‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 175 sur 191 · LIV. VI. CHAr. m. SAINT-PAUL DE LONDRES · texte numérisé non relu

LIV. VI. CHAr. m. SAINT-PAUL DE LONDRES

d'un portique plus étroit, d'ordre composite. Le fronton triangulaire est accompagné de statues. De chaque côté, des clochetons terminent deux petites tours , faites d'une colonnade à jour. Cette façade est d'un bon style, mais on n'en saurait rien dire de plus. Rien, d'ailleurs, ne doit nuire à la prépondérance du dôme, dont la forme, la courbe et la décoration méritent une admiration presque entière. Cependant la colonnade qui enveloppe une partie de son tambour l'alourdit et le rapetisse. Le même défaut peut être remarqué au Panthéon de Paris.

Toute la décoration latérale est divisée en deux ordres ornés de riches fenêtres séparées par des pilastres accouplés. Une colonnade demi -circulaire forme vestibule en avant de la porte de chaque transsept : l'abside est aussi demi -circulaire. Les toits ne sont pas apparents. Cette ordonnance est bien composée, dans un style sage; mais le climat humide y a fixé trop de cette fumée dont Londres est habituellement rempli, pour que l'effet en soit attrayant.

En entrant dans l'église, on ne trouve plus qu'un seul ordre de piliers massifs décorés de pilastres corinthiens, reliés par des arcades. Le tout est couronné d'un entablement et d'un attique;les fenêtres s'ouvrent dans la voûte.

Tout est sage, irréprochable peut-être, mais froid et nu, on dirait presque pauvre; rien ne frappe

l'esprit ni le cœur, ni l'imagination; c'est peut-être le but que s'est proposé l'architecte, et l'esprit du culte auquel il a destiné son monument. La coupole seule étonne le spectateur, bien que ses peintures, très-altérées, soient d'un médiocre effet. .\u tolal, on a vu un grand et bel édifice, et on. en sort sans émotion. Ce qui attire le plus l'attention, ce sont les monuments funéraires élevés à des citoyens illustres; ils sont environ quarante; on avait oublié d'en élever un à l'architecte ; mais cet oubli a été ingénieusement réparé. On lit à l'entrée du chœur une inscription latine qui dit : a Lecteur, si tu cher- « ches le monument de Christophe Wren, regarde « autour de toi! »

De même, la façade de Saint-Sulpice serait le plus beau tombeau élevé à la mémoire de Servandoni. Quant à l'église elle-même que nous venons de nommer, elle est malgré sa grandeur, de la plus complète insignifiance; mais la faute n'en est pa.s à Servandoni.

Gamart, Levau et (iuillard, de 1646 à 1678, élevèrent lentement l'autel de la Vierge et le chœur. De 1678 à 1718, les travaux furent complètement arrêtés, faute de fonds. Il paraît que, pour se procurer des ressources, le curé imagina d'offrir à ceux qui payeraient le mieux un tel honneur, la pose des premières pierres de chaque chapelle, de chaque porte, de chaque pilier. C'est ainsi (|u'il énuil de riches

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