‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 21 sur 191 · LIV. I. CHAP. IV. NINIVE · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IV. NINIVE

Sardanapale et de Salmanasar. Avec les bas-reliefs et les inscriptions dontiM. Oppert pense avoir trouvé la clef, il est possible aujourd'hui de reconstituer la physionomie d'une civihsation disparue , et d'habiller en assyriens véritables les personnages de Sémiramis.

Enfin les fouilles de ces vingt dernières années ont dégagé aussi des merveilles égales aux constructions babyloniennes. On en jugera par la description succincte du palais de Khorsabad, déblayé par MM. Botta et Place.

M. Botta avait commencé ses recherches en 1842; le gouvernement en fit consigner le résultat dans un magnifique ouvrage où furent reproduits les dessins de M. Eugène Flandin. Des fonds votés par la Chambre, sous la république de d848, permirent à M. Place, continuateur de M. Botta, d'entreprendre des explorations fécondes en découvertes ; aux quatorze chambres déjà dégagées, il en ajouta cent quatre-vingt-quatorze. On compte en outre trentedeux cours ou esplanades. Le plan général est ainsi distribué : 1° la résidence du monarque : là sont les salles ornées de bas-reliefs ; 2° les dépendances, dont la cour principale, de la contenance d'un hectare, conduit d'un côté aux cuisines, aux écuries, aux celliers, et de l'autre aux magasins, dans lesquels on a trouvé plus de cent mille kilogrammes d'instruments et d'outils en fer; 3° le harem, ser-

vant d'habitation aux femmes, avec tout ce qui se rattache à cette destination; 4° l'observatoire, tour carrée à sept étages, peinte de couleurs variées et haute de quarante-trois mètres.

Le palais du roi à Khorsabad, avec ses vastes dépendances, était comme la citadelle d'une grande ville. On a retrouvé la muraille d'enceinte, quadrangulaire, épaisse de vingt-quatre mètres, avec son soubassement en pierre de taille et ses cent cinquante tours, sur un développement d'environ deux lieues. On a dégagé les sept portes de la ville, dont trois, véritables arcs triomphaux, sont ornées de sculptures et de briques polychromes. Leurs voûtes en argile, encore debout, ont donné la clef d'un point capital et resté obscur de l'architecture ninivite.

Les Assyriens exécutaient des voûtes soit en briques soit en terre. « On a trouvé une colonnade d'une espèce entièrement nouvelle. Ce sont des colonnes peintes à la chaux, qui paraissent exclusivement formées d'argile, et dont l'intervalle n'est pas de plus de quatre centimètres.... les colonnes y sont distribuées par sept, et chacune de ces sections septénaires est encadrée par un double pilastre. Une autre rangée de colonnes toujours au nombre de sept, et de la môme matière, était enduite de mastic noir. Une des portes de la ville, construite en vastes pierres de taille du calcaire le plus dur, a conservé sa voûte. Elle est à plein cintre, faite de bri-

Page 1