‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 20 sur 191 · LIV. I. CHAP. IV. NINIVE · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IV. NINIVE

retour de son expédition dans l'Inde, y fit une entrée triomphale et y mourut au moment oii il en voulait faire sa capitale. Bientôt après, afTaiblie par le voisinage de Séleucie, sur le Tigre, elle déchut rapidement, et dès le premier, siècle de notre ère, elle semble avoir été inhabitée.

Aujourd'hui , « la plaine oii fut Babylone est couverte, sur une étendue de dix-huit lieues, de débris, de monticules à demi renversés, d'aqueducs et de canaux à demi comblés. Ces décombres se sont mêlés à un tel point qu'il est souvent impossible de reconnaître la place et les limites certaines des édifices les plus considérables. La désolation y règne dans toute sa laideur. Pas une habitation, pas un champ, pas un arbre en feuille ; c'est un abandon complet de l'homme et de la nature. Dans les cavernes formées par les éboulements ou restes des antiques constructions, habitent des tigres, des chakals, des serpents et souvent le voyageur est effrayé par l'odeur du lion. » (Raoul-Rochette.)

§ 3. Ninive.

Ninive, antique capitale de l'Assyrie, passe pour avoir été construite vers le vingt-sixième siècle avant notre ère, par un chef légendaire nommé Assur. Mais, bien évidemment, c'est la ville de Ninus ou de Ninyas, soit qu'un roi de ce nom l'ait fondée ou

qu'elle ait acquis sous son règne une nouvelle splendeur. Elle fut, avant Babylone, l'ennemie victorieuse du faible peuple hébreu, toujours subjugué par ses voisins. On reconnaît sur un bas-relief le roi d'Israël, Jéhu, tributaire des rois d'Assyrie. Les écrivains de la Bible ne parlent qu'avec terreur de Sargon, Sennachérib et Salmanasar. Jonas, un prophète juif, sans doute fait prisonnier dans quelque invasion, allait criant par les rues de Ninive : « Encore quarante jours et Ninive sera détruite! » Le luxe inouï, la mollesse des rois, la puissante inimitié de Babylone, concoururent à la ruine de cette ville immense. Assiégée, prise et saccagée en 625 avant Jésus-Christ, mais connue encore de Tacite, qui en mentionne la prise sous le règne de Claude, l'an 49 de notre ère, elle fut enfin si complètement effacée de la terre que son emplacement même resta presque ignoré jusqu'en 1842. Son enceinte, selon Diodore de Sicile, mesurait cependant jusqu'à dix-huit lieues ; ses murs de trente mètres étaient flanqués de tours gigantesques ; elle avait six cent mille habitants.

Maintenant sa gloire exhumée sort de terre. Un Français, M. Botta, a découvert à Khorsabad le palais de Sargon, dont le Journal asiatique a récemment publié une longue inscription ; et quelques années plus tard, M. Layard, en fouillant le monticule de Nimroud, a mis au jour les demeures de

LRTRMIC.

Khorsabad.^ — Temple assyiieu restauré.

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