LIV. I. CHAP. IV. PERSÉPOLIS
ques, et appuyée sur des contre-forts également en briques. Elle a, de son sommet jusqu'au dallage formant le sol, une hauteur de dix mètres soixante centimètres sur plus de trois mètres de large. La brique y est maniée avec autant d'adresse que d'intelligence. » (Rapp. à l'Acad., Monil. 5 janv. 1855.) Ninive n'était point comme Babylone bâtie de matériaux solides, que les habitants eussent pu exploiter pendant la suite des siècles pour les utiliser dans la construction de leurs maisons ; la masse de ses ruines est formée de briques simplement séchées au soleil; l'action du temps les a réduites à un état terreux qui les rend impropres à tout nouvel emploi : ce qui fait espérer encore de nombreux échantillons de l'art assyrien. Une grande quantité d'éminences disséminées au loin sur la rive gauche du Tigre, en face de Mossoul, indiquent avec certitude le vaste espace occupé par Ninive ; on appelle les plus importantes, Niniouah ou Nabi-younah (le tombeau de Jonas), Koyoundjek, Karamlès, Nimroud, Kâla-Ghergah et Khorsabad.
§ 4. Perscpolis.
« C'était la royale fête en l'honneur de la conquête de la Perse par le vaillant fils de Philippe. Au-dessus de tous, dans une auguste attitude, le héros, semblable aux dieux, était assis sur son trône
impérial. Ses courageux compagnons se tenaient à ses côtés ; des couronnes de myrtes et de roses ornaient leurs fronts. L'aimable Thaïs s'épanouissait près de lui comme une fiancée orientale, dans la fleur de sa jeunesse et dans l'orgueil de ses charmes....
« Le poëte Timothée fait résonner aussitôt sa lyre d'or avec force; il prend un ton plus élevé, il arrache le héros au sommeil , en égalant le bruit du tonnerre. Voyez , voyez ! ces sons terribles ont réveillé Alexandre. « Vengeance ! vengeance 1 s'écrie Timothée : voici les Furies! Oh! quels serpents s'agitent et sifflent dans leur chevelure ! Chacune porte une torche à la main ! D'où viennent ces ombres? Ce sont les ombres des Grecs qui t'ont suivi, roi, des Grecs qui ont péri dans les batailles et dont les corps non ensevelis gisent dans les plaines. La vengeance pour ces braves! Ils agitent aussi des torches, t'indiquant les palais de la Perse et les temples des dieux ennemis. — Les chefs ont frémi d'.une joie furieuse ; le roi saisit un flambeau, poussé par un désir de destruction. Thaïs l'éclairé et le conduit, comme une autre Hélène, pour brûler une autre Troie. » (Dryden.)
L'historien est aussi éloquent que le poëte : « Persépolis était la capitale des anciens rois de Perse. Lorsque Alexandre envahit ce grand royaume, il ne trouva aucune ville plus ennemie des Grecs :