‹ Les merveilles de l'architecture (volume 2)Chapitre 33 sur 191 · LIV. IL CHAP. 1. LE PARTHÉNON · texte numérisé non relu

LIV. IL CHAP. 1. LE PARTHÉNON

radmiration sans l'assouvir; quand on en voit ce que j'en ai vu seulement, avec ses majestueux lambeaux mutilés par les bombes vénitiennes, par l'explosion de la poudrière sous Morosini, par le marteau de Théodore, par les canons des Turcs et des Grecs ; ses colonnes en blocs immenses touchant ses pavés, ses chapiteaux écroulés, ses triglyphes brisés parles agents de lord Elgin, ses statues emportées par des vaisseaux anglais ; — ce qui en reste est suffisant pour que je sente que c'est le plus parfait poëme écrit en pierre sur la face de la terre. — Je passe des heures délicieuses couché à l'ombre des Propylées, les yeux attachés sur le fronton du Pàrthénon ; je sens l'antiquité tout entière dans ce qu'elle a produit de plus divin : — le reste ne vaut pas la parole qui le décrit! L'aspect du Pàrthénon fait apparaître, plus que l'histoire, la grandeur colossale d'un peuple. Périclès ne doit pas mourir! Quelle civilisation surhumaine que celle qui a trouvé un grand homme pour ordonner, un architecte pour concevoir, un sculpteurpour décorer, des statuaires pour exécuter, des ouvriers pour tailler, un peuple pour solder et des yeux pour comprendre et admirer un pareil édifice ! Où retrouvera-t-on et une époque et un peuple pareil? Rien ne l'annonce.... Les Propylées, le temple d'Érechthée ou celui des Cariatides, sont à côté du Pàrthénon, chefs-d'œuvre eux-mêmes, mais noyés dans ce chef-d'œuvre ; l'âme, frappée d'un coup trop

fort à l'aspect du premier de ces édifices, n*a plus de force pour admirer les autres : il faut voir et s'en aller! — en pleurant moins sur la dévastation de cette œuvre surhumaine de l'homme que sur l'impossibilité de l'homme d'en égaler jam.iis la sublimité et l'harmonie ; — ce sont de ces révélations que le ciel ne donne pas deux fois à la terre.... J'erre tout le jour, muet dans ces ruines, et je rentre l'œil éi)loui de formes et de couleurs, le cœur plein de mémoire et d'admiration I Le gothique est beau ; mais l'ordre et la lumière y manquent. — Ordre et lumière, ces deux principes de toute création éternelle! Adieu pour jamais au gothique....

« Uu milieu des ruines qui furent Athènes, et que les canons des Grecs et des Turcs ont pulvérisées et semées dans toute la vallée et sur les deux collines où s'étendait la ville de Minerve, une montagne s'élève à pic de tous les côtés. D'énormes murailles l'enceignent, et bâties à leur base de fragments de marbre blanc, plus haut avec des débris de frises et de colonnes antiques, elles se terminent dans quelques endroits par des créneaux vénitiens. Cette montagne ressemble à un magnifique piédestal, taillé par les dieux mêmes jjour y asseoir leurs autels. Son sommet, a})lani pour recevoir les aires de ces temples, n'a guère que cin(| cents pieds de longueur, sur deux ou trois cents pieds de large. Il domine toutes les collines qui formaient le sol

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