention à ses dépens? Ces questions ont été admirablement résolues.
« Les portiques se développent en arc de cercle , à droite et à gauche de la place , mais à une certaine distance de la basilique , à laquelle chacun d'eux se rattache par une longue galerie fermée qui sert de transition, au physique et au moral ; d'une part, elle est de même hauteur et de même ordonnance que les portiques, et, de l'autre, elle participe de la fermeté de la façade. Elle se relie ainsi à ces deux constructions de la manière la plus satisfaisante. Cette disposition est une des plus remarquables que présente l'histoire de l'art. Les proportions sont d'ailleurs très -heureusement établies. Ainsi qu'il convenait en pareille position, elles sont considérables, puisque les colonnes n'ont pas moins de 12™, 90 de hauteur (il y en a quatre rangs de 32 chacun sur chaque demi-cercle: c'est 128 pour un côté et 256 pour les deux, formant trois allées dont celle du milieu est plus large) et toutefois, elles sont modestes comparativement à celles de l'éditice principal, de
manière à observer les lois de la hiérarchie. Les portiques sont vastes, la place est immense, et le monument n'en est pas amoindri, il s'en faut de beaucoup.
«La construction de Saint-Pierre deRome, abstraction faite des sacristies et de nombreuses mosaïques exécutées dans le cours du dix-huitième siècle, a duré plus d'un siècle et demi; a vu passer vingtdeux papes; a été dirigée successivement par treize architectes depuis Bramante jusqu'au Bernin; a exigé des dépenses qui, en 1693, s'élevaient, d'après les calculs de Charles Fontana, à la somme énorme de 251 450 000 francs, laquelle équivaudrait aujourd'hui au double environ soit en nombre rond à cinq cents millions. » (Lkonce Reynaud.)
Les dimensions sont colossales : la longueur à l'intérieur, le vestibule non compris, est de cent quatre-vingt-cinq mètres ; celle du transsept, du fond d un hémicycle à l'autre, est de cent trentesept mètres quinze centimètres ; la largeur de la • grande nef est de vingt-sept mètres trente centimètres; la voûte n'a pas moins de vingt-deux mètres soixante-quinze centimètres d'ouverture au droit des arcs douUleaux et sa naissance est placée à trente et un mètres vingt centimètres au-dessus du sol de l'église ; les piliers qui séparent la nef des bas cotés, n'ont pas moins de neuf mètres quarante-six cenlimètres de largeur; les arcades dont