LIV. II. CHAP. I. ORDRES GRECS
Ces volutes n'étaient-elles pas un symbole de quelque dogme antique?... La volute fut plus tard considérée seulement comme une forme gracieuse éminemment propre à la décoration. Les temples de Diane, à Éphèse et à Magnésie, ainsi que le temple de Bacchus, à Téos, étaient d'ordre ionique (Léonce Reynaud). Les types de l'ordre ionique sont les temples de la Victoire aptère, et d'Érechthée.
Le chapiteau corinthien s'éloigne plus encore que le chapiteau ionique des formes que pouvaient recommander des considérations d'ordre matériel. Ce n'est autre chose qu'un ornement placé au sommet de la colonne, dans le but de la décorer richement et de ménager une heureuse transition entre la forme du support et celle de la partie supportée. Ce chapiteau présente plusieurs rangs de feuilles, dont les extrémités retombent plus ou moins, tandis que les supérieurs se contournent en volutes. Il est peu de formes où le génie de l'homme se soit montré aussi véritablement créateur que dans celle-ci. L'ordre corinthien ne remonte pas à beaucoup près à une aussi haute antiquité que les deux autres. Ce n'est pas que l'emploi des feuilles dans la décoration des chapiteaux soit une chose récente, l'Egypte en fournit des exemples; mais un ordre n'est créé qu'au moment où un système complet de proportions et d'ornements est consacré par l'assentiment public. On croit retrouver un chapiteau corinthien dans un
temple d'ordre ionique élevé par l'architecte du Parthénon;maisle type, presque unique chez les Grecs, de l'ordre corinthien, est le monument choragique de Lysicrate, h Athènes
§ ]. L'acropole d'Atlu'ues.
Les Grecs construisirent presque toujours leurs temples sur de vastes soubassements natui-els, au sommet de leurs citadelles, que nous nommons Acropoles; supposez la montagne Sainte-Geneviève et les villes hautes de Carcassonne, de Poitiers, de Provins. Des murailles, souvent commencées par les Pélasges, entouraient d'une ceinture formidable les dieux protecteurs de chaque cité. C'est la disposition qui se retrouve à Sicy^ne, à Oorinthe, sanctuaires dévastés de l'ancien ordre dorique. A Égine, les restes du temple de Jupiter Panhellénien, élevé au nom de tous les peuples de la Grèce sur une colline qui domino la mer, peuvent être rapportés à la fin du sixième siècle avant notre ère. Mais on sait qu'il fut reconstruit par les Athéniens vers le commencement de la guerre du Péloponèse (430 av. J. C). Les plus fameux monuments d'Athènes datent du siècle suivant, dit siècle de Périclès.
Entrons avec respect dans cette ville des Thémistocle, des Miltiade, des Cimon et des Périclès. Pénétrés de reconnaissance pour la mère de nos arts et