‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 31 sur 191 · LIV. II GIIAP, I. LE PARTHÉNON · texte numérisé non relu

LIV. II GIIAP, I. LE PARTHÉNON

la majesté.... Qu'il y a loin de cette sage économie d'ornements (dans ce temple), de cet heureux mélange de simplicité, de force et de grâce, à notre profusion de découpures en carré, en long, en rond, en losange ; à nos colonnes fluettes, guindées sur d'énormes bases, ou à nos porches ignobles et écrasés que nous appelons des portiques ! »

§ 2. Le Partliénon.

« Le Parthénon d'Athènes, dit M. Léonce Reynaud, fut élevé par les architectes Gallicrates et Ictinus , sous la direction de Phidias. On peut le regarder comme la plus haute expression de l'art grec ; nulle part l'architecture ne s'est montrée plus harmonieuse, ne s'est empreinte d'une plus noble sérénité, n'a allié plus d'élégance et de noblesse à plus de vérité ; nulle part la pierre n'a revêtu une forme plus poétique.

« L'ordre dorique qui le décore présente la même disposition générale que celui de Pœstum ; mais que de différence entre les caractères 1 Cette différence, peut-on ajouter, est lajuste expression du sentiment inspiré par les divinités auxquelles étaient consacrés ces deux temples. A Paestum était Neptune, le dieu du puissant océan, au Parthénon la vierge née sans mère et sortie toute armée du puissant cerveau

de Jupiter, Minerve, déesse de la forte sagesse. Ici les colonnes sont plus élancées, leur diminution est moins prononcée, leur espacement est un peu plus grand, le chapiteau est moins saillant et l'entablement moins élevé. Toutes les convenances et toutes les données traditionnelles sont encore indiquées, mais avec la plus grande modération et sans aucune rudesse dans l'expression. La décoration n'est pas moins vraie, mais elle est plus riche, plus variée et plus délicate. Rien d'utile n'est sacrifié, mais le sentimentde l'utile ne domine plus autant; l'élégance l'emporte sur l'austérité, l'esprit le plus distingué et le plus fin respire jusque dans les moindres détails de l'ornementation.

« La construction est entièrement exécutée en beau marbre blanc et avec une précision dont nos édifices ne sauraient donner une idée. Les métopes sont décorées de sculptures en ronde bosse représentant divers sujets religieux ou historiques, et entre autres les combats des Centaures et des Lapithes. La lutte de" Neptune et de Minerve était figurée de la même manière sur un des frontons, et l'on voyait sur l'autre la naissance de Minerve ou la présentation de cette déesse aux divinités de l'Olympe. Toutes ces sculptures se détachaient sur un fond coloré en brun rouge ; les triglyphes étaient peints en bleu, suivant toute proi)abilité, et de récentes découvertes prouvent que de légers ornements de couleurs variées

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