LIV. VI, GHAP. II. LE LOUVRE
pagner les œils-de-bœuf du rez-de-chaussée; c est par une entente aussi juste, aussi bien comprise des parties qui devaient concourir à l'ensemble de son œuvre, que Pierre Lescot est parvenu à obtenir cette unité remarquable dans une décoration architecturale d'une si grande richesse et composée de tant d'éléments divers.
oc La division des façades du Louvre est des plus heureuses; le rez-de-chaussée, dont les murailles devaient avoir une grande épaisseur pour maintenir la poussée des voûtes, est divisé en arcades, qui par leur saillie sur les murs des salles, donnèrent un grand caractère de fermeté à cette partie inférieure de l'édifice et permirent de réserver au-dessus de l'entablement des parties en terrasse, de plain-pied avec les appartements du premier étage. Chaque pile décorée d'un pilastre est donc un véritable contrefort qu'on a su embellir avec art sans en dissimuler la fonction. Au-dessus du rez-de-chaussée s'élève l'étage principal . . . Les avant-corps au milieu desquels sont placées les portes du rez-de chaussée, se dessinent plus franchement au premier; ils ont toute la sailhe de la terrasse et motivent dans l'attique une suite de frontons curvilignes, qui comme forme décorative, rompent très-agréablement la ligne droite de la corniche supérieure.
« C'est surtout dans la composition et les proportions de cet étage d'attique que Pierre Lescot s'est
montré artiste consommé; il était impossible de mieux couronner son édifice , et de même qu'une femme réserve tout le luxe de sa toilette pour sa coiffure, de même notre architecte a compris que le luxe de sa décoration devait aller en croissant tout en devenant plus délicat à mesure qu'il approchait du faîte de l'édifice... II ne s'arrêta pas là et, acceptant franchement la nécessité des combles élevés et des écoulements d'eau, il mit tant d'art et de goût dans la composition des cliéneaux et dans celle des cheminées, il apporta une telle recherche dans l'ornementation des faîtages en plomb doré dont il couronna l'extrémité des toits, que la partie supérieure de l'édifice jîouvait presque passer pour la plus belle. ÇVagasin pittoresque, passlm) .
» Considérez-vous l'attique isolément? vous voyez des pilastres supportant une corniche en partiiite harmonie avec eux, un ornement qui les rattache les uns aux autres, et, en dehors de la corniche, un chéneau de forme élégante. Embrassez-vous l'édifice d'un seul coup d'œil? toutes ces cfivisions disparaissent pour ne former qu'un tout, et vous êtes pénétré d'admiration à la vue du couronnement le mieux caractérisé, le plus élégant, le plus riche, en un mot, le plus beau que présente l'architecture moderne, et qui ait peut-être jamais existé. C'est que, dans ce chef-d'œuvre, l'exécution ne s'est j)as montrée inférieure à la conception du .système ; le style a répondu