‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 18 sur 191 · LIV. I. CHAP. IV. BABYLONE · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IV. BABYLONE

ils étaient flanqués de deux rangées de tours, l'une au dedans, l'autre au dehors, qui laissaient entre elles assez d'espace pour qu'un char attelé de quatre chevaux pût y tourner aisément. Une tranchée large et profonde revêtue de briques et remplie d'eau entourait la ville entière. Surchacun des quatre côtés de l'enceinte s'ouvraient vingt-six porter d'airain massif.

La tour du grand temple de Bélus était un des monuments les plus remarquables de Babylone; huit étages en retraite lui donnaient la forme d'une pyramide à gradins énormes. Au faîte s'élevait le temple, encore dominé d'une plate-forme où les prêtres se livraient à l'étude assidue des révolutions célestes ; ils croyaient que la science est le but suprême, et le couronnement des religions. Le temple de Bélus existait encore au second siècle de notre ère.

Un pont que Quinte-Gurce, l'historien d'Alexandre* range au nombre des merveilles de l'Orient, réunissait les deux parties de la ville, séparées par l'Euphrate; et d'immenses réservoirs recevaient et détournaient les eaux du fleuve, pendant ses débordements. Voltaire, se représentant par l'imagination ces ouvrages utiles et superbes, s'écrie, dans sa Sémiramis :

Quel art a pu former ces enceintes profondes Où l'Euphrate égaré porte en tribut ses ondes? Ce temple, ces jardins dans les airs soutenus.

L'antiquité tout entière a célébré les jardins suspendus de Babylone. Yoici la description qu'en donne Quinte-Curce.

« La citadelle a vingt stades de circuit ; les fondations des tours descendent à trente pieds sous terre; le rempart en a quatre-vingts de hauteur. Audessus de la citadelle sont ces jardins suspendus, merveille devenue célèbre par les récits des Grecs : ils égalent en élévation le sommet des murailles, et doivent un grand charme à la hauteur de leurs arbres et à leurs riches ombrages. Les piliers qui soutiennent tout l'ouvrage sont construits en pierre : au-dessus de ces piliers est un lit de pierres carrées pour recevoir la terre que l'on y entasse à une grande profondeur, ainsi que l'eau dont elle est arrosée. Et telle est la force des arbres qui croissent sur ce sol créé par l'art, (ju'ils ont à leurs base jusqu'à huit coudées de circonférence, s'élancent à cinquante pieds de hauteur, et sont aussi riche? en fruits que s'ils étaient nourris par leur terre naturelle. D'ordinaire le temps dans son cours détruit, en les minant sourdement, les travaux des hommes et jusqu'aux œuvres de la nature; ici au contraire, cette construction gigantesque, pressée par les racines de tant d'arbres et suichargée du poids d'une si vaste forêt, dure sans avoir souffert aucun dommage : c'est (jue vingt larges murailles la soutiennent, séparées les unes des autres par un intervalle

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