‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 29 sur 191 · LIV. IL CHAP. I. LES PROPYLÉES D'ATHÈNES · texte numérisé non relu

LIV. IL CHAP. I. LES PROPYLÉES D'ATHÈNES

de nos sciences, pour l'initiatrice de Rome et du monde, pour l'idéale patrie du génie et de l'esprit (à ce point que Paris se lait gloire d'être appelée la moderne Athènes !) cherchons les traces de sa beauté passée, comme un fils pieux retrouve sous les rides maternelles ce jeune visage, ces traits chéris, les premiers dont il ait gardé la mémoire! Ah! voyageurs, ne nous parlez pas ici d'aridité, de désolation. Athènes doit toujours demeurer vivante ; et son acropole, « le plus beau piédestal sur lequel les siècles passés aient pu placer la statue de Ihumjinité, » nous apparaîtra toujours couvert de colonnes blanches et de frontons bleus comme l'azur de son ciel. C'est une île enchantée consacrée aux arts.

Voici les fondations encore évidentes de la longue muraille, bâtie par Thémistocle, qui unissait la ville au Pirée. Nous passons sous les remparts élevés et sous les noirs rochers qui servent de base au Parthénon. Et les ruines aux beaux noms défilent devant nous. « On ne peut aborder la citadelle que d'un côté, dit Pausanias ; partout ailleurs des rocs abruptes ou bien un solide mur d'enceinte refusent le passage. Les vestibules qu'on appelle Propylées sont couverts en marbre blanc. Il n'y a rien de cette époque qui soit plus remarquable par la grandeur des pierres ou la beauté du travail. » Ni à Corinthe, ni à Eleusis, les Propylées ne peuvent être comparés avec le magnifique vestibule de l'Acropole d'Athènes.

« Six colonnes, dont la base est posée sur le palier intermédiaire, soutiennent le fronton et forment le milieu d-i la façade. L'entre-colonnement du milieu est sensiblement plus large que ceux des côtés. Les cinq portes pratiquées dans ces entre-colonnements vont en diminuant de hauteur de chaque côlé de la porte du milieu, de sorte qu'elles sont de trois grandeurs différentes. Les plafonds formés de marbre blanc étaient divisés en caissons portant les plus riches sculptures. Ce vestibule, si magnifique autrefois, est aujourd'hui dans un état déplorable de dégradation. Les Turcs ont muré les entre-colonnements de la façade, et ils ont masqué l'ancienne entrée par des batteries. Cependant' les fragments qui subsistent peuvent donner une idée de ce qu'étaient les Propylées aux beaux jours d'Athènes. » (Magasin Pittoresque) Cet édifice, construit sur les dessins de Mnésiclès, vers l'an 457 avant notre ère, et terminé en cinq ans, coûta environ dix à onze millions de francs.

Le grand escalier des Propylées longe, à droite, une muraille élevée qui sert de soubassement au petit temple de la Victoire sans ailes ; démoli en 1687 par les Turcs pour faire place à une batterie, il a été relevé pierre à pierre par deux architectes allemands. C'est un élégant édifice, plutôt chapelle que temple, qui précédait l'enceinte sacrée, et qu'Athènes avait dédié à sa divinité protectrice, Athénè ou

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