‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 24 sur 191 · LIV. I. CHAP. IV. PERSÉPOLIS · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. IV. PERSÉPOLIS

dite qui a permis aux parties les plus importantes de résister jusqu'à nos jours, à travers vingt-deux siècles et tant de révolutions qui ont dévasté la Perse. Tout est grand et saisissant, d'ailleurs, dans l'austère paysage qui encadre les ruines : l'immensité de la plaine verdoyante et les lignes majestueuses des montagnes. Le palais des Rois, ruiné, désert, s'élève et s'étend au-dessus d'une longue muraille coupée par un gigantesque escalier à rampe double ; en haut un large groupe de colonnes élégantes qui soutiennent encore quelques débris de leurs chapiteaux aériens ; à gauche, les piliers massifs sur lesquels se profilent les colosses imposants qui gardaient autrefois l'entrée de la demeure royale; à droite , d'autres palais en ruines dont les murs sculptés se détachent d'abord en noir dans un milieu lumineux, puis se colorent peu à peu sous les rayons d'un soleil ardent. Au fond, entre les colonnes, encore des ruines, des masses de pierre couvertes de figures symboliques, et derrière la brume bleuâtre de cette atmosphère tranquille, on aperçoit des tombes creusées dans le flanc de la montagne qui sert de fond à ce théâtre imposant.

On ne sait rien sur la fondation de Persépolis. Cyruset ses successeurs habitèrent longtemps Babylone. Les derniers rois de Perse préférèrent le séjour de Suse et d'Ecbatane. Toutefois Persépolis, qu'on assimile parfois à Pasargarde et dont le véritable

nom a bien pu être Istékhar, demeurait la ville sacrée, où les rois venaient prendre la couronne. Elle fut donc pour la Perse ce que Thèbes était pour l'Egypte, la métropole, le berceau de la puissance énorme qui faillit écraser la Grèce. Thèbes a été construite par les dieux, Persépolis est l'œuvre des génies. On lit dans le Schah-Nameh (Livre des rois), vaste poëme épique où Ferdousi a rassemblé, vers le dixième siècle de notre ère, une foule de légendes anciennes, que Djemschid, quatrième roi du pays, ordonna aux divs et aux péris de pétrir de la terre et de l'eau pour en former des briques. Or les Persans appellent encore Takhi-i-Djemschld, Trône de Djemschid, les ruines du palais d'Istékhar. Tchehel-Minar, Tchehel-Sutoûn, les quarante colonnes, est l'autre nom populaire de ces débris.

55 ô. Temples de l'Inde. — Ellora.

La presqu'île Indienne fut occupée, plus de dix siècles avant notre ère, par un peuple dont la langue, les idées, les traits, présentent avec les nôtres de frappantes analogies. Ce peuple, qu'on nomme Aryen, n'a laissé qu'une histoire confuse; mais les livres qu'il nous a légués et quelques monuments échappés aux années et aux dévastations témoignent assez de son génie. Les cavernes sculptées et les temples d'Kllora, dans le Dékan, doivent être comptés parmi

eu

Page 1