‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 154 sur 191 · J.IV. VI. CHAP. I. SAINT-PIERRE DE ROME · texte numérisé non relu

J.IV. VI. CHAP. I. SAINT-PIERRE DE ROME

Statues, les peintures et tous les moi ifs de décoration. »

« Quelle impression, dit le président De Brosses, croyez-vous que vous fera le premier coup d'œil de Saint-Pierre? Aucune. Rien ne m'a tant surpris à la vue de la plus belle chose qu'il y ait dans l'univers, que de n'avoir aucune surprise; on entre dans ce bâtiment dont on s'est fait une si vaste idée ; cela est tout simple. Il ne paraît ni grand ni petit, ni haut ni bas, ni large ni étroit. On ne s'aperçoit de son énorme étendue que par relation, lorsqu'on considérant une chapelle , on la trouve grande comme une cathédrale; lorsqu'en mesurant un marmouzet qui est là au pied d'une colonne, on lui trouve le pouce gros comme le poignet. Tout cet édifice, par l'admirable justesse de ses proportions, a la propriété de réduire les choses démesurées à leur juste valeur. Si ce bâtiment ne fait aucun fracas dans l'esprit à la première inspection, c'est qu'il a cette excellente singularité de ne se faire distinguer par aucune. Tout y est simple, naturel, auguste, et par conséquent sublime. Le dôme, qui est à mon avis la plus belle partie, est le Panthéon (dAgrippa) tout entier, que Michel Ange a posé là en l'air tout brandi de pied en cap. La partie supérieure du temple, je veux dire les toits, est ce qui étonne le plus, parce qu'on ne s'attend pas à trouver là-haut une quantité d'ateliers, de lialles, de cou-

pôles, de logements habités, de campaniles, de colonnades, etc. , qui forment, en vérité, une petite ville fort plaisante.

« La nef n'a de chaque côté que quatre arcades divisées par cinq piliers, chaque arc portant deux statues assises sur le cintre ; chaque pilier, revêtu de deux pilastres composites cannelés, séparés par une niche. Ces niches sont destinées aux statues colossales des fondateurs d'ordres.... Les revètissements des piHers sont, pour quelques-uns, en marhre, la pluparlen stuc , chargés de bas-reliefs et d'ornements d'un grand goût. Dans les nefs collatérales, chaque division marquée par un des grands piliers forme une chapelle, ayant ses colonnes et sa coupole. D'autres chapelles fermées forment une double collatérale, qui ne paraît point, au coup d'œil intérieur, faire corps avec l'église, (l'est dans l'une de ces chapelles fermées, que les chanoines font l'oflice ; le grand chœur ne sert qu'aux grands jours pontificaux.

«La plupart des mausolées sont adossés aux piliers dans les nefs collatérales, (les mausolées sont de la dernière magnificence et du plus grand goût, surtout ceux de Grégoire XIII, de la comtesse Mathilde, de la reine Christine, de Léon XI, d'Innocent XI, et ceux de Paul III et d'Urbain VIII, au fond du chevet.

« Tout le pavé est de marbre de couleurs à beaux

tu

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