‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 32 sur 191 · LIV. II. GHAP. I. LE PARTHÉNON · texte numérisé non relu

LIV. II. GHAP. I. LE PARTHÉNON

décoraient le filet qui sépare la frise de l'architrave et quelques-uns de ceux de la corniche.

<« On comprend que ce monument ait excité l'admiration de toute l'antiquité, quand on cherche à se figurer l'effet que devait produire, sous le beau ciel de la Grèce, et dominant toute la ville du haut de l'Acropolis, cette forme pleine de majesté, avec ses nobles et harmonieuses proportions, ses élégantes sculptures et sa splendide décoration. »

« Par quelle fatalité ces chefs-d'œuvre de l'antiquité, que les modernes vont admirer si loin et avec tant de fatigues, doivent-ils en partie leur destruction aux modernes? Le Parthénon subsista dans son entier jusqu'en 1687 : les chrétiens le convertirent d'abord en église, et les Turcs, par jalousie des chrétiens, le changèrent à leur tour en mosquée. Il faut que les A'^énitiens viennent, au miheu des lumières du dix-septième siècle, canonner les monuments de Périclès; ils tirent à boulets rouges sur les Propylées et le temple de Minerve; une bombe enfonce la voûte, met le feu à des barils de poudre, et fait sauter en partie un édifice qui honorait moins les faux dieux des Grecs que le génie de l'homme. La ville étant prise, Morosini, dans le dessein d'embellir Venise des débris d'xVthènes, veut descendre les statues du fronton du Parthénon, et les brise. Un autre moderne vient d'achever, par amour des arts, la destruction que les Vénitiens avaient com-

raencée. Lord Elgin a perdu le mérite de ses louables entreprises (il a étudié la Grèce et fait beaucoup de fouilles), en ravageant le Parthénon. Il a voulu faire enlever les bas-reliefs de la frise : pour y parvenir, des ouvriers turcs ont d'abord brisé l'architrave, jeté en bas les chapiteaux et rompu la corniche. Au temple d'Érechthée on a pris la colonne angulaire ; de sorte qu'il faut soutenir aujourd'hui avec une pile de pierres l'entablement entier qui menace ruine.» (Chateaubrl\nd. Itinéraire.)

Lamartine a merveilleusement rendu, dans son Voyage en Orient, la sublimité de ce spectacle.

« L'Acropolis et le Parthénon, semblables à un autel, s'élèvent à trois lieues devant nous.... Tout se tait devant l'impression incomparable du Parthénon, ce temple des temples bâti par Ictinus, ordonné par Périclès, décoré par Phidias ; — type unique et exclusif du beau dans les arts de l'architecture et de la sculpture, — espèce de révélation divme de la beauté idéale reçue un jour par le peuple artiste par excellence, et transmise par lui h la postérité en blocs de marbre impérissables et en sculptures qui vivront à jamais. — Ce monument, tel qu'il était, avec l'ensemble de sa situation, de son piédestal naturel, de ses gradins décorés de statues sans rivales, de ses formes grandioses, de son exécution achevée dans tous les détails, de sa matière, de sa couleur, lumière pétrifiée, — ce monument écrase depuis des siècles

Page 1