‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 168 sur 191 · LTV. VI. CHAP. II. LE LOUVRE · texte numérisé non relu

LTV. VI. CHAP. II. LE LOUVRE

N'est-ce pas évidemment la colonnade du Louvre qui a inspiré les bâtiments de la place Louis XV, la place Vendôme, la Monnaie, et plus récemment la Bourse et la Madeleine? «

« La réunion du Louvre aux Tuileries a été le sujet de longues études et de nombreuses controverses.., La difficulté qui paraissait dominante, et qui préoccupait la plupart des esprits, provenait de ce que les deux palais n'étaient pas dans le même axe. Or, dissimuler ce qu'on regardait comme un défaut trèsgrave, semblait être une condition essentielle, fondamentale, et la plupart des projets présentés à diverses époques... consistent en bâtiments plus ou moins développés, interposés entre l'un et l'autre palais, de manière à masquer à chacun d'eux le malencontreux pavillon qui ne se trouve pas dans l'axe. Le moyen était radical ; c'était tuer son homme pour lui enlever une légère difformité. Afin de sauver une petite irrégularité, qui ne s'apercevrait point si elle n'était annoncée, qui est sans action réelle sur la beauté de l'édifice, qui a même le mérite de rappeler que les constructions on tété successives et se sont développées avec la puissance du pays, on scindait une admirable agglomération de travaux, on renonçait à toute longue perspective, on mettait le mesquin où le grand ressortait naturellement du sujet. Jamais on n'avait songé à sacrifier autant à la manie de la régularité.

S9fi MERVEir.LF.S DE L'ARCHTTECTURE.

« Mieux valait permettre à la vue de se porter d'un palais à l'autre, et d'embrasser d'un seul coupd'œil, sinon la totalité, du moins la majeure partie de ces immenses constructions, et, on même temps, rapproclier assez les bâtiments en quelques points, pour qu'ils pussent être appréciés à leur juste valeur et concourir efficacement au but qu'on d(Mnil poursuivre.

« Or il a été pleinement satisfait à ces conditions fondamentales, et dans une très-juste mesure, à notre avis. Les ailes nouvelles sont très-convenablement espacées, font valoir les dimensions du monument, et lui donnent un caractère de grandeur qu'il n'eût point eu sans elles. On doit se féliciter de ce que cette vaste entreprise, projetée depuis si longtemps, ait été réservée à notre époque (1858); car aucune des dispositions générales imaginées jusqu'alors n'était satisfliisante. » (Léonce Reynaud.)

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