‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 156 sur 191 · LIV. VI. CHAP. I. SAINT-PIEHRE DE ROME · texte numérisé non relu

LIV. VI. CHAP. I. SAINT-PIEHRE DE ROME

pas dire moins de bien de la chaire de Saint-Pierre, soutenue par (juatre Pères de l'Église, surmontée d'un Saint-Esprit au milieu dune gloire rayonnante, accompagnée d'anges, le tout aussi.de bronze et d'un volume prodigieux. Elle est appliquée contre le fond du temple, où elle fait un merveilleux effet, surtout au coucher du soleil, lorsqu'il darde sa lumière au travers des vitres, par les vides de la gloire de cristal jaune. . . Je souhaiterais que vous pussiez voir un lidèle et joli tableau de toutrintérieur du temple t[ue vient de peindre Panini pour le cardinal de Polignac (de tableau est aujourd'hui au Louvre). Audessus du dôme, on trouve la lanterne; puis on s'insinue dans une espèce de colonne creuse, façon d'étui, contenant un escalier assez mal plaisant. De ce point, on monte dans la boule par une échelle de fer toute droite. Alors, on aperçoit, com.me Sancho Pança, la terre grosse comme un pois, et les hommes comme des feuilles de chêne qui marchent dessus. » (De Brosses.)

A toutes ces splendeurs, à la majesté de ses proportions, la basilique de Saint-Pierre joint quelques défauts très -grands et qui liennent, les uns à la conception même du génie de Miciiel-Ange, les autres aux modifications qu'y ont introduites ses successeurs.

Les premiers étaient sans doute inévitables, dans un système de construction qui n'établit point d'é-

3(5(1 MERVRTLLES DE L'ARCHITECTURE.

chelle entre le spectateur et l'édifice. M. Léonce Reynaud nous les a ÔC\\\ signalés ci-dessus. Il y a certainement uiH' (léception |)oui' qui enlie à Saiiil- Pierre sur la loi de ses lectures; et bien que toute impression défavorable soit promptement dissipée par tout ce qui est digne d'admiration, il faut toujours confesser que la grandeur de Saint-Pierre est nue, que sa richesse est monotone, que les sculptures y .sont plus som])tueuses, plus théâtrales que belles et augustes ( exceptons la Pieta de Michel- Ange); il faut enfin avouer encore que nos cathédrales gothiques et certains édifices byzantins présentent des beautés plus vives, plus pénétrantes, plus religieuses, que ce colo.sse Irop accessible à la portée de nos yeux.

Venons aux défauts partiels :

« Les piliers qui séparent la nef des bas côtés sont d'une largeur exagérée; ils ont le double inconvénient de paraître trop lourds, et de ne pas permettre à la vue de s'étendre dans toutes les parties de l'édifice.... Si ceux que Michel-Ange a élevés sont massifs, leurs proportions se motivent ])arfaitement par le dôme qu'ils ont à supporter.... .Mais ceux de la grande nef ne sont point dans les mêmes conditions, et auraient pu être traités dans un autre esprit.

• Que le grand architecte ait couvert par des voûtes en berceau les courtes branches de la croix grecque fi laquelle il s'était arrêté, il n'y a qu'à ap-

Page 1