‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 166 sur 191 · LIV. VI. r.IIAP. II. LE LOUVRE · texte numérisé non relu

LIV. VI. r.IIAP. II. LE LOUVRE

à la pensée, et lui a donné la forme la plus heureuse, tout se trouve réuni : l'idée et l'expression harmonieuse. D (LÉONCE Reynaud.)

Par suite de l'adoption successive de plans divers, il ne reste de ce Louvrede Henri II que le côté gauche de la face occidentale intérieure dans la cour du Louvre, l'escalier de Henri H et la salle des Cariatides.

<t L'objet capital de la décoration de cette salle est la tribune supportée par les quatre admirables cariatides que nous devons à l'inimitable ciseau de Jean Goujon, dont elles sont évidemment le chef-d'œuvre. Nous ferons observer qu'à l'époque où ce sculpteur célèbre eut l'idée de faire emploi de figures cariatides pour supporter cette tribune, les monuments antiques dans lesquels il existe encore des figures de ce genre étaient à peine connus, et il est difficile de supposer qu'elles aient pu lui servir d'exemple ; peut-être en avait-il pris l'idée dans Vitruve,... il est certain que Jean Goujon est le premier qui fit renaître dans l'art moderne l'emploi de ces figures... Il était impossible d'y mieux réussir... Par la hardiesse qu'il eut de leur rompre les bras, il a ôté volontairement à ses cariatides toute apparence de statues et surtout de réalité, et il a prouvé l'in • tention qu'il avait d'en faire seulement de véritables supports en forme de figures; c'est aussi afin de conserver le principe de colonne, qu'il les a éle-

vées sur une base et les a couronnées d'un chapiteau... aucune autre sculpture moderne de ce genre ne saurait être comparée... La salle des Cariatides est la seule partie du rez-de-chaussée qui appartienne à la construction originaire... elle compose un ensemble unique, et que la France peut être fière d'offrir à l'admiration de l'Europe, i» (Léonce Reynaud.)

L'aile du Louvre, placée du côté de la Seine, offre d'intéressants exemples de refends, de bossages, de vermiculures , et d'élégants dessins sculptés sur chacun des compartiments... On ne trouve sans doute dans ces gracieuses fantaisies de nos pères, ni la majesté ni la finesse de l'art grec, ni la mâle expression de l'art romain, ni l'énergie des constructions florentines; mais on y admire d'autres qualités, on y reconnaît un caractère original, un art parfaitement en harmonie avec les mœurs et la littérature de l'époque (fin du seizième siècle).

« Lemercier qui avait cru devoir reproduire dans la cour la décoration de Pierre Lescot, même pour la partie inférieure du pavillon principal qu'il avait cru à })ropos d'ajouter, se livra, dans la partie supérieure, à ses propres inspirations. Ne voulant pas superposer un troisième ordre de colonnes aux deux ordres corintiiien et composite, déjà surmontés d'un attique; mais désirant atteindre à un degré supérieur de richesse, il lil emploi de figures cariatides,

Le pavillon Kichclidu, ;m l.uiure.

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