‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 19 sur 191 · LIV. I. CHAP. IV. BABYLONE · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IV. BABYLONE

de onze pieds, de telle sorte que, dans le lointain, on dirait des bois qui couronnent la montagne où ils sont nés. »

Œ Au milieu de la désolation de Babylone, dans le territoire de laquelle on n'aperçoit aucune végétation, s'élève sur la place des jardins suspendus un arbre portant tous les caractères de la plus haute vétusté, à demi déchiré par le temps, et ne montrant plus qu'au bout des branches une apparence de végétation. Du reste les naturalistes l'on reconnu pour appartenir à une espèce qui ne se retrouve que dans l'Inde, et qui, par conséquent est étrangère au pays. » (Raoul Rochette.)

D'énormes massifs de briques revêtus de peintures émaillées, de vastes salles ornées de bas-reliefs et couvertes jusqu'au plafond d'inscriptions cunéiformes relatives aux événements contemporains, des maisons de trois et quatre étages, cinquante rues parallèles ou perpendiculaires à l'Euphrate, et des champs assez considérables pour nourrir les habitants en temps de siège; tout cet ensemble majestueux, dominé par le temple de Bélus, les jardins suspendus et les murailles : telle devaitêtre, d'après les historiens, la cité que vantaient et qu'admiraient ses fondateurs eux-mêmes. Daniel, qui de prisonnier y devint ministre, nous a conservé ces paroles de Nabuchodonosor : « N'est-ce pas là cette grande Babylone dont j'ai fait le siège de

mon empire, que j'ai bâtie dans la grandeur de ma puissance et dans l'éclat de ma gloire! »

L'existence de Babylone fut longue et glorieuse. Fondée, dit une tradition respectable, par le héros Nemrod, sorte d'Hercule chasseur qui sans doute disputa la Chaldée aux lions et aux taureaux sauvages, elle fut très-anciennement occupée par les Arabes, ou du moins ])ar ces peuples nomades et pasteurs qui couvrirent vers les mêmes époques le nord de l'Egypte. Bélus, roi de Ninive, la soumit, mais sans en détruire la prospérité; au contraire, ses maîtres nouveaux l'embellirent et la fortifièrent. Délivrée après la chute de Sardanapale, elle redevint la capitale d'un puissant royaume; et l'un de ses premiers souverains, Nabonassar, ouvrit une ère qui porte son nom, 747 ans avant Jésus-Christ; elle ne tarda pas à dominer seule, lorsque son roi Nabuchodonosor premier eut pris et détruit Ninive (625 av. J. C). C'est alors qu'elle se décerna le nom de Reine de l'Orient; séjour du roi des rois, elle commandait à la Bactriane, l'Arménie, la Médie, la J*erse, la Phonicie et la Judée. Le roi de Perse Cyrus s'empara de Babylone, après un siège de deux ans entiers, et par une ruse audacieuse; il hérita du titre de roi des rois. C'est lui (jui porta la première atteinte à la ville superbe en réduisant ses murs à la moitié de leur liauteur; l'un de ses successeurs, Darius, arracfia les portes d'airain, après une révolte. Alexandre, au

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