LIV. VI. CHAP. II. LE LOUVRE
par l'État et un tiers par la ville. (1852, Moniteur, p. 1426.)
Un décret pour l'achèvement du Louvre et sa réunion au palais des Tuileries fut rendu par le président de la République, le 12 mars 1852; ce décret ouvrit un crédit de 25 millions et demi répartis sur les années 1852-1856 pour l'exécution des plans approuvés par le décret. M. Yisconti conduisait les travaux.
Enfin, en 1858, a été achevée cette œuvre sans égale au monde par ses dimensions totales et les nombreuses beautés qu'elle renferme. Les Tuileries et le Louvre réunis circonscrivent un espace de 190 mille mètres carrés. Le carré du Louvre mesure extérieurement cent soixante-cinq mètres, et chaque face intériei:re de la cour cent vingt mètres. La longue galerie au quai, du pavillon de Charles L\ à celui de Flore , a plus de cintj cents mètres. Ce sont donc deux longueurs parallèles de sept cents mètres environ qui sont couvertes d'édifices superbes, dont la construction successive a été un indice de notre puissance et de notre gloire croissantes.
« L'ordonnance de la cour du Louvre est le plus bel ouvrage produit en France depuis l'époque de la renaissance. Les ornements y sont répandus peut-être avec un peu de profusion, mais il en devait être ainsi pour que le palais répondit au luxe de la cour;
et si l'architecture doit être l'expression des mœurs, des idées et des goûts de la société, jamais programme ne fut rempli avec plus de bonheur, disons mieux, avec plus de génie. N'oublions pas non plus qu'à l'époque où Pierre Lescot construisit le Louvre, le gothique flamboyant ou fleuri était partout en honneur...
<t Palais élevé par un génie l'ninçais pour des princes français, et dont on cliercherait vainement le modèle, même l'égal en Italie, le Louvre est une production vraiment nationale qui l'emporte de beaucoup sur ce qui l'a précédée, et qui malheureusement, disons-le, n'a pu être surpassée depuis...
« Si l'on ajoute que ce furent Paul Ponce et Jean Goujon que Lescot s'associa pour compléter son œuvre, on ne s'étonnera plus de la perfection à laquelle on était parvenu dans la composition et l'exécution des bas-reliefs qui accompagnent cette belle architecture. Jamais harmonie ne fui plus parfaite. A Paul Ponce, cet artiste énergique et qu'on peut croire disciple de Miciiel-Ange, Lescot avait réservé la décoration sculpturale de l'étage d'attique, qui devant être vu à une plus grande distance, 4'éclamait une accentuation plus prononcée, des formes plus mâles et plus vigoureuses. A Jean Goujon, dont le ciseau fin et délicat excellait dans les détails, qui possédait une finesse exquise de contours, il avait conlie les ligures allégoriques qui devaient accom-